C'est pas seulement la question de savoir si les morts sont effectivement morts, ou du nombre de personnes dans ta cohorte. C'est aussi de comment tu fais ton étude.
Si tu veux prouver que le traitement[*] A est mieux que le traitement B, tu veux prendre des gens qui ont, en "moyenne", tout pareil sauf le traitement A vs B et comparer les résultats. Si il y a un traitement C qui traine au milieu, tu dois t'assurer que les deux groupes l'ont reçu dans les mêmes proportions (premier point où ton étude peut merder).
[*] Et je parle de traitement ici, pas de médicament. Un médicament peut être un traitement, ne rien faire aussi. Ou envoyer les gens au bord de la mer et les sortir de la grisaille de Paris aussi
Deuxièmement, tu dois énoncer une hypothèse réfutable. Genre "A est mieux que B selon ces critères". Tu peux pas chercher à prouver que "A a moins d'effets secondaires que B". Parce que c'est pas prouvable (tu ne peux pas prouver l'absence d'effet) (Deuxième point où ça peut merder)
Ensuite tu dois définir dans quelles conditions tu comptes ou exclus les gens de la cohorte.
Comme tu le dis, il faut pas filer un traitement A à des gens en phase terminale si c'est pas fait pour ça, on sait que ça va pas marcher. Mais tu dois le faire avant l'étude !
C'est subtile, mais tu ne peux pas faire une étude et regarder ensuite à partir de quand ça marche et dire après coup, mes critères c'est ça. (Troisième point où ça peut merder).
Si tu penses que ton traitement peut être efficace dans cette situation (définie à l'avance), tu l'administres. Ou sinon tu le fais pas rentrer (et du coup tu peux ne pas le compter). Si tu le fais rentrer, tu dois le compter quand il sort, peu importe comment. Si ton malade passe en phase terminale, tu le comptes dans tes résultats, c'est que ton traitement a pas marché. Tu peux pas le sortir discrètement parce qu'il ne correspond plus aux critères (Quatrième point où ça peut merder)
De plus, indépendamment du résultat sur ton étude (les stat), si l'état de santé de ton malade se dégrade, tu te dois de le sortir de ton étude (médicalement parlant) et lui administrer un traitement un minimum connu par être efficace (pour des raisons éthique, pas scientifique). Sinon tu le tues pour essayer de prouver ton hypothèse. (Cinquième (gros) point où ça peut merder)
Si tu te loupes sur un seul des quatre premiers points, ton étude est bancale, peut importe la taille de ta cohorte ou la véracité de tes chiffres brutes (nombre de morts/guéris). (Et je paris qu'il y a plein d'autres points ça peut merder)
Si tu te loupes sur le cinquième point, c'est potentiellement devant la justice que tu te retrouves (et ce, même si toute ton étude est parfaite)
[^] # Re: pourquoi ?
Posté par GaMa (site web personnel) . En réponse au journal C'était en 2020. Évalué à 10.
C'est pas seulement la question de savoir si les morts sont effectivement morts, ou du nombre de personnes dans ta cohorte. C'est aussi de comment tu fais ton étude.
Si tu veux prouver que le traitement[*] A est mieux que le traitement B, tu veux prendre des gens qui ont, en "moyenne", tout pareil sauf le traitement A vs B et comparer les résultats. Si il y a un traitement C qui traine au milieu, tu dois t'assurer que les deux groupes l'ont reçu dans les mêmes proportions (premier point où ton étude peut merder).
[*] Et je parle de traitement ici, pas de médicament. Un médicament peut être un traitement, ne rien faire aussi. Ou envoyer les gens au bord de la mer et les sortir de la grisaille de Paris aussi
Deuxièmement, tu dois énoncer une hypothèse réfutable. Genre "A est mieux que B selon ces critères". Tu peux pas chercher à prouver que "A a moins d'effets secondaires que B". Parce que c'est pas prouvable (tu ne peux pas prouver l'absence d'effet) (Deuxième point où ça peut merder)
Ensuite tu dois définir dans quelles conditions tu comptes ou exclus les gens de la cohorte.
Comme tu le dis, il faut pas filer un traitement A à des gens en phase terminale si c'est pas fait pour ça, on sait que ça va pas marcher. Mais tu dois le faire avant l'étude !
C'est subtile, mais tu ne peux pas faire une étude et regarder ensuite à partir de quand ça marche et dire après coup, mes critères c'est ça. (Troisième point où ça peut merder).
Si tu penses que ton traitement peut être efficace dans cette situation (définie à l'avance), tu l'administres. Ou sinon tu le fais pas rentrer (et du coup tu peux ne pas le compter). Si tu le fais rentrer, tu dois le compter quand il sort, peu importe comment. Si ton malade passe en phase terminale, tu le comptes dans tes résultats, c'est que ton traitement a pas marché. Tu peux pas le sortir discrètement parce qu'il ne correspond plus aux critères (Quatrième point où ça peut merder)
De plus, indépendamment du résultat sur ton étude (les stat), si l'état de santé de ton malade se dégrade, tu te dois de le sortir de ton étude (médicalement parlant) et lui administrer un traitement un minimum connu par être efficace (pour des raisons éthique, pas scientifique). Sinon tu le tues pour essayer de prouver ton hypothèse. (Cinquième (gros) point où ça peut merder)
Si tu te loupes sur un seul des quatre premiers points, ton étude est bancale, peut importe la taille de ta cohorte ou la véracité de tes chiffres brutes (nombre de morts/guéris). (Et je paris qu'il y a plein d'autres points ça peut merder)
Si tu te loupes sur le cinquième point, c'est potentiellement devant la justice que tu te retrouves (et ce, même si toute ton étude est parfaite)
Matthieu Gautier|irc:starmad