• [^] # Re: "Le tout est donc finalement retourné dans le local à poubelles"

    Posté par (Mastodon) . En réponse au journal J'essaie de réparer un téléviseur. Évalué à 9. Dernière modification le 04 février 2023 à 16:19.

    Assez d'accord et, pour lutter contre ça, autant que possible j'essaye de ne pas jeter du tout: réparer, donner, réutiliser (aka, avant chaque achat d'un nouvel objet pour en remplacer un autre me demander si j'en ai réellement l'usage ou si juste pour me faire plaisir).

    Cela dit, même cette façon a ses limites (surtout dès qu'on prend en compte ces !#@! de batteries non-remplaçables) et tout fini par partir... à la déchèterie.

    Comment c'est traité sur place ? Je me fais peu d'illusions, mais je peux difficilement faire plus de mon côté. Sauf à ne plus consommer du tout. Ce qui me semble difficile, sauf à cesser de faire partie de la société : même si j'ai gardé mon dernier smartphone 5 ans, avant qu'il se mette à gonfler et à s'auto-écarteler sous mes yeux (et que je le dépose dans l'heure à l'Apple Store, où ils se sont dépêchés de le faire disparaitre), j'ai besoin d'un smartphone, comme j'ai besoin d'un ordinateur... et mon vieux laptop (2011) finira par ne plus marcher du tout lui aussi un jour, etc.

    J'aurais de loin préféré pouvoir remplacer la batterie de ce téléphone (comme je faisais avant l'arrivée des smartphones). Et je préfèrerais pouvoir remplacer la batterie ou même le vieux CPU de mon laptop, le jour où il sera vraiment devenu obsolète... Mais pour que ça arrive un jour, il faudrait deux choses:

    1) Cesser, chacun de nous je veux dire, de vouloir toujours de la nouveauté, comme si on avait besoin d’être constamment amusés et distraits avec du plus beau, du plus neuf, du plus hype, du plus de pixels, du plus de ceci ou de cela. Ou alors, dans une version plus optimiste (c'est pas nous, c'est eux!) : cesser de laisser la pub et la marketing nous bercer d'illusions.

    2) Plus important : exiger de nos élu(e)s de se bouger le popotin pour forcer toutes ces compagnies à faire des machins réparables. Vraiment réparable je veux dire, pas juste une zolie étiquette avec un chiffre une couleur verte.

    Le jetable, c'est pas un accident, ni une erreur de design, ni la faute à pas de chance. C'est un choix économique fait par ces entreprises. Or que je sache, aussi puissantes et riches soient-elles, les choix de ces entreprises ne sont pas encore des lois. Et, en parlant de lois, si ces entreprises veulent pouvoir nous vendre quoi que ce soit, elles sont encore censées être soumises aux lois, des vraies celles-là, de chaque pays. On pourrait donc leur interdire de faire les choix qu’elles font. On devrait. On aurait dû. Depuis longtemps. Un peu comme on interdit à Jean Ducon de conduire bourré, même si c’est pour aller rejoindre ses copains pour une partie de chasse dans les bois de Trougignou pour y flinguer des lapins et des chevreuils (et parfois, c’est vrai, un abruti de promeneur mais il avait qu’à pas autant ressembler à un lapin, ce con, et puis l’erreur est humaine). Ou encore comme on interdit à Jeanne Greluche d’exercer la profession de docteur sous prétexte qu’elle aurait regardé l’intégrale de Dr House. Même en VO).

    Bref, j'arrête de ronchonner. Je retourne dans ma caverne. Parait qu'on y passe un bon film avec Louis de Funeste et Jacques Villeraie, et qu’ils y pètent tout le temps.