• [^] # Re: Succinctement

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien Notre planète ne serait pas habitable sans les forêts. Évalué à 4.

    Cette définition de la forêt (ou plus exactement de "forêt primaire") est intéressante, mais implique d'accepter que la France est un pays assez peu forestier, avec beaucoup moins de surfaces boisées qu'aujourd'hui. D'autre part, une forêt primaire peut être beaucoup moins dense que l'image classique d'une forêt.

    Par exemple, on sait aujourd'hui que l'image d'Épinal des gaulois qui vivaient dans une grande forêt qui recouvre tout ce qui est aujourd'hui le territoire français n'est qu'une image. On a beaucoup planté pour avoir du bois, en particulier avec le développement de la marine à voile, très consommatrice en grands arbres. On a aussi beaucoup planté pour valoriser des terrains impropres à tout autre chose : sylviculture sur d'anciens marais dans les Landes, zone de chasses royales à Fontainebleau (on a beaucoup de documents sur la création et l'entretien de cette forêt au cours des siècles, posée sur un terrain de marais, sables et chaos de grès dans lesquels il est impossible de produire quoi que ce soit d'intéressant), et j'en passe.

    Côté Méditerranée, c'est un autre phénomène qui est à l'œuvre et là aussi bien documenté : les moyens modernes de luttes contre les feux de forêts (Depuis un siècle environ) permettent la création de végétations hautes, là où on avait plutôt des zones de garrigues et maquis bas, plus proches de la lande que de la forêt.

    Tout ça pour dire qu'il faut protéger les forêts primaires là où on en a encore, c'est un fait indéniable. Mais il ne faut pas non plus croire qu'en laissant les terrains à l'abandon, une forêt finira toujours par y pousser : c'est un processus hautement dynamique, et l'état "forêt" n'est ni ce à quoi on pense immédiatement, ni (et surtout pas) l'état "final" de toute parcelle de terrain laissée sans intervention humaine. Beaucoup de terrains sont trop pauvres et de conditions trop complexes pour générer et supporter une telle densité végétale sans entretien, et finiront en prairies, en landes ou en terrains avec des arbres mais dispersés de façon éparse.

    Et ça c'est sans compter le changement climatique, qui ne va pas arranger les choses vers une augmentation naturelle des forêts en France métropolitaine.

    La connaissance libre : https://zestedesavoir.com