Je suis hautement sceptique sur l'approche "foisonnement" à l'échelle européenne.
1.Contrairement à ce qu'on raconte, transporter de l'électricité sur de longues distances en gardant un réseau stable (fréquence, phase), c'est TRÈS compliqué. L'Europe a un projet embryonnaire de "SuperSmart Grid" avec des lignes hautes-tension continues. Les lignes existantes sont peu nombreuses.
Il suffit de voir la carte et chercher comment des éoliennes sur l'Atlantique vont alimenter l'Allemagne. Je ne sais pas si ça passe avec le réseau 400kV actuel qui traverse la France, non seulement qualitativement (stabilité sur longue distance avec l'infra en place), mais aussi quantitativement (le réseau n'a pas initialement été dimensionné pour ça).
2.Le foisonnement suppose qu'on prenne les pires cas, et que pour chaque source qui doit servir de source de secours aux autres, il faut la capacité installée supplémentaire. Pour reprendre l'exemple de l'Atlantique, le foisonnement suppose que s'il n'y a pas de vent en Allemagne, les éoliennes sur la côte vont produire assez pour la demande locale (avec le mix qui va bien) plus les besoins de stockage court et moyen terme, plus la demande allemande (et toutes les autres régions sans vent depuis 3 jours à ce moment??)
Les échanges de la grille européenne aujourd'hui sont somme toute très limités, parce que toutes les installations sont stables. Les renouvelables introduisent des variations bien plus élevées, et à mesure qu'elles prennent une place importante dans le mix, la gestion de ces variations va devenir de plus en plus complexe, et coûteuse.
[^] # Re: Yves Bréchet en parle sur Thinkerview
Posté par Maclag . En réponse au lien Les réacteurs à sels fondus, une énergie nucléaire moins chère et surtout plus sûre. Évalué à 9.
Je suis hautement sceptique sur l'approche "foisonnement" à l'échelle européenne.
1.Contrairement à ce qu'on raconte, transporter de l'électricité sur de longues distances en gardant un réseau stable (fréquence, phase), c'est TRÈS compliqué. L'Europe a un projet embryonnaire de "SuperSmart Grid" avec des lignes hautes-tension continues. Les lignes existantes sont peu nombreuses.
https://en.wikipedia.org/wiki/High-voltage_direct_current
Il suffit de voir la carte et chercher comment des éoliennes sur l'Atlantique vont alimenter l'Allemagne. Je ne sais pas si ça passe avec le réseau 400kV actuel qui traverse la France, non seulement qualitativement (stabilité sur longue distance avec l'infra en place), mais aussi quantitativement (le réseau n'a pas initialement été dimensionné pour ça).
2.Le foisonnement suppose qu'on prenne les pires cas, et que pour chaque source qui doit servir de source de secours aux autres, il faut la capacité installée supplémentaire. Pour reprendre l'exemple de l'Atlantique, le foisonnement suppose que s'il n'y a pas de vent en Allemagne, les éoliennes sur la côte vont produire assez pour la demande locale (avec le mix qui va bien) plus les besoins de stockage court et moyen terme, plus la demande allemande (et toutes les autres régions sans vent depuis 3 jours à ce moment??)
Les échanges de la grille européenne aujourd'hui sont somme toute très limités, parce que toutes les installations sont stables. Les renouvelables introduisent des variations bien plus élevées, et à mesure qu'elles prennent une place importante dans le mix, la gestion de ces variations va devenir de plus en plus complexe, et coûteuse.