• # Contre-productif

    Posté par . En réponse au journal L’écriture inclusive sur linuxfr.org est-elle un crime ?. Évalué à 10.

    J'ai toujours considéré le masculin comme le neutre de la langue française. Par exemple, dans "il fait beau", il n'y a pas de sémantique masculine, "il" et "beau" sont donc de genre neutre. J'ai même tendance à trouver bêtes les personnes qui prétendent n'entendre que le masculin dans les phrases où il est utilisé comme neutre.

    Et puis j'ai dû faire un peu de com' institutionnelle dans un cadre ayant une sensibilité favorable à l'écriture inclusive. J'ai donc dû prendre l'habitude d'écrire des "bonjour à tous et à toutes" et des "chers adhérents, chers adhérentes". Au début, ça me brûlait les doigt, mais le médecin ("la médecine" ?) n'a pas voulu me faire de certif. Et à force, je suis tombé dedans : maintenant, lorsque j'écris "les contributeurs", j'ai l'impression d'omettre une partie des personnes que je veux désigner. C'est très bizarre parce que mon opinion sur l'écriture inclusive en général n'a pas tellement changé. Mais maintenant, quand je vois un masculin, je vois beaucoup moins le neutre. J'ai ainsi l'impression de beaucoup plus discriminer sur le genre/sexe lorsque je lis, et donc d'être devenu plus sexiste.

    Alors que tout le monde s'accordera sur le projet de minimiser les bais et discriminations de genre/sexe, j'ai l'impression que l'écriture inclusive ne fait que les exacerber. C'est contre-productif et l'expression "écriture inclusive" me paraît inappropriée. "écriture faisant des discriminations sur le sexe ou le genre" me semble plus exact.