On oublie souvent le coté auto-performateur quand on analyse ce genre de récession économique, parce que souvent pour un économiste spécialiste des marchés, ça parait relativement évident alors que c'est assez contre-intuitif quand on ne s'intéresse pas au domaine.
C'est un genre de boucle de rétroaction qui amplifie le phénomène. Si il y a un risque de récession qui est identifié par les acteurs, cela va limiter les investissements de la part des financiers ce qui va en soit constitué un facteur de contraction économique du secteur et donc participé à la recession. Je pense que la contraction actuelle dans la tech est une bonne illustration de ce phénomène.
C'est un système pernicieux qui est lié à la logique même des marché financiers. ça fonctionne aussi dans l'autre sens, on parle alors d'une bulle.
Pour limiter ce genre de dérive, il faudra introduire une logique de relance, pour restaurer la confiance des investisseurs. Cela peut venir de perspectives positives de croissance lié par exemple a un développement de certains usages. Ou cette relance peut être stimulée par la politique industrielle des états.
La question intéressante, c'est que cela rend le système (le marché) relativement sensible a des variations relativement faible en proportion. Plus le marché est dynamique (c'est a dire plus il est réactif et donc sensible), plus le risque d'instabilité est grand. On parle de sensibilité aux conditions initiales et ça fait appartenir les systèmes financiers a la familles des systèmes complexe a la dynamique non linéaire que l'on dit chaotiques.
Si le sujet vous intéresse, je conseille de suivre les cours de Jean Philippe Bouchaud qui applique les principe de la physique statistique pour faire de l'analyse de marchés. Son approche est originale et part du constat que les phénomènes ont des logiques similaires. je peux pas matériellement résumé son cours ici, mais il y a une bonne introduction ici (vidéo YT - Institut Henri Poincaré :
Là où s'est passionnant, c'est qu'a partir du moment ou les acteurs eux-mêmes prennent conscience de la nature chaotique de leur champs d'action, est-ce qu'il est possible qu'ils soient capable d'agir pour limiter les crises ? Si on veut, tant que les marché sont persuadé d'être "efficient" ils sont inefficient. Mais a partir du moment ou ils ont conscience de leur inefficience, il pourrait le devenir.
Perso, j'adore ce genre de recherche, même si j'avoue, y a une partie non négligeable qui me passe largement au dessus de la tête.
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.
[^] # Re: TL;DR
Posté par Big Pete . En réponse au lien The Four Horsemen of the Tech Recession. Évalué à 6.
On oublie souvent le coté auto-performateur quand on analyse ce genre de récession économique, parce que souvent pour un économiste spécialiste des marchés, ça parait relativement évident alors que c'est assez contre-intuitif quand on ne s'intéresse pas au domaine.
C'est un genre de boucle de rétroaction qui amplifie le phénomène. Si il y a un risque de récession qui est identifié par les acteurs, cela va limiter les investissements de la part des financiers ce qui va en soit constitué un facteur de contraction économique du secteur et donc participé à la recession. Je pense que la contraction actuelle dans la tech est une bonne illustration de ce phénomène.
C'est un système pernicieux qui est lié à la logique même des marché financiers. ça fonctionne aussi dans l'autre sens, on parle alors d'une bulle.
Pour limiter ce genre de dérive, il faudra introduire une logique de relance, pour restaurer la confiance des investisseurs. Cela peut venir de perspectives positives de croissance lié par exemple a un développement de certains usages. Ou cette relance peut être stimulée par la politique industrielle des états.
La question intéressante, c'est que cela rend le système (le marché) relativement sensible a des variations relativement faible en proportion. Plus le marché est dynamique (c'est a dire plus il est réactif et donc sensible), plus le risque d'instabilité est grand. On parle de sensibilité aux conditions initiales et ça fait appartenir les systèmes financiers a la familles des systèmes complexe a la dynamique non linéaire que l'on dit chaotiques.
Si le sujet vous intéresse, je conseille de suivre les cours de Jean Philippe Bouchaud qui applique les principe de la physique statistique pour faire de l'analyse de marchés. Son approche est originale et part du constat que les phénomènes ont des logiques similaires. je peux pas matériellement résumé son cours ici, mais il y a une bonne introduction ici (vidéo YT - Institut Henri Poincaré :
Jean-Philippe Bouchaud "Crises économiques et financières : un point de vue de physicien"
Il y a aussi un article résumant son approche sur le site de la revue Reflet de la physique :
La (regrettable) complexité des systèmes économiques - PDF
Là où s'est passionnant, c'est qu'a partir du moment ou les acteurs eux-mêmes prennent conscience de la nature chaotique de leur champs d'action, est-ce qu'il est possible qu'ils soient capable d'agir pour limiter les crises ? Si on veut, tant que les marché sont persuadé d'être "efficient" ils sont inefficient. Mais a partir du moment ou ils ont conscience de leur inefficience, il pourrait le devenir.
Perso, j'adore ce genre de recherche, même si j'avoue, y a une partie non négligeable qui me passe largement au dessus de la tête.
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.