Ça devient compliqué d'argumenter que le travail coûte trop cher, non ?
Oui, complètement. Mais je n'arrive pas à trouver d'argument rationnel pour justifier d'une règlementation de la répartition des bénéfices entre les actionnaires et les salariés, étant donné que les deux sont régis par des logiques très différentes: les salaires sont un équilibre entre l'offre et la demande (donc, avec une grosse part de macro-économie), alors que les dividendes sont un transfert technique entre les comptes d'une entreprise et les comptes des gens qui possèdent l'entreprise (l'argent de change pas de mains). Une entreprise peut très bien licencier tout en versant de généreux dividendes, ce n'est pas illogique.
Du coup, je ne sais vraiment pas ce qu'est une redistribution logique et équitable. Comment prend-on en compte le risque pris par les actionnaires, par exemple? Les entreprises ont des chances très différentes de couler, et il faut que les rendements soient supérieurs pour les entreprises qui ont été financées à un moment où leur survie était compromise. Comment estime-t-on les apports relatifs du travail et du capital dans la richesse produite? Dans une entreprise de services à la personne, c'est évident que les gens qui y travaillent contribuent beaucoup aux profits. Dans une fonderie industrielle, la valeur est créée par la synergie entre les ouvriers et les machines; personne ne produirait rien autrement (c'est beau comme un discours libéral). Dans une laverie automatique, la valeur n'est pas créée par le gusse qui vient une fois par semaine pour retirer les pièces et remettre de la lessive. Une répartition 50/50 des bénéfices hors investissement paraitrait injuste dans un sens ou dans un autre en fonction de l'activité des entreprises.
Je te rejoins complètement sur la débilité des ouin ouin sur le coût du travail, surtout que souvent il s'agit de se plaindre d'une conjoncture où l'offre et la demande de travail devient légèrement défavorable aux entreprises.
À ce sujet, tu n'as pas rebondi sur mon argument sur le rendement des actions, que je disais ajusté par la loi de l'offre et de la demande, et qui sous-entend donc qu'il n'y a pas de valeur optimale : ça te semble correct comme analyse ?
Oui, en théorie la valeur des actions s'ajuste en fonction de la prévision des profits à venir, donc si une entreprise verse peu de dividendes, la valeur de l'action va diminuer, ce qui augmente mécaniquement son rendement. Mais note quand même que les actionnaires n'ont aucun intérêt à voir la valeur de l'action diminuer, donc ils ont double intérêt à verser toujours plus de dividendes: non seulement ça leur fait du cash, mais en plus ça maintient la valeur de leur capital à un niveau élevé.
[^] # Re: faux débat
Posté par arnaudus . En réponse au lien Combien vos actionnaires se font-ils sur votre dos ?. Évalué à 4.
Oui, complètement. Mais je n'arrive pas à trouver d'argument rationnel pour justifier d'une règlementation de la répartition des bénéfices entre les actionnaires et les salariés, étant donné que les deux sont régis par des logiques très différentes: les salaires sont un équilibre entre l'offre et la demande (donc, avec une grosse part de macro-économie), alors que les dividendes sont un transfert technique entre les comptes d'une entreprise et les comptes des gens qui possèdent l'entreprise (l'argent de change pas de mains). Une entreprise peut très bien licencier tout en versant de généreux dividendes, ce n'est pas illogique.
Du coup, je ne sais vraiment pas ce qu'est une redistribution logique et équitable. Comment prend-on en compte le risque pris par les actionnaires, par exemple? Les entreprises ont des chances très différentes de couler, et il faut que les rendements soient supérieurs pour les entreprises qui ont été financées à un moment où leur survie était compromise. Comment estime-t-on les apports relatifs du travail et du capital dans la richesse produite? Dans une entreprise de services à la personne, c'est évident que les gens qui y travaillent contribuent beaucoup aux profits. Dans une fonderie industrielle, la valeur est créée par la synergie entre les ouvriers et les machines; personne ne produirait rien autrement (c'est beau comme un discours libéral). Dans une laverie automatique, la valeur n'est pas créée par le gusse qui vient une fois par semaine pour retirer les pièces et remettre de la lessive. Une répartition 50/50 des bénéfices hors investissement paraitrait injuste dans un sens ou dans un autre en fonction de l'activité des entreprises.
Je te rejoins complètement sur la débilité des ouin ouin sur le coût du travail, surtout que souvent il s'agit de se plaindre d'une conjoncture où l'offre et la demande de travail devient légèrement défavorable aux entreprises.
Oui, en théorie la valeur des actions s'ajuste en fonction de la prévision des profits à venir, donc si une entreprise verse peu de dividendes, la valeur de l'action va diminuer, ce qui augmente mécaniquement son rendement. Mais note quand même que les actionnaires n'ont aucun intérêt à voir la valeur de l'action diminuer, donc ils ont double intérêt à verser toujours plus de dividendes: non seulement ça leur fait du cash, mais en plus ça maintient la valeur de leur capital à un niveau élevé.