• [^] # Re: Réponse de B. Le Maire

    Posté par . En réponse au lien Plus de 200 millionnaires & milliardaires réclament à payer davantage de taxes pour "le bien commun". Évalué à 3.

    L'impôt sur le patrimoine taxe le patrimoine sous toutes (ou la plupart) de ses formes. Ce n'est pas un impôt sur l'argent. Il évalue le patrimoine total (bien immobiliers, produits boursiers, bien immatériels, valeurs mobiliaires, etc). S'il n'est pas plafonné par les revenus, il peut donc t'obliger à vendre ton patrimoine pour le transformer en argent qui te servira à payer tes taxes.

    Dans certains pays d'Europe il existe des taxes sur les comptes bancaires par exemple, qui représentent un impôt sur l'argent. Mais l'idée c'est plutôt d'avoir un taux d'intérêt négatif pour inciter à placer cet argent (à le faire re-rentrer dans l'économie).

    De toutes manières, je ne suis pas en train de porter un jugement moral sur le principe de la spoliation (en fait, je n'ai pas d'avis réel sur la question; le bon moment pour ça serait de toutes manières la succession, mais ça impliquerait l'existence de règles contraignantes pour ce qu'on peut donner et à qui on le donne de son vivant, ce qui reste attentatoire au principe de la propriété). J'essaye juste d'expliquer que c'est complètement illusoire de dire «il suffit de prendre aux riches», parce que non, il ne suffit pas de prendre. Pour une raison ou pour une autre, notre constitution protège assez fortement la propriété: on a le droit constitutionnel d'être riche, on a le droit de faire fructifier son patrimoine pour être encore plus riche, et l'État n'a pas le droit de décider que les riches ont trop de biens et qu'on peut en prendre une partie pour les redistribuer. La seule chose que l'État a le droit de faire, c'est de faire en sorte que les riches deviennent encore plus riches un peu moins vite. Ce que la consitution ne dit pas, c'est à quel point la mondialisation a créé une sorte de concurrence entre États, et que c'est difficile de taxer les riches tout en essayant d'attirer les capitaux. Sans compter que les gouvernants des États développés viennent rarement des classes sociales défavorisées, ce qui les incite peu à essayer de renverser la table...