On ne peut pas donner de date d'épuisement d'une ressource non renouvelable sans faire d'hypothèses excessivement simpliste. En général, cela consiste à diviser la production annuelle par les réserves prouvées. C'est trompeur à plus d'un titre :
Les réserves prouvées peuvent varier avec la découverte de nouveaux gisements, le développement de technologie et, curieusement, avec les prix du marché : une réserve prouvée est, par définition, ce qui est économiquement rentable à produire. Si les prix flambent, les réserves augmentent mécaniquement.
La production peut varier selon la demande, qui dépend de multiples facteurs : technologiqies, économiques, géopolitiques, ...
Empiriquement, on constate que la variation d'une ressource non renouvelable au cours d'une temps suit une courbe en cloche : elle est d'abord faible, puis augmente jusqu'à atteindre un pic, puis redescend durablement à un niveau faible. Cela est modélisé sous le nom de pic de Hubbert.
Par exemple, la production de pétrole conventionnel a connu une croissance irrégulière jusqu'à un pic que l'on estime avoir eu lieu vers 2007-2008. Il n'y aura pas à proprement parler de pénurie de pétrole, mais, avec la baisse de la production, les usage vont progressivement se réduire sur le siècle qui vient. Dans une centaine d'année, le sujet du pétrole conventionnel sera sans doute devenu si dépassé et anecdotique que le dernier puits de pétrole fermera sans que cela n'intéresse personne. Et la dernière goutte de pétrole sera peut-être mélangée dans un mix d'agrocarburant pour propulser un bombardier américain, raffinée pour produire le dernier lot de cathéters de l'humanité, ou exposée dans un musée pendant quelque siècles avant d'être négligemment oubliée.
Il faut s'attendre à une histoire semblable pour les réserves minérales.
[^] # Re: Le nucléaire est notre ami, il faut l'aimer aussi
Posté par sobriquet . En réponse au lien Tribune. « La France doit cesser de saboter la transition énergétique européenne ». Évalué à 1.
On ne peut pas donner de date d'épuisement d'une ressource non renouvelable sans faire d'hypothèses excessivement simpliste. En général, cela consiste à diviser la production annuelle par les réserves prouvées. C'est trompeur à plus d'un titre :
Empiriquement, on constate que la variation d'une ressource non renouvelable au cours d'une temps suit une courbe en cloche : elle est d'abord faible, puis augmente jusqu'à atteindre un pic, puis redescend durablement à un niveau faible. Cela est modélisé sous le nom de pic de Hubbert.
Par exemple, la production de pétrole conventionnel a connu une croissance irrégulière jusqu'à un pic que l'on estime avoir eu lieu vers 2007-2008. Il n'y aura pas à proprement parler de pénurie de pétrole, mais, avec la baisse de la production, les usage vont progressivement se réduire sur le siècle qui vient. Dans une centaine d'année, le sujet du pétrole conventionnel sera sans doute devenu si dépassé et anecdotique que le dernier puits de pétrole fermera sans que cela n'intéresse personne. Et la dernière goutte de pétrole sera peut-être mélangée dans un mix d'agrocarburant pour propulser un bombardier américain, raffinée pour produire le dernier lot de cathéters de l'humanité, ou exposée dans un musée pendant quelque siècles avant d'être négligemment oubliée.
Il faut s'attendre à une histoire semblable pour les réserves minérales.