Je ne suis pas persuadé que plus de statistiques conduirait d'avantage à une prise en compte de la question. Les résultats de la recherche sont là, le terrain fait remonter les constats et ressentis, le·la Défenseur·se des droits alerte, les observatoires font des rapports jusqu'à leur dissolution, Borloo remet un rapport suite à une commande du président, les crises enflamment les territoires délaissés. Pourtant il n'y a pas de problème, pas du côté de la République en tout cas.
Pareil en éducation avec Pisa (la France, Le pays dont le système scolaire accroît les inégalités sociales), etc. Osef, on a le meilleur système puisqu'on le dit.
Et puis c'est pire ailleurs, et quand c'est pas possible de trouver pire, c'est pas comparable.
Il y a une posture de déni. En France on ne s'excuse pas pour l'esclavage et la richesse volée aux pays colonisés, les violences commises. On ne déboulonne ni n'ajoute de plaque contextualisante aux statues d’esclavagistes.
Puisque la constitution dit que la loi assure l'égalité de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion, alors c'est qu'il n'y a pas de discrimination, pas systémique en tout cas. Hop, effacé le passé colonial, l'histoire et tout le reste. Nous sommes une pure émanation de l'article 1 de la constitution, un sou neuf.
Comme pour l'inceste : il a fallu Dorothée Dussy pour que l'on ait une anthropologie de l'inceste, de ce qui se passe réellement et concrètement dans les familles. Jusque là les grands (hommes) anthropologues étudiaient "le tabou de l'inceste". Et puisque c'est tabou, pas la peine d'aller plus loin.
Mais la carte n'est pas le territoire éclaire le dicton. Sauf que la référence systématique à la carte permet, selon les motivations : au mieux un déni confortable, au pire une stratégie de conservation et d'accroissement du pouvoir et de la domination.
[^] # Re: Des statistiques ethniques
Posté par antistress (site web personnel) . En réponse au journal [société] France, la République aveugle ?. Évalué à 2. Dernière modification le 07 juillet 2023 à 11:31.
Je ne suis pas persuadé que plus de statistiques conduirait d'avantage à une prise en compte de la question. Les résultats de la recherche sont là, le terrain fait remonter les constats et ressentis, le·la Défenseur·se des droits alerte, les observatoires font des rapports jusqu'à leur dissolution, Borloo remet un rapport suite à une commande du président, les crises enflamment les territoires délaissés. Pourtant il n'y a pas de problème, pas du côté de la République en tout cas.
Pareil en éducation avec Pisa (la France, Le pays dont le système scolaire accroît les inégalités sociales), etc. Osef, on a le meilleur système puisqu'on le dit.
Et puis c'est pire ailleurs, et quand c'est pas possible de trouver pire, c'est pas comparable.
Il y a une posture de déni. En France on ne s'excuse pas pour l'esclavage et la richesse volée aux pays colonisés, les violences commises. On ne déboulonne ni n'ajoute de plaque contextualisante aux statues d’esclavagistes.
Puisque la constitution dit que la loi assure l'égalité de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion, alors c'est qu'il n'y a pas de discrimination, pas systémique en tout cas. Hop, effacé le passé colonial, l'histoire et tout le reste. Nous sommes une pure émanation de l'article 1 de la constitution, un sou neuf.
Comme pour l'inceste : il a fallu Dorothée Dussy pour que l'on ait une anthropologie de l'inceste, de ce qui se passe réellement et concrètement dans les familles. Jusque là les grands (hommes) anthropologues étudiaient "le tabou de l'inceste". Et puisque c'est tabou, pas la peine d'aller plus loin.
Mais la carte n'est pas le territoire éclaire le dicton. Sauf que la référence systématique à la carte permet, selon les motivations : au mieux un déni confortable, au pire une stratégie de conservation et d'accroissement du pouvoir et de la domination.