• [^] # Re: Avocat du diable..

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Chat sur "Peut-on breveter le logiciel libre?" avec Philippe Schmitt, avocat. Évalué à 3.

    Je pense qu'on pourrait te répondre comme suit :

    1) Dérives ? Une société désirant utiliser une technique brévetée doit logiquement rémunérer le détenteur du brevet. Si le brevet n'est pas valide, il sera annulé : où est le problème ?

    2) L'intéret consiste justement dans les "nouvelles règles" définies par Christophe : en donnant un droit d'exploitation exclusif aux vrais innovateurs (détenteurs de brevets), on diminue les risque de d'étouffement par la puissance financière : la grosse boite qui écrase l'inventeur en vendant moins cher une implémentation de la technique (puisant dans ses 40ドル 000 000 000 de trésorerie, par exemple) .
    Le brevet montre une fois encore sa justesse : il permet au réel inventeur de se rémunérer et de faire respecter ses droits d'inventeur (ex typique : http://linuxfr.org/2003/09/02/13811.html(...) )

    3) C'est pas idiot le brevet sur le film, la world company va y penser ;) Plus sérieusement, réaliser des prototypes dans le domaine du logiciel est peut-être moins couteux mais il reste très couteux, principalement en salaires. De plus, le prototype n'est pas le produit fini dans le logiciel : on ne le commercialise pas directement (dans les boites sérieuses, du moins). Il faut donc pouvoir rentabiliser la R&D en permettant un monopole momentané sur la commercialisation.

    4) Il existe une certaine forme de mécanique et d'électronique libre il me semble (en tous cas il y a des revues dans les kioskes pour ce public). Les producteurs de logiciel libre ne sont pas si nombreux (à peine une 50aine de développeurs actifs pour apache : http://httpd.apache.org/contributors/index.html(...) ). Le logiciel libre a plus d'ampleur uniquement à cause de la simplicité de distribution du logiciel. Ce n'est pas parce que le logiciel est plus populaire en utilisation qu'il doit y avoir une mesure d'exception : l'électronique et la mécanique ont des brevets, pourquoi pas les logiciels ?

    5) Je ne comprend pas trop ce que tu as voulu dire mais sur la phrase En général il n'y a pas qu'une solution pour résoudre un problème. on peut compléter par :
    C'est partout pareil et les autres domaines supportent très bien les brevets. Le monopole créé sur une technique force à l'innovation : la période de validité du brevet force les autres à trouver une methode plus performante au lieu de se satisfaire de l'actuelle. Dans un domaine tel que le logiciel, les techniques évoluent si rapidement que ça ne peut pas réellement nuire. De plus, si une méthode brévetée s'avère optimale, elle est de toutes manières accessible à tous à l'expiration du brevet. Le brevet est donc un moteur d'innovation et cette innovation est accessible à tous quand elle n'est plus un moyen de rémunération de la R&D.

    6) On peut aussi voir la chose différemment : si ces brevets existent c'est qu'ils répondent à un besoin de la part des acteurs économiques : peut-on nier ce besoin ?

    Bon c'est un peu naïf mais je pense que ces pistes sont facilement exploitables pour des gens qui sont un peu plus renseignés sur le sujet que moi.

    Moi ce qui me fait délirer c'est que je trouve que c'est très orienté "gros éditeur", un brevet logiciel. L'argumentaire des pro-logiciels est très tourné vers l'aspect économique ('les 95% de non, on s'en fout ça fait pas de benef", dixit l'analyse du résultat du sondage de je ne sais plus quelle commission). Le problème c'est que les éditeurs, en Europe, je parie que ce n'est même pas le tiers du chiffre d'affaire cumulé des boites européennes, et que des gros éditeurs européens s'il y en a, ils sont bien cachés.