Cela me parait vraiment périlleux de conclure que "ne pas aimer un mot" n'a absolument pas été influencé par plein de biais inconscients (et donc même pas remarqué par la personne en question) qui sont, dans d'autres contextes, considérés comme évident.
Par exemple, le biais d'ancrage fera que si tu as trouvé l'idée idéologiquement idiote la première fois que tu as vu ce genre d'écriture inclusive, forcément, tu as de grande chance de trouver ce mot moche (car celui-ci est, inconsciemment, associé à quelque chose que tu trouves idiots).
Attention, cela ne veut pas dire qu'il n'est pas possible de ne pas aimer le mot "juste parce qu'on n'aime pas". Ma réaction est de demander: comment vous savez que c'est votre cas ? Ce genre de biais inconscient est pratiquement impossible à détecter. Si on me dit "non mais moi je sais que j'ai pas de biais", ça me fait plutôt penser que cette personne est totalement ignorante de l'impact réel des biais sur les êtres humains, et, à cause de ça, est encore plus à même d'être elle-même victime de ces biais (car cette personne part du principe que ses goûts sont forcément rationnels et objectifs sans même que la possibilité d'une influence lui vienne à l'esprit).
Finalement, la phrase à laquelle tu réagis est pourtant correcte: c'est effectivement un bon usage du rasoir d'Ockham.
Par exemple, si tu lances un dé 5 fois et qu'il tombe toujours sur 6, entre l'hypothèse que le dé est truqué et l'hypothèse que c'est juste de la chance, le rasoir d'Ockham dit que la première hypothèse est celle qui doit être considérée par défaut. Cela ne veut pas dire qu'il est impossible que ce soit de la chance, il y a une chance sur dix milles que ce soit le cas, après tout.
En d'autres termes, le rasoir d'Ockham ne dit pas que tu es sexiste, mais il dit que c'est l'hypothèse par défaut la plus raisonnable à prendre. S'il se fait que tu n'es pas sexiste, très bien, tant mieux pour toi, mais c'est comme dire "c'est un outrage, ce parent a dit à son enfant de ne pas accepter de bonbons d'un inconnu, alors qu'en fait, je ne suis pas du tout mal intentionné quand je lui offre un bonbon": tu ne peux pas reprocher à quelqu'un d'avoir fait le choix le plus raisonnable parce que toi, en particulier, tu ne corresponds pas à l'hypothèse la plus raisonnable.
Notons que tisaac dit simplement "se permettant deux fautes d’orthographe dans son court message", mais la réalité est plutôt "se permettant deux fautes d'orthographe dans son court message, n'ayant posté aucun commentaire dans cet autre journal plein de fautes, ou cet autre journal qui utilise des anglicismes, ou cet autre journal utilisant 'bronsoniser', et, qui, au fil de la discussion, explique également que le terme 'auteurice' est pour lui du militantisme de la part d'un groupe qu'il n'aime pas vraiment". Ça fait quand même un paquet de lancés où le dé tombe toujours sur 6.
[^] # Re: double intolérance
Posté par j-c_32 . En réponse au journal L’écriture inclusive sur linuxfr.org est-elle un crime ?. Évalué à -1. Dernière modification le 13 mars 2023 à 02:52.
Cela me parait vraiment périlleux de conclure que "ne pas aimer un mot" n'a absolument pas été influencé par plein de biais inconscients (et donc même pas remarqué par la personne en question) qui sont, dans d'autres contextes, considérés comme évident.
Par exemple, le biais d'ancrage fera que si tu as trouvé l'idée idéologiquement idiote la première fois que tu as vu ce genre d'écriture inclusive, forcément, tu as de grande chance de trouver ce mot moche (car celui-ci est, inconsciemment, associé à quelque chose que tu trouves idiots).
Attention, cela ne veut pas dire qu'il n'est pas possible de ne pas aimer le mot "juste parce qu'on n'aime pas". Ma réaction est de demander: comment vous savez que c'est votre cas ? Ce genre de biais inconscient est pratiquement impossible à détecter. Si on me dit "non mais moi je sais que j'ai pas de biais", ça me fait plutôt penser que cette personne est totalement ignorante de l'impact réel des biais sur les êtres humains, et, à cause de ça, est encore plus à même d'être elle-même victime de ces biais (car cette personne part du principe que ses goûts sont forcément rationnels et objectifs sans même que la possibilité d'une influence lui vienne à l'esprit).
Finalement, la phrase à laquelle tu réagis est pourtant correcte: c'est effectivement un bon usage du rasoir d'Ockham.
Par exemple, si tu lances un dé 5 fois et qu'il tombe toujours sur 6, entre l'hypothèse que le dé est truqué et l'hypothèse que c'est juste de la chance, le rasoir d'Ockham dit que la première hypothèse est celle qui doit être considérée par défaut. Cela ne veut pas dire qu'il est impossible que ce soit de la chance, il y a une chance sur dix milles que ce soit le cas, après tout.
En d'autres termes, le rasoir d'Ockham ne dit pas que tu es sexiste, mais il dit que c'est l'hypothèse par défaut la plus raisonnable à prendre. S'il se fait que tu n'es pas sexiste, très bien, tant mieux pour toi, mais c'est comme dire "c'est un outrage, ce parent a dit à son enfant de ne pas accepter de bonbons d'un inconnu, alors qu'en fait, je ne suis pas du tout mal intentionné quand je lui offre un bonbon": tu ne peux pas reprocher à quelqu'un d'avoir fait le choix le plus raisonnable parce que toi, en particulier, tu ne corresponds pas à l'hypothèse la plus raisonnable.
Notons que tisaac dit simplement "se permettant deux fautes d’orthographe dans son court message", mais la réalité est plutôt "se permettant deux fautes d'orthographe dans son court message, n'ayant posté aucun commentaire dans cet autre journal plein de fautes, ou cet autre journal qui utilise des anglicismes, ou cet autre journal utilisant 'bronsoniser', et, qui, au fil de la discussion, explique également que le terme 'auteurice' est pour lui du militantisme de la part d'un groupe qu'il n'aime pas vraiment". Ça fait quand même un paquet de lancés où le dé tombe toujours sur 6.