• [^] # Re: oiseau en colère

    Posté par . En réponse au lien Un nouveau logo pour Thunderbird . Évalué à 3. Dernière modification le 01 juin 2023 à 11:24.

    Je ne pense pas qu'on tombe d'accord, mais dans la définition que tu proposes, et qui me semble assez juste :

    "Exercer sur quelqu'un un ascendant, une influence, lui imposer sa volonté"

    Elle parle bien d'imposer sa volonté. Si on considère ce "quelqu'un" comme le reste du vivant sur terre, qu'on serait censé dominer, cela suppose qu'on ait la volonté de le détruire, puisque c'est ce qui se passe (voir par exemple, cet article du journal du CNRS qui résume assez bien notre déni sur ce sujet )

    Hors ce n'est pas le cas. Nous n'avons pas la volonté de le détruire. La majeure partie du temps, on en n'a même pas conscience qu'on le détruit. Et lorsqu'on l'évoque, on s'enferme dans le déni. Bref, on ne peut pas imposer une volonté qu'on n'a visiblement pas.

    Cette destruction systématique est le fait de notre méconnaissance même de l'impact de nos activités. Ce n'est pas de la domination, c'est une destruction incontrôlée. Et c'est pour ça, à mon sens en tout cas, qu'il faut absolument sortir de cette rhétorique de la domination. Car elle implique que l'on contrôlerait tout ça.

    Hors ce n'est pas le cas. on est dans l'illusion que l'on contrôle tout ça. Et cette illusion s'appuie sur la croyance dans la domination de l'homme sur la nature. Croyance qui est fausse, (ou qui n'est vraie que marginalement, si tant est que le concept même de la dualité homme/nature ait le moindre sens).

    Nous n'avons pas du tout la maitrise des écosystèmes, leur dynamique nous échappe totalement malgré le fait qu'on les impacte fortement. Et il est relativement illusoire de penser en prendre le contrôle. Ce que l'on doit arriver à contrôler, c'est notre propre développement et notre impact sur ces écosystèmes pour garder ces impacts en deçà des seuils qui les déstabilisent, et ça globalement.

    A partir du moment où l'on constate et où on prend conscience que l'on a pas le contrôle, on va évoluer pour justement se donner les moyens de contrôler. Si on vit dans la croyance que l'on maitrise notre développement, alors, on cours a notre perte. C'est comme si on conduisait une voiture sans chauffeur, sans volant et sans frein et qui accélèrerait tout le temps en croyant qu'il existe un chauffeur, ou que ça se conduirait tout seul, on ne sait pas comment.

    Il n'y a aujourd'hui aucune instance internationale capable de contraindre notre développement. Il y a un tout début de ça, avec les COP sur le climat, mais ça concerne que le climat et les gaz à effet de serres, et pour l'instant, ça n'a rien donné. La COP15 sur la biodiversité a bien accouché d'un accord "historique" l'année dernière, mais toujours non contraignant.

    Si il y a quelque chose a dominer dans l'histoire, c'est bien notre propre développement. Et si on ne se domine pas soi-même comment peut-on affirmer dominer les autres ? Dans ce cas, ce qui domine, c'est plutôt les loi du chaos, le hasard.

    Le constat de l’effondrement de la biodiversité est sans appel : 1 million d’espèces sont menacées d’extinction, 75 % de la surface terrestre est altérée de manière significative et 85 % des zones humides ont disparu.

    src : https://www.ecologie.gouv.fr/cop15-biodiversite-aboutit-accord

    (Note : je demande l'indulgence pour avoir commis dans cette réponse une analogie avec l'automobile, si je pouvais me moinsser, je le ferais tellement je me sens coupable.)

    Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.