Je trouve la définition du Larousse beaucoup plus précise et opérationnelle : être complotiste, ça n'est pas d'affirmer qu'il existe des complots, c'est de prétendre qu'il existe une explication basée sur un complot en opposition avec la version "communément admise".
Le fait que le gouvernement Russe tente de déstabiliser les démocraties occidentales en diffusant des fausses informations ou des théories farfelues sur les réseaux sociaux (et en infiltrant et finançant les milieux de l'extrême droite) sont "communément admises"; ça a été très largement étudié et rapporté par tout un tas de sources indépendantes, y compris officielles.
Après, il faut avouer que l'arrivée au pouvoir de gouvernants populistes (USA, Brésil...) a rebattu les cartes, puisque des théories complotistes ont été soutenues par des organismes gouvernementaux; pas facile dans ce cas de définir une "version communément admise".
Difficile également de juger de l'aspect complotiste d'une hypothèse possible. Par exemple, pour l'origine du Covid, les complotistes sont convaincus qu'il s'agit d'une fuite (volontaire ou non) d'un labo Chinois. Or, cette hypothèse n'est pas du tout écartée, à ma connaissance; c'est juste que quelqu'un de rationnel dirait "c'est possible" alors qu'un complotiste prétendrait que "c'est certain".
Ça vaut ce que ça vaut, mais je définirais le complotisme comme une grille d'interprétation du monde faisant intervenir des complots, indépendamment des faits. Je pense que le rapport du complotisme aux éléments factuels est central: pour un complotiste, le complot est par essence la vérité, et les éléments matériels ne peuvent que justifier le complot. Le raisonnement n'est pas propre au complotisme; c'est un classique de l'autoconviction religieuse (le croyant voit une preuve de l'existence de Dieu dans un brin d'herbe, un paysage, ou la musique de JS Bach, et ne comprend pas comment cette évidence puisse ne pas être partagée).
[^] # Re: mise en abyme
Posté par arnaudus . En réponse au lien Quand les conspirationnistes envahissent Twitter, les scientifiques finissent par le quitter. Évalué à 8.
Je trouve la définition du Larousse beaucoup plus précise et opérationnelle : être complotiste, ça n'est pas d'affirmer qu'il existe des complots, c'est de prétendre qu'il existe une explication basée sur un complot en opposition avec la version "communément admise".
Le fait que le gouvernement Russe tente de déstabiliser les démocraties occidentales en diffusant des fausses informations ou des théories farfelues sur les réseaux sociaux (et en infiltrant et finançant les milieux de l'extrême droite) sont "communément admises"; ça a été très largement étudié et rapporté par tout un tas de sources indépendantes, y compris officielles.
Après, il faut avouer que l'arrivée au pouvoir de gouvernants populistes (USA, Brésil...) a rebattu les cartes, puisque des théories complotistes ont été soutenues par des organismes gouvernementaux; pas facile dans ce cas de définir une "version communément admise".
Difficile également de juger de l'aspect complotiste d'une hypothèse possible. Par exemple, pour l'origine du Covid, les complotistes sont convaincus qu'il s'agit d'une fuite (volontaire ou non) d'un labo Chinois. Or, cette hypothèse n'est pas du tout écartée, à ma connaissance; c'est juste que quelqu'un de rationnel dirait "c'est possible" alors qu'un complotiste prétendrait que "c'est certain".
Ça vaut ce que ça vaut, mais je définirais le complotisme comme une grille d'interprétation du monde faisant intervenir des complots, indépendamment des faits. Je pense que le rapport du complotisme aux éléments factuels est central: pour un complotiste, le complot est par essence la vérité, et les éléments matériels ne peuvent que justifier le complot. Le raisonnement n'est pas propre au complotisme; c'est un classique de l'autoconviction religieuse (le croyant voit une preuve de l'existence de Dieu dans un brin d'herbe, un paysage, ou la musique de JS Bach, et ne comprend pas comment cette évidence puisse ne pas être partagée).