• [^] # Re: Moi ce qui m’effare

    Posté par . En réponse au lien Affaire du 8 décembre : le chiffrement des communications assimilé à un comportement terroriste. Évalué à 10.

    Non, mais bon, les enquêtes à charge ça a toujours existé. Là, la quadrature s'excite parce qu'il s'agit de chiffrement, mais ça aurait été la même chose si les suspects avaient acheté leurs lentilles en vrac à la Biocop au lieu de paquets du supermarché.

    Le fait est qu'un grand nombre des citations semble tout à fait factuelles : l'utilisation de messageries chiffrées permet en effet de protéger sa vie privée, Tor permet en effet d'améliorer son anonymat sur Internet, etc. Tant que ça n'est pas considéré comme illégal, je ne comprends pas vraiment le problème à le faire figurer dans les rapports d'enquête. Au contraire même, ça veut quand même dire que les enquêteurs n'ont rien à se mettre sous la dent. Dans un rapport d'enquête, il peut y avoir "le suspect s'est arrêté à la boulangerie à 9h52 pour y acheter deux baguettes tradition", et c'est dans ce style là que je comprends les affirmations comme quoi untel ou untel a installé Linux.

    Il ne faut pas non plus négliger le fait qu'en insistant sur le chiffrement, les enquêteurs cherchent à justifier que leur enquête patine. Quand ils écrivent que les suspects utilisent Signal, ils ne veulent pas dire "mettez-les en prison pour ça", ils veulent dire "on a peau de zob sur ce qu'ils se racontent, donnez-nous l'autorisation de poser des micros."

    Par contre, pourquoi le juge d'instruction n'a pas mis fin à l'enquête plus rapidement, étant donné le peu de moyens de la justice et l'aveu d'impuissance des enquêteurs, c'est plutôt ça qui est difficile à expliquer. La DGSI semble insister lourdement sur le fait que les suspects savent minimiser leurs traces informatiques, que les disques sont chiffrés, qu'ils n'ont rien, et qu'ils ne savent pas vraiment comment avoir plus; qu'espère le juge en insistant?