Il y a un vrai sujet sur l'addiction en tant que phénomène de société. Un vrai sujet, qui va bien au delà de l'addiction aux drogues.
Si les drogues sont des substances qui "forcent" ou amplifient l'addiction du fait de leur propriétés biochimiques sur notre métabolisme, avec souvent des conséquences délétères sur la santé, elle ne sont pas les seules à développer des phénomènes d'addiction entrainant plus ou moins de dépendance avec aussi des conséquences, sociales voire sur la santé, mentale ou même physique.
Et si je parle de phénomène de société, c'est que toute notre société est construite autour de l'assouvissement des désirs des consommateurs que nous sommes. Et cet assouvissement est littéralement le moteur de nos économies. On parle pas d'une économie visant à assouvir les besoins "vitaux" du citoyen, mais bien de créer et d'assouvir une quantité invraisemblable de désirs.
Il est évident que les réseaux sociaux s'inscrivent dans cette logique. Sur la question du contrôle, c'est aussi un sujet assez copieux. La société ne favorise pas du tout un apprentissage du contrôle de nos désirs et nous éloigne de toute forme d'ascétisme ou de sobriété. C'est a dire de construire a l'échelle individuelle et collective, des système de valeur ou la modération serait vertueuse.
On fait tout le contraire, et pour une seule et "bonne" raison. c'est ce qui permet de faire tourner la machine économique dans une société de consommation, voire d'hyperconsommation. Mettre des enfants dés leur plus jeune age devant une television passant en boucle des dessins animées entrecoupés de publicités pour des sucreries et en quelques générations, on a une épidémie d'obésité.
Vu comment les choses sont entrain de tourner du fait de la crise écologique, on va devoir réapprendre la modération et la sobriété. Et franchement, on a pas idée de la difficulté que ça représente (et pas seulement sur l'économie ou nos systèmes de valeurs). Ceux qui ont déjà eu affaire dans leur vie a un sevrage, on une petite idée du problème. Dire que ce n'est pas agréable a vivre est un doux euphémisme pour parler de la frustration, des douleurs et de la souffrance qui sont sur ce chemin. Mais ça en vaut la peine, parce qu'au bout, on trouve quelque chose qu'on a trop souvent galvaudé dans nos discours : la liberté.
La liberté, ce n'est pas l'illusion de pouvoir assouvir le moindre de ses désirs, mais bien le fait de ne pas en être l'esclave.
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.
[^] # Re: deux poids deux mesures
Posté par Big Pete . En réponse au lien TikTok, la drogue des ados devenue ennemi public numéro un - letemps.ch. Évalué à 10. Dernière modification le 23 janvier 2023 à 15:29.
Il y a un vrai sujet sur l'addiction en tant que phénomène de société. Un vrai sujet, qui va bien au delà de l'addiction aux drogues.
Si les drogues sont des substances qui "forcent" ou amplifient l'addiction du fait de leur propriétés biochimiques sur notre métabolisme, avec souvent des conséquences délétères sur la santé, elle ne sont pas les seules à développer des phénomènes d'addiction entrainant plus ou moins de dépendance avec aussi des conséquences, sociales voire sur la santé, mentale ou même physique.
Et si je parle de phénomène de société, c'est que toute notre société est construite autour de l'assouvissement des désirs des consommateurs que nous sommes. Et cet assouvissement est littéralement le moteur de nos économies. On parle pas d'une économie visant à assouvir les besoins "vitaux" du citoyen, mais bien de créer et d'assouvir une quantité invraisemblable de désirs.
Il est évident que les réseaux sociaux s'inscrivent dans cette logique. Sur la question du contrôle, c'est aussi un sujet assez copieux. La société ne favorise pas du tout un apprentissage du contrôle de nos désirs et nous éloigne de toute forme d'ascétisme ou de sobriété. C'est a dire de construire a l'échelle individuelle et collective, des système de valeur ou la modération serait vertueuse.
On fait tout le contraire, et pour une seule et "bonne" raison. c'est ce qui permet de faire tourner la machine économique dans une société de consommation, voire d'hyperconsommation. Mettre des enfants dés leur plus jeune age devant une television passant en boucle des dessins animées entrecoupés de publicités pour des sucreries et en quelques générations, on a une épidémie d'obésité.
Vu comment les choses sont entrain de tourner du fait de la crise écologique, on va devoir réapprendre la modération et la sobriété. Et franchement, on a pas idée de la difficulté que ça représente (et pas seulement sur l'économie ou nos systèmes de valeurs). Ceux qui ont déjà eu affaire dans leur vie a un sevrage, on une petite idée du problème. Dire que ce n'est pas agréable a vivre est un doux euphémisme pour parler de la frustration, des douleurs et de la souffrance qui sont sur ce chemin. Mais ça en vaut la peine, parce qu'au bout, on trouve quelque chose qu'on a trop souvent galvaudé dans nos discours : la liberté.
La liberté, ce n'est pas l'illusion de pouvoir assouvir le moindre de ses désirs, mais bien le fait de ne pas en être l'esclave.
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.