On peut transposer dans la musique pour mieux comprendre le problème. Une IA artistique musicale pourrait piocher dans la prod musicale "humaine" et fabriquer des stars optimisées de la musique populaire à partir des fonds existants en cherchant à maximiser ses revenus en inondant le marché. C'est une piste qui est actuellement explorée par l'industrie : https://cnm.fr/la-musique-ia-et-lartiste/
Mais ce pitch, c'est aussi plus ou moins celui d'un bouquin d'un des auteur majeur de la SF Américaine, Norman Spinrad : Rock Machine, écrit en 1987, c'est à dire il y a 36 ans, et qui s'inscrit dans la mouvance Cyberpunk de l'époque :
Dans un proche avenir où la multinationale MUSIK règne sans partage sur l’industrie musicale, Bobby Rubin, manipulateur d’images, Sally Gennaro, manipulatrice de sons, et Gloriana O’Toole, survivante quelque peu défraîchie des temps héroïques du rock (comprenez : les années 60) sont chargés créer de toutes pièces une rock-star virtuelle capable de déchaîner les passions du public et de faire vendre quelques millions de disques. Tandis que les junkies du futur se grillent les neurones avec le câble (des drogues électroniques qui stimulent artificiellement le système nerveux), le FLR (Front de Libération de la Réalité) œuvre dans l’ombre pour tenter de renverser l’ordre mondial (essentiellement économique) à coup de virus informatiques.
Spinrad a la réputation d'être un auteur visionnaire, mais souvent radical et provocateur. Mais j'avoue que voir le monde d'aujourd'hui essayer de ressembler à un roman de Spinrad a quelque chose d'à la fois fascinant et relativement inquiétant. Rock Machine n'est pas son meilleur bouquin sur le sujet (Jack Barron et l'éternité est à mon avis indépassable) et le style de Spinrad ne plaît pas à tout le monde. (et objectivement, la qualité littéraire est variable, c'est à dire qu'il a ce coté punk, pour le meilleur et pour le pire).
Pour en finir sur la musique, récemment sur KEXP, une grosse radio publique américaine, est apparu sur mon radar, un groupe hors normes : Mdou Moctar avec une prestation hallucinante d'un de leur morceau : Afrique Victime
Pourquoi en parler ici ? Leur façon pété de faire varier le rythme de façon instinctive, ce truc là, qui te prend aux tripes, te donne l'impression d'une chevauchée sauvage à dos de dromadaire au milieu des dunes, jamais une machine n'arrivera à le faire. Absolument aucune chance, j'en suis intimement persuadé. Comme me le faisait remarquer un ami musicien, aujourd'hui la plupart des musiciens jouent au clic, qui permet de synchroniser le rythme de chacun avec celui des machines, de façon "parfaite". Les musicos de Mdou Moctar n'ont pas de clic, ils se laissent guidée par le groove, à l'instinct, et même si ça dérape, qu'est ce que ça peut faire ? Au contraire...
Pour finir sur Mdou Moctar, je permet de conseiller ce doc autoproduit, qui parle de leur difficulté à jouer dans un pays où on risque sa vie à le faire : Mdou Moctar - "Afrique Victime: The Documentary"
De faire sortir mon imagination sur l'écran est pour moi le plus important, même si cela viole un peux le droit d'auteur (je ne publie pas).
Oui, le fond du sujet, n'est pas tant de savoir si une machine à le pouvoir de créer une oeuvre artistique de façon plus ou au moins autonome, mais qu'au fond, ce qui est vraiment important, ce sera toujours notre capacité à le faire, avec ou sans machines, et tu a raison, on s'en fout, du moment que ça nous permet d'exprimer et partager nos émotions. C'est là le truc.
La vraie question, c'est toujours la même, au bout du compte, que reste-il d'humain dans la machine ?
;-)
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.
[^] # Re: Pour ceux qui ressortent encore régulièrement que ces "AI" "créent" des images...
Posté par Big Pete . En réponse au lien "Extracting Training Data from Diffusion Models" - Stable Diffusion (et autres "AI") et copyright. Évalué à 5.
On peut transposer dans la musique pour mieux comprendre le problème. Une IA artistique musicale pourrait piocher dans la prod musicale "humaine" et fabriquer des stars optimisées de la musique populaire à partir des fonds existants en cherchant à maximiser ses revenus en inondant le marché. C'est une piste qui est actuellement explorée par l'industrie : https://cnm.fr/la-musique-ia-et-lartiste/
Mais ce pitch, c'est aussi plus ou moins celui d'un bouquin d'un des auteur majeur de la SF Américaine, Norman Spinrad : Rock Machine, écrit en 1987, c'est à dire il y a 36 ans, et qui s'inscrit dans la mouvance Cyberpunk de l'époque :
Spinrad a la réputation d'être un auteur visionnaire, mais souvent radical et provocateur. Mais j'avoue que voir le monde d'aujourd'hui essayer de ressembler à un roman de Spinrad a quelque chose d'à la fois fascinant et relativement inquiétant. Rock Machine n'est pas son meilleur bouquin sur le sujet (Jack Barron et l'éternité est à mon avis indépassable) et le style de Spinrad ne plaît pas à tout le monde. (et objectivement, la qualité littéraire est variable, c'est à dire qu'il a ce coté punk, pour le meilleur et pour le pire).
Pour en finir sur la musique, récemment sur KEXP, une grosse radio publique américaine, est apparu sur mon radar, un groupe hors normes : Mdou Moctar avec une prestation hallucinante d'un de leur morceau : Afrique Victime
Pourquoi en parler ici ? Leur façon pété de faire varier le rythme de façon instinctive, ce truc là, qui te prend aux tripes, te donne l'impression d'une chevauchée sauvage à dos de dromadaire au milieu des dunes, jamais une machine n'arrivera à le faire. Absolument aucune chance, j'en suis intimement persuadé. Comme me le faisait remarquer un ami musicien, aujourd'hui la plupart des musiciens jouent au clic, qui permet de synchroniser le rythme de chacun avec celui des machines, de façon "parfaite". Les musicos de Mdou Moctar n'ont pas de clic, ils se laissent guidée par le groove, à l'instinct, et même si ça dérape, qu'est ce que ça peut faire ? Au contraire...
Pour finir sur Mdou Moctar, je permet de conseiller ce doc autoproduit, qui parle de leur difficulté à jouer dans un pays où on risque sa vie à le faire : Mdou Moctar - "Afrique Victime: The Documentary"
Oui, le fond du sujet, n'est pas tant de savoir si une machine à le pouvoir de créer une oeuvre artistique de façon plus ou au moins autonome, mais qu'au fond, ce qui est vraiment important, ce sera toujours notre capacité à le faire, avec ou sans machines, et tu a raison, on s'en fout, du moment que ça nous permet d'exprimer et partager nos émotions. C'est là le truc.
La vraie question, c'est toujours la même, au bout du compte, que reste-il d'humain dans la machine ?
;-)
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.