On reproduit finalement un régime pseudo monarchique, avec un grand sauveur qui dicte toute la politique au grès de son doigt mouillé (via des conseils de défense, ou à coup de 49-3, de répression policière, etc... [en vrai la palette d'outils est longue comme le bras]).
Pour info, il y a quand même plus de 500 personnes qui lors du 49.3 pouvaient y mettre fin. Ils ne l'ont pas fait.
Il y a des contre pouvoirs, mais si ceux qui les ont ne s'en servent pas, de fait ça ne fonctionne pas, mais aucun régime ne peut résoudre ce problème facilement.
Pour la première, on y est pas encore effectivement, il existe encore de l'opposition, ceci dit le parti au pouvoir qui possède une majorité relative est bien présidé par un chef charismatique (il en faut du charisme pour être à la foi chef des armées et arbitre suprême de la vie politique).
Et si toute l'opposition avançait à l'unisson sur la question, ce n'est pas Borne qui aurait un gouvernement mais quelqu'un issue de cette opposition. Et pour toute loi en ce moment ils doivent obtenir les faveurs d'un parti de l'opposition sinon ça ne passe pas.
Bref, on n'est loin du parti unique, et ce n'est pas parce que Macron arrive à attirer le LR sur ce dossier que cela signifie qu'il peut faire tout ce qu'il veut.
Pour l'idéologie on y est je trouve, avec la croyance qu'un libéralisme non régulé et la privatisation apporteront le bonheur, la justice et la stabilité à un peuple qui devra faire la preuve de son mérite pour accéder aux joies de ce monde.
Déjà la France est loin du libéralisme non régulé, même Macron qui y est sans doute le politique le plus proche idéologiquement en ce moment n'est pas à fond dedans (sinon ne t'inquiète pas, la réforme des retraite actuelle aurait été encore bien différente).
Puis quand j'ai lu les programmes des différents partis et candidats en 2022, j'ai vu beaucoup de propositions qui n'ont rien à voir avec un libéralisme totalement dérégulé. On a le choix, dans une dictature ou un régime très autoritaire tu n'aurais pas ces choix de proposés du tout.
Et je doute que l'entièreté de l'État (c'est grand l'État) soit tourné vers ça.
Une direction centrale de l'économie; et bien ça parait contre intuitif, mais quand on se soumet au capital, on fini par se faire dicter son économie toute entière par le dit capital.
Sauf que le Capital avec un grand C qui décide de tout de manière centralisée ça n'existe pas, des milliers d'acteurs sont impliqués avec des divergences entre elles. Et l'État français est loin d'avoir une économie très centralisée, compare comment fonctionne l'économie en Chine ou en Russie avec ici pour comprendre les différences.
Typiquement en France la planification économique est difficile à mettre en oeuvre car justement rien n'est centralisé à ce niveau pour le permettre. Ce qui est aussi un défaut dans le contexte de la lutte contre la crise climatique...
Et pour la dernière, on ne compte plus les médias appartenant à des milliardaires proches du pouvoir, certes on est encore loin du monopole, mais l'idée est là.
Oui, donc il y a des tendances qu'on doit surveiller, mais on n'y est pas. Tu peux encore lire dans la presse, grand public ou pas, des oppositions fortes à la politique gouvernementale sans que tout ce petit monde ne soit arrêté voire exécutée.
Une loi qui passe à une poignée de voies prêt, manquant de peu de causer la destitution du gouvernement, contre l'avis de la majorité de la population, après des semaines de manifestations est elle démocratique ?
Des lois qui passent à peu de voix prêts ça arrive, ça ne rien en rien le processus illégitime. Car techniquement toute loi passe "à quelques voix prêts", reste à définir ce que tu veux dire derrière et le sens profond qu'on confère à cela. Et comment avancer quand une décision est conflictuelle et qu'aucun compromis n'est possible entre deux positions. De même que la moindre manifestation ne rend pas la loi adoptée malgré cette opposition comme non démocratique.
Je ne défends pas la loi actuelle, ni comment elle a été adoptée, pour moi il y a de vrais erreurs politiques et sociales dedans. Mais je ne trouve pas que ton tableau dit tel quel permet de conclure. C'est je trouve plus compliqué que ça et plus subtil qu'il n'y paraît.
Bref, il y a de quoi s'inquiéter car la tendance n'est effectivement pas bonne, et qu'il y a des choses à changer pour faire mieux. Mais cela ne rend pas pour autant l'état comme totalitaire ou comme une dictature, il faut savoir peser les mots, notamment pour qu'ils gardent un sens.
[^] # Re: Article assurément critiquable...
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au lien [Frustration] Pourquoi la France est bien une dictature. Évalué à 9. Dernière modification le 23 mars 2023 à 13:16.
Pour info, il y a quand même plus de 500 personnes qui lors du 49.3 pouvaient y mettre fin. Ils ne l'ont pas fait.
Il y a des contre pouvoirs, mais si ceux qui les ont ne s'en servent pas, de fait ça ne fonctionne pas, mais aucun régime ne peut résoudre ce problème facilement.
Et si toute l'opposition avançait à l'unisson sur la question, ce n'est pas Borne qui aurait un gouvernement mais quelqu'un issue de cette opposition. Et pour toute loi en ce moment ils doivent obtenir les faveurs d'un parti de l'opposition sinon ça ne passe pas.
Bref, on n'est loin du parti unique, et ce n'est pas parce que Macron arrive à attirer le LR sur ce dossier que cela signifie qu'il peut faire tout ce qu'il veut.
Déjà la France est loin du libéralisme non régulé, même Macron qui y est sans doute le politique le plus proche idéologiquement en ce moment n'est pas à fond dedans (sinon ne t'inquiète pas, la réforme des retraite actuelle aurait été encore bien différente).
Puis quand j'ai lu les programmes des différents partis et candidats en 2022, j'ai vu beaucoup de propositions qui n'ont rien à voir avec un libéralisme totalement dérégulé. On a le choix, dans une dictature ou un régime très autoritaire tu n'aurais pas ces choix de proposés du tout.
Et je doute que l'entièreté de l'État (c'est grand l'État) soit tourné vers ça.
Sauf que le Capital avec un grand C qui décide de tout de manière centralisée ça n'existe pas, des milliers d'acteurs sont impliqués avec des divergences entre elles. Et l'État français est loin d'avoir une économie très centralisée, compare comment fonctionne l'économie en Chine ou en Russie avec ici pour comprendre les différences.
Typiquement en France la planification économique est difficile à mettre en oeuvre car justement rien n'est centralisé à ce niveau pour le permettre. Ce qui est aussi un défaut dans le contexte de la lutte contre la crise climatique...
Oui, donc il y a des tendances qu'on doit surveiller, mais on n'y est pas. Tu peux encore lire dans la presse, grand public ou pas, des oppositions fortes à la politique gouvernementale sans que tout ce petit monde ne soit arrêté voire exécutée.
Des lois qui passent à peu de voix prêts ça arrive, ça ne rien en rien le processus illégitime. Car techniquement toute loi passe "à quelques voix prêts", reste à définir ce que tu veux dire derrière et le sens profond qu'on confère à cela. Et comment avancer quand une décision est conflictuelle et qu'aucun compromis n'est possible entre deux positions. De même que la moindre manifestation ne rend pas la loi adoptée malgré cette opposition comme non démocratique.
Je ne défends pas la loi actuelle, ni comment elle a été adoptée, pour moi il y a de vrais erreurs politiques et sociales dedans. Mais je ne trouve pas que ton tableau dit tel quel permet de conclure. C'est je trouve plus compliqué que ça et plus subtil qu'il n'y paraît.
Bref, il y a de quoi s'inquiéter car la tendance n'est effectivement pas bonne, et qu'il y a des choses à changer pour faire mieux. Mais cela ne rend pas pour autant l'état comme totalitaire ou comme une dictature, il faut savoir peser les mots, notamment pour qu'ils gardent un sens.