mais aujourd'hui avec les ordis c'est comme si on vous mettait au volant d'une voiture sans même vous montrer l'utilisation de : l'essuie-glace, le clignotant, les feux de signalisation, le frein à main, etc.
Comme quasiment tout ce qui nous entoure en fait.
La voiture est une exception dans cet environnement à cause du caractère très dangereux et de la nécessité d'avoir des règles uniformes et appliquées ce qui est une tâche loin d'être triviale. D'ailleurs il n'est pas rare que le rudiment du fonctionnement d'une voiture soit apprise à la maison et que l'auto école ne serve qu'à s'entrainer en conditions réelles de conduites (l'auto école c'est cher, si on peut gratter 1/2 h pour éviter d'apprendre à appuyer sur le frein c'est ça de gagné).
La question est dans ce cas les options à disposition. Au moins grâce à Internet tu peux facilement apprendre à faire des choses avec ton ordinateur ou ton téléphone si tu as envie d'apprendre. De toute façon beaucoup apprennent en s'en servent ou par le biais de proches qui expliquent. C'est imparfait mais ça permet de se débrouiller face à cet environnement inconnu.
Je ne pense pas que l'école soit un remède miracle. À mon époque on a eu des cours dédiés pour gérer un tableur, faire des recherches sur Internet, utiliser un traitement de texte très basiquement. Je ne sais pas si beaucoup se rappellent de ce qu'on a appris à l'époque. Mais surtout, comme le souligne Benoît, le savoir informatique a une tendance à devenir obsolète rapidement. Ce qui était essentiel à savoir dans les années 90 ne l'est plus forcément 10-20 ans plus tard. Et c'est difficile aussi d'apprendre des choses génériques. Windows n'est pas macOS qui n'est pas Linux, leur architecture diffèrent et évoluent séparément les uns des autres.
Le levier le plus intéressant qui manque est sans doute au niveau des entreprises qui ne forment pas assez les employés aux outils qu'ils utilisent ce qui mène à une perte de productivité car ils pensent maitriser leur outil mais en fait non. Mais cela dépend des postes, et surtout cela sera focalisé sur les outils employés, pas sur l'utilisation générique des outils qui nous entourent dans notre quotidien.
La simplification des interfaces et des logiciels a du bon, même pour nous, amateur ou professionnel du métier. Je me souviens avoir débuté sur Linux avec Fedora Core 3, il y a plus de 15 ans. Quelle galère pour des choses simples et triviales. Puis c'était la douce époque où si tu n'avais pas compilé ton noyau toi même tu as raté ta vie (j'exagère à peine). C'était peu fiable, il y avait besoin de passer des heures pour régler les problèmes de base, le support matériel était assez nul en particulier pour le Wifi ou les imprimantes à l'époque. Aujourd'hui ma Fedora Linux 38 je l'installe rapidement, c'est plutôt fiable et je peux gérer des situations bien plus complexes avec des options facilement accessibles dans des menus. Et c'est pareil pour les utilisateurs de mon entourage qui ont Linux mais pas de compétences informatiques avancées. On est opérationnel bien plus vite et on peut se concentrer sur utiliser l'ordinateur et non le configurer.
Ensuite, ça a été utile car en démocratisant l'informatique, les machines se sont répandues dans les foyers et entreprise ce qui devient plus accessible financièrement mais aussi logistiquement. Bon je pense qu'en France ça allait (et encore), mais par exemple la bio de Linus rappelle bien qu'il a commandé son Sinclair QL par correspondance et que cela a mis des mois à arriver chez lui. On a aussi des infrastructures peu chères et performants, la fibre dans les foyers ça n'arrive que parce qu'il y a une demande de l'essentielle de la population, sinon on serait encore probablement à l'ADSL faute de rentabilité en dehors de quelques entreprises ou foyers à gros revenus peut être.
Et cela n'a été possible qu'en simplifiant les usages progressivement, en faisant abstraction des détails internes. Et définir les bases à savoir est un exercice délicat, je dirais que cela dépend beaucoup de l'objectif de l'utilisateur de l'ordinateur ou du téléphone. Et comme ça périme vite, ça ne sert à rien d'apprendre trop de détails si cela n'est pas pertinent. C'est d'ailleurs le propre d'une bonne conception en informatique de cacher les détails d'implémentation dans des couches logiciels. Pourquoi cette bonne conception du code ou d'un système ne serait pas valide pour une UI ?
[^] # Re: Vision autocentrée
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au journal Facile à utiliser, Bug ou Feature?. Évalué à 6.
Comme quasiment tout ce qui nous entoure en fait.
La voiture est une exception dans cet environnement à cause du caractère très dangereux et de la nécessité d'avoir des règles uniformes et appliquées ce qui est une tâche loin d'être triviale. D'ailleurs il n'est pas rare que le rudiment du fonctionnement d'une voiture soit apprise à la maison et que l'auto école ne serve qu'à s'entrainer en conditions réelles de conduites (l'auto école c'est cher, si on peut gratter 1/2 h pour éviter d'apprendre à appuyer sur le frein c'est ça de gagné).
La question est dans ce cas les options à disposition. Au moins grâce à Internet tu peux facilement apprendre à faire des choses avec ton ordinateur ou ton téléphone si tu as envie d'apprendre. De toute façon beaucoup apprennent en s'en servent ou par le biais de proches qui expliquent. C'est imparfait mais ça permet de se débrouiller face à cet environnement inconnu.
Je ne pense pas que l'école soit un remède miracle. À mon époque on a eu des cours dédiés pour gérer un tableur, faire des recherches sur Internet, utiliser un traitement de texte très basiquement. Je ne sais pas si beaucoup se rappellent de ce qu'on a appris à l'époque. Mais surtout, comme le souligne Benoît, le savoir informatique a une tendance à devenir obsolète rapidement. Ce qui était essentiel à savoir dans les années 90 ne l'est plus forcément 10-20 ans plus tard. Et c'est difficile aussi d'apprendre des choses génériques. Windows n'est pas macOS qui n'est pas Linux, leur architecture diffèrent et évoluent séparément les uns des autres.
Le levier le plus intéressant qui manque est sans doute au niveau des entreprises qui ne forment pas assez les employés aux outils qu'ils utilisent ce qui mène à une perte de productivité car ils pensent maitriser leur outil mais en fait non. Mais cela dépend des postes, et surtout cela sera focalisé sur les outils employés, pas sur l'utilisation générique des outils qui nous entourent dans notre quotidien.
La simplification des interfaces et des logiciels a du bon, même pour nous, amateur ou professionnel du métier. Je me souviens avoir débuté sur Linux avec Fedora Core 3, il y a plus de 15 ans. Quelle galère pour des choses simples et triviales. Puis c'était la douce époque où si tu n'avais pas compilé ton noyau toi même tu as raté ta vie (j'exagère à peine). C'était peu fiable, il y avait besoin de passer des heures pour régler les problèmes de base, le support matériel était assez nul en particulier pour le Wifi ou les imprimantes à l'époque. Aujourd'hui ma Fedora Linux 38 je l'installe rapidement, c'est plutôt fiable et je peux gérer des situations bien plus complexes avec des options facilement accessibles dans des menus. Et c'est pareil pour les utilisateurs de mon entourage qui ont Linux mais pas de compétences informatiques avancées. On est opérationnel bien plus vite et on peut se concentrer sur utiliser l'ordinateur et non le configurer.
Ensuite, ça a été utile car en démocratisant l'informatique, les machines se sont répandues dans les foyers et entreprise ce qui devient plus accessible financièrement mais aussi logistiquement. Bon je pense qu'en France ça allait (et encore), mais par exemple la bio de Linus rappelle bien qu'il a commandé son Sinclair QL par correspondance et que cela a mis des mois à arriver chez lui. On a aussi des infrastructures peu chères et performants, la fibre dans les foyers ça n'arrive que parce qu'il y a une demande de l'essentielle de la population, sinon on serait encore probablement à l'ADSL faute de rentabilité en dehors de quelques entreprises ou foyers à gros revenus peut être.
Et cela n'a été possible qu'en simplifiant les usages progressivement, en faisant abstraction des détails internes. Et définir les bases à savoir est un exercice délicat, je dirais que cela dépend beaucoup de l'objectif de l'utilisateur de l'ordinateur ou du téléphone. Et comme ça périme vite, ça ne sert à rien d'apprendre trop de détails si cela n'est pas pertinent. C'est d'ailleurs le propre d'une bonne conception en informatique de cacher les détails d'implémentation dans des couches logiciels. Pourquoi cette bonne conception du code ou d'un système ne serait pas valide pour une UI ?