Oui enfin une critique non fondée, ça n'a pas un grand intérêt si tu veux mon avis.
M'enfin, c'est incroyable ça. JE M'EN FOUS QUE LA CRITIQUE SOIT FONDÉE OU PAS, C'EST PAS LE PROBLÈME. Le problème, c'est que tu prétendais que le type n'avait aucune raison de ne pas aimer la première partie.
C'est FAUX. Le type est peut-être un idiot, ou un climato sceptique, ou quoi que ce soit, mais quand tu disais qu'il était indifférent face à la première partie, c'est FAUX.
Ensuite, on s'en fout si tu penses que la critique est fondée ou pas: tu n'es pas le grand gardien de la légitimité des critiques (surtout quand ta première critique était "c'est dommage de déconseiller ce livre juste à cause de la deuxième partie alors qu'ils n'ont rien à redire sur la première", non seulement une critique non fondée mais mensongère). Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Tu peux ne pas être convaincu par la critique, mais cette critique n'en est pas moins légitime. C'est ridicule de penser que les seules critiques valides sont les critiques avec lesquelles Renault est d'accord.
Faisons un calcul.
Ton calcul n'est pas correct: tu réduits ta consommation de fioul, mais tu augmentes ta consommation d'électricité. Dans ton calcul, tu oublies toutes les considérations sur cet aspect.
Refaisons ton calcul: tu économises sur une année 3,26 tonnes de CO2 en fioul. Mais avec une pompe à chaleur de CoP=3, tu augmentes ta consommation d'électricité de ~2500 kWh par an (1 Litre de fioul correspond à ~10 kWh, soit ~7.5 kWh de chaleur avec une chaudière à 75%, soit 2.5 kWh d'électricité pour la pompe à chaleur). Avec un consommation moyenne de ~4600 kWh par an pour une habitation moyenne, et 50% des ménages qui se chauffe au fossile, cela veut dire une augmentation de la demande d'électricité de plus de 25% pour le résidentiel, soit un besoin d'augmenter la production d'électricité de ~10%.
Dans ses scénarios, pour permettre d'éviter la catastrophe climatique, RTE considère que ton habitation va devoir LÉGÈREMENT DIMINUER sa consommation d'électricité d'ici 2050, tandis que la demande d'électricité totale va elle augmenter à cause du remplacement des énergies fossiles par l'électricité dans les secteurs non-résidentiel (principalement industriel et transport).
Donc, ce qui va se passer, si tout le monde fait comme toi et convertit son chauffage fossile en électricité, c'est qu'on va devoir construire plus de production. Les projections les plus optimistes pour le nucléaire reste un scénario où le nucléaire produit 50% de la production ce qui permet de satisfaire les besoins lorsque le résidentiel diminue légèrement. Si tout le monde fait comme toi, il n'y a aucun scénario où on a les capacités d'augmenter le parc nucléaire à temps pour satisfaire cette demande. On va donc devoir faire une des trois choses:
- arrêter de convertir les énergies fossiles dans les transports ou l'industrie. La conséquence est donc que tu n'as pas économisé 3,26 tonnes de CO2 en fioul par an, tu les as simplement déplacées
- relancer des centrales utilisant l'énergie fossile pour aider à la demande. Même conséquence.
- augmenter le parc du renouvelable. À vrai dire, je doute qu'on puisse à la fois financer du nouveau nucléaire à son maximum et financer encore plus de renouvelable et tout déployer à temps. Mais la partie intéressante, c'est que si on fait ça, on va "installer le solaire sur ton toit" (sauf qu'il ne sera pas mis sur ton toit) et le prix sera répercuté sur ta facture d'électricité. Donc, au final, tu auras payé pour la conversion du fioul et pour tes panneaux solaires.
Je ne connais personne capable de faire tous ces travaux là en même temps. Il y a forcément un calendrier à respecter. L'audit préconise un ordre qui me semble être du bon sens économiquement comme écologiquement, et j'en ai fait le calcul plus haut. Donc explique moi en quoi j'ai tort.
Personne ne prétend qu'il faut tout faire en même temps. Par contre, ton voisin qui a une maison neuve et relativement bien isolée peut installer du solaire maintenant tandis que tu isoles, et plus tard, tu installeras des panneaux solaires. Le but est d'étaler dans le temps le déployement des panneaux solaires (car ils ne peuvent pas être tous déployés la même année, le nombre de main-d'œuvres ou la production étant limitée).
Du coup, oui, quand Jancovici dit que le solaire domestique n'est pas bon pour le climat, c'est FAUX, et quand tu dis qu'ils sont la plus basse priorité, c'est faux aussi. Si on fait comme vous dites, il n'y a aucun moyen d'atteindre les objectifs climatiques.
Alors, mon auditeur lui même a dimensionné mon potentiel photovoltaïque sur base de ma consommation électrique estimée au moment de sa réalisation. Et en discutant dans mon entourage je vois clairement que personne n'installe des panneaux solaires pour couvrir au delà de leur consommation actuelle.
Comme je l'ai dit, le photovoltaïque est dimensioné pour des considérations de prix d'investissement. Donc, oui, la règle de base, c'est "couvrir le plus, avec comme seule limite le budget du client". Après, comme je l'ai dit aussi, cela dépend des conditions de reventes de l'électricité et tout ça. Non seulement tu ne peux donc pas faire de conclusion sur la base de ta maison et de ton entourage qui soit généralisable au pays entier, mais tu ne peux pas non plus prétendre que le même audit ne va pas conseiller des dimensions différentes s'il est fait dans 5 ans, ou s'il avait été fait il y a 5 ans, même si la consommation du domicile est la même.
Concernant l'adaptation du réseau au photovoltaïque, il y a RTE qui mentionne cette problématique au point 11.4 et qu'il faut adapter le réseau pour cela
Mais, de nouveau, le solaire, qu'il soit domestique ou non, est une fatalité. Il n'y a pas de scénario dans lequel la production solaire en France n'est pas multipliée par au moins un facteur SEPT. Les réseaux devront être adaptés, cela fait partie des choses qu'il faut faire si on veut ateindre les objectifs climatiques. Notons que ce rapport dit justement que le solaire domestique n'apporte pas d'inconvénient significatif par rapport au solaire des fermes solaires:
Le développement du photovoltaïque sur toiture peut entraîner des contraintes d’évacuation de production mais en moyenne d’une moindre ampleur que celles induites par le photovoltaïque au sol
Donc, oui, plus on met de solaire sur les toits, moins on doit construire de centrale solaire qu'on doit construire de toute façon si on veut aider le climat.
Engie évoque ce problème des onduleurs qui se mettent en sécurité
On commence à gratter le fond du panier pour trouver des puces aux panneaux solaires. Si on va par là, on pourrait aussi dire que la pompe à chaleur que tu vas installer (et qui est selon toi plus prioritaire) a aussi des problèmes de ce type (j'en ai vu des tonnes, de ces pompes à chaleur qui, pour une raison ou une autre, tournent à plein régime toute la nuit). En réalité, mon boulot consiste, entre autres, à analyser des données récoltées de centaines de maisons où on a installé des pompes à chaleur et des panneaux solaires. Les pannes sont plus fréquentes avec les pompes à chaleur. Donc, en fait, si c'est un bon argument, alors, tu devrais aussi l'appliquer aux pompes à chaleur.
Donc tes experts qui ignorent ces aspects là je trouve cela fort étonnant.
Euh ? Non. Mes experts (et moi-même) sommes régulièrement confrontés à ça. Cela ne change pas le fait que sans les panneaux solaires, on a un gros problème de demande lorsqu'on convertit le chauffage en électricité. Et que par conséquent, il faut installer du solaire. Et que par conséquent, si le solaire peut être installé maintenant, il faut le faire, et surtout pas dire comme Jancovici que "ça sert à rien, ça remplace le nucléaire": c'est faux, ça remplace le fossile qu'il faudra utiliser pour couvrir l'augmentation de production si on ne le déploie pas.
Voir plus haut sur ce que l'audit et moi en pense : calendrier !
J'ai participé à la création de tel calendrier, et ce que tu dis est faux. Par exemple, pour une compagnie qui gère des milliers d'habitations, les travaux pour les panneaux solaires sont répartis uniformément de "maintenant" à "2045", avec des installations de solaire en 2023 tandis que des travaux d'isolation pour des habitations d'efficacité énergétique identique ont lieu jusqu'en 2039. Le calendrier est au cas par cas, ton expérience anecdotique (et celle de tes voisins) ne permet pas de généraliser.
Je ne demande pas ton nom ou ton entreprise, mais tu parles d'expert que tu fréquentes mais on ignore leur job actuel, le contexte, et les publications. Il y a bien des rapports ou articles disponibles gratuitement qui ne permettent pas de faire le lien avec toi, non ?
Déjà, dans une même compagnie, j'ai participé à plusieurs rapports, et si on compare la liste d'auteurs (parfois juste moi et un collaborateur), on trouve immédiatement le nom qui revient. Ensuite, j'ai travaillé dans plusieurs compagnies, et là, c'est encore plus facile de me trouver en comparant la liste des employés sur certaines pages publiques. Finalement, il y a d'autres éléments auxquels tu n'as pas pensé (exemple: si le rapport est international, les auteurs n'ont pas tous un nom francophone, ce qui est quand même un gros indice).
Pour plus de détails: j'ai travaillé avec des chercheurs universitaires (UCL Energy Institute, TU Berlin, ...), des compagnies productrices d'électricité, des compagnies distributrices d'électricité, des personnes travaillant sur la modélisation de la chaleur dans les bâtiments, des personnes travaillant sur la modélisation des réseaux électriques, des auditeurs et des spécialistes de l'efficacité énergétique domestique, et des organes gouvernementaux qui ont commandé des études et des mises à l'essai expérimentales.
je dis juste que tu affirmes beaucoup en reposant sur cet argument pour te donner une légitimité mais que tu ne donnes aucune preuve tangible de ce que tu avances.
Mais ... n'est-ce pas ce que tu fais à la puissance dix ? Non seulement tu prétends que c'est "la réalité du terrain", mais en plus, contrairement à moi, tu n'expliques même pas comment tu es placé pour connaitre cette réalité du terrain, et tes seuls exemples sont "un auditeur une fois m'a dit" ou "mes voisins", ce qui est loin de te donner une quelconque légitimité.
Mais je ne cache pas que je ne suis pas un expert du domaine, je l'ai déjà dit. Et je n'utilise pas ce statut pour dire à quiconque que je pense mieux que d'autres. Je suis ouvert et j'ai lu des ressources, et je suis prêt à continuer.
Oui, donc, il y a une forte probabilité que quand je dis "c'est bizarre, j'ai vu le discours inverse autour de moi de la part de personnes qui bossent sur ce sujet depuis des années", la réalité est qu'effectivement, c'est le cas et le discours de Jancovici est effectivement opposé au consensus scientifique.
La différence entre toi et moi, je ne te considère pas comme un menteur, mais je veux des éléments plus tangibles que "au café ou à des conférences on m'a dit que c'était faux".
C'est une blague ? TOUTES TES AFFIRMATIONS se basent sur ça. Au mieux, tu me montres des documents que je connais déjà et dont j'ai discuté avec des experts qui sont tellement qualifiés qu'ils ont écrit des rapports similaires et qui m'ont dit l'inverse de ce que tu dis (et dont le contenu du document ne prouve pas ce que tu dis non plus).
Tu ne peux à la fois me reprocher de ne pas avoir de légitimité pour avoir dit "je fais partie du secteur" sans plus de détails et en même temps de ton côté expliquer que tu as zéro légitimité mais que c'est pas un problème et que ton avis vaut le mien.
Si ton avis est pertinent alors qu'il a très peu de légitimité, pourquoi remets-tu en cause mon avis ? Au pire, je suis juste comme toi: j'ai lu des trucs, j'ai regardé autour de moi, et mon avis est tout aussi pertinent que le tien. Sauf que ce n'est pas le cas, et qu'entre mon avis sur l'opinion des gens dont c'est le métier et ton avis, le mien est quand même plus fiable.
Tu inventes une discussion. Je parlais du présent immédiat et tu dis que j'affirme que cela ne sert à rien du tout. Ce n'est pas ce que je pense, et tu le sais car j'insiste dessus. Mais bon manifestement tu t'en fou.
Le présent immédiat est qu'il faut augmenter la capacité du solaire. Il n'y a aucun scénario qui dit "on va devoir multiplier le solaire par sept, mais attendons 2047 pour commencer, c'est bien connu qu'installer sept fois plus de capacité que ce qu'on a été capable d'installer les dix dernières années, ça se fait les doigts dans le nez en 3 ans".
Si on dit "aujourd'hui le solaire n'est pas une bonne chose pour le climat" ou même "n'est pas la meilleure chose à faire pour le climat", cela implique qu'on est en retard pour le déploiement du solaire. Cela ne veut pas dire que TOI, dans TA maison, tu dois payer le solaire MAINTENANT (tu dois faire ce qui est le mieux pour ton cas spécifique). Par contre, cela veut dire que CERTAINS doivent installer du solaire maintenant, et c'est pour ça que quand Jancovici dit publiquement qu'installer du solaire n'aide pas le climat, c'est une contre-vérité dangereuse: il envoie le mauvais message à ceux qui peuvent installer maintenant (et il dit ça à quelqu'un sans même connaître son pathway énergétique).
Voilà, moi j'imagine, et tu veux débattre sainement ?
Donc, si tu n'imagines pas, que fais tu ? Tu n'as toujours pas répondu à ma question: comment connais-tu la réalité du terrain ? Quels sont les professionnels du secteurs, en nombre suffisant pour avoir une idée représentative, que tu as côtoyés correctement ?
Bon, où tu vois que les installations solaires couvrent tout le toit en pratique ? Où tu vois que les onduleurs ne coupent jamais car le réseau ne peut pas tenir la charge ? Où tu as vu que le solaire maintenant et isolation après c'est plus efficace que l'inverse ? (ou équivalent)
Les installations solaires ne couvrent pas tout le toit, et personne n'a prétendu le contraire. Ce que j'ai dit, c'est que lorsqu'on considère une installation solaire pour diminuer l'impact carbone, la règle, c'est: on commence par considérer le maximum installable (qui ne couvre jamais tout le toit, il faut respecter les normes et distance d'installation) et on diminue en fonction de ce que le client veut + des autres circonstances financières (mais pas climatique: pour le climat, mieux vaut installer plus).
Les onduleurs se coupent parfois, et personne n'a prétendu le contraire. Ce que j'ai dit, c'est que le solaire domestique, bien que les onduleurs se coupent parfois, reste malgré ça une bonne chose pour le climat (tout comme les pompes à chaleur).
Le solaire ne doit pas être fait systèmatiquement maintenant et l'isolation après, et personne n'a prétendu le contraire. Ce que j'ai dit, c'est que le solaire reste un gain pour le climat même s'il est fait après, et que le calendrier dépend au cas par cas, et que dans certains cas, le solaire est installé immédiatement, et parfois pas (l'ordre a de l'importance, mais ne signifie pas que le dernier est moins important pour le climat).
D'où le fait que les affirmations de Jancovici sont surprenantes: il ne dit pas que le solaire doit être fait en dernier, ou même fait plus tard quand le réseau a changé (ce qui est déjà incorrect: les installations doivent démarrer maintenant), il dit "le solaire ne fait que remplacer le nucléaire qui est décarboné", sans même savoir si cette personne a une maison déjà isolée, sans même considérer que si on ne déploie pas à partir de maintenant, on n'arrivera jamais à maintenir la production sans soit ouvrir de nouvelle centrales fossiles soit freiner l'électrification d'autres filières.
Il n'induit rien en erreur, il y a forcément de l'incertitude, mais il faut se préparer au cas où, car la visibilité n'est pas suffisante. Et si rien n'est fait, on y sera probablement confronté rapidement. Je ne vois pas la tromperie dedans.
Il répète toutes les thèses d'une théorie qui a été abandonnée sur le lien entre PIB et pétrole.
Il dit explicitement, page 98, "l'agence internationale de l'énergie nous a dit qu'en 2008 la production mondiale a passé son pic, il ne nous reste plus que le shale" qu'il a décrit comme incapable de tenir la longueur. Cela est soit malhonnête, soit vraiment de l'incompétence crasse au niveau pédagogique. C'est clairement difficile pour le lecteur (moi compris, bien sûr) de lire ça et de ne pas en conclure qu'on a déjà commencer à tourner en roue libre. Il aurait pu dire clairement vérité: "la position du pic du pétrole est controversée et pourrait même ne pas avoir lieu avant des décennies, ne pas avoir lieu du tout avant qu'on soit tous crâmé (comme pour le charbon voir plus loin), mais l'agence internationale de l'énergie nous a dit qu'en 2008 ...".
Après, peut-être que TOI tu ne vois pas le problème, mais tu n'es pas le grand gardien qui décide quels sont les critiques fondées ou non fondées. Il faut grandir un peu et accepter que s'il y a autant de réactions sur ce bouquin, y compris la première partie (que tu trouves ces critiques fondées ou non n'y change rien), c'est bien qu'il y a des choses mal foutues dedans.
En quoi la théorie du pic pétrolier n'est pas fiable ?
La théorie qui n'est pas fiable est la corrélation du PIB et de la consommation de pétrole. J'ai dit à plusieurs reprises que personne ne disait qu'il n'y avait pas de pic pétrolier, et tu le sais car j'insiste dessus. Mais bon manifestement tu t'en fous.
[^] # Re: Cette « critique », c’est un déluge de tous les faux arguments anti-nucléaires déjà débunkés
Posté par j-c_32 . En réponse au lien Une critique poussée de la BD "Le monde sans fin" de Blain et Jancovici (nucléaire mais pas que). Évalué à -3.
M'enfin, c'est incroyable ça. JE M'EN FOUS QUE LA CRITIQUE SOIT FONDÉE OU PAS, C'EST PAS LE PROBLÈME. Le problème, c'est que tu prétendais que le type n'avait aucune raison de ne pas aimer la première partie.
C'est FAUX. Le type est peut-être un idiot, ou un climato sceptique, ou quoi que ce soit, mais quand tu disais qu'il était indifférent face à la première partie, c'est FAUX.
Ensuite, on s'en fout si tu penses que la critique est fondée ou pas: tu n'es pas le grand gardien de la légitimité des critiques (surtout quand ta première critique était "c'est dommage de déconseiller ce livre juste à cause de la deuxième partie alors qu'ils n'ont rien à redire sur la première", non seulement une critique non fondée mais mensongère). Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Tu peux ne pas être convaincu par la critique, mais cette critique n'en est pas moins légitime. C'est ridicule de penser que les seules critiques valides sont les critiques avec lesquelles Renault est d'accord.
Ton calcul n'est pas correct: tu réduits ta consommation de fioul, mais tu augmentes ta consommation d'électricité. Dans ton calcul, tu oublies toutes les considérations sur cet aspect.
Refaisons ton calcul: tu économises sur une année 3,26 tonnes de CO2 en fioul. Mais avec une pompe à chaleur de CoP=3, tu augmentes ta consommation d'électricité de ~2500 kWh par an (1 Litre de fioul correspond à ~10 kWh, soit ~7.5 kWh de chaleur avec une chaudière à 75%, soit 2.5 kWh d'électricité pour la pompe à chaleur). Avec un consommation moyenne de ~4600 kWh par an pour une habitation moyenne, et 50% des ménages qui se chauffe au fossile, cela veut dire une augmentation de la demande d'électricité de plus de 25% pour le résidentiel, soit un besoin d'augmenter la production d'électricité de ~10%.
Dans ses scénarios, pour permettre d'éviter la catastrophe climatique, RTE considère que ton habitation va devoir LÉGÈREMENT DIMINUER sa consommation d'électricité d'ici 2050, tandis que la demande d'électricité totale va elle augmenter à cause du remplacement des énergies fossiles par l'électricité dans les secteurs non-résidentiel (principalement industriel et transport).
Donc, ce qui va se passer, si tout le monde fait comme toi et convertit son chauffage fossile en électricité, c'est qu'on va devoir construire plus de production. Les projections les plus optimistes pour le nucléaire reste un scénario où le nucléaire produit 50% de la production ce qui permet de satisfaire les besoins lorsque le résidentiel diminue légèrement. Si tout le monde fait comme toi, il n'y a aucun scénario où on a les capacités d'augmenter le parc nucléaire à temps pour satisfaire cette demande. On va donc devoir faire une des trois choses:
- arrêter de convertir les énergies fossiles dans les transports ou l'industrie. La conséquence est donc que tu n'as pas économisé 3,26 tonnes de CO2 en fioul par an, tu les as simplement déplacées
- relancer des centrales utilisant l'énergie fossile pour aider à la demande. Même conséquence.
- augmenter le parc du renouvelable. À vrai dire, je doute qu'on puisse à la fois financer du nouveau nucléaire à son maximum et financer encore plus de renouvelable et tout déployer à temps. Mais la partie intéressante, c'est que si on fait ça, on va "installer le solaire sur ton toit" (sauf qu'il ne sera pas mis sur ton toit) et le prix sera répercuté sur ta facture d'électricité. Donc, au final, tu auras payé pour la conversion du fioul et pour tes panneaux solaires.
Personne ne prétend qu'il faut tout faire en même temps. Par contre, ton voisin qui a une maison neuve et relativement bien isolée peut installer du solaire maintenant tandis que tu isoles, et plus tard, tu installeras des panneaux solaires. Le but est d'étaler dans le temps le déployement des panneaux solaires (car ils ne peuvent pas être tous déployés la même année, le nombre de main-d'œuvres ou la production étant limitée).
Du coup, oui, quand Jancovici dit que le solaire domestique n'est pas bon pour le climat, c'est FAUX, et quand tu dis qu'ils sont la plus basse priorité, c'est faux aussi. Si on fait comme vous dites, il n'y a aucun moyen d'atteindre les objectifs climatiques.
Comme je l'ai dit, le photovoltaïque est dimensioné pour des considérations de prix d'investissement. Donc, oui, la règle de base, c'est "couvrir le plus, avec comme seule limite le budget du client". Après, comme je l'ai dit aussi, cela dépend des conditions de reventes de l'électricité et tout ça. Non seulement tu ne peux donc pas faire de conclusion sur la base de ta maison et de ton entourage qui soit généralisable au pays entier, mais tu ne peux pas non plus prétendre que le même audit ne va pas conseiller des dimensions différentes s'il est fait dans 5 ans, ou s'il avait été fait il y a 5 ans, même si la consommation du domicile est la même.
Mais, de nouveau, le solaire, qu'il soit domestique ou non, est une fatalité. Il n'y a pas de scénario dans lequel la production solaire en France n'est pas multipliée par au moins un facteur SEPT. Les réseaux devront être adaptés, cela fait partie des choses qu'il faut faire si on veut ateindre les objectifs climatiques. Notons que ce rapport dit justement que le solaire domestique n'apporte pas d'inconvénient significatif par rapport au solaire des fermes solaires:
Donc, oui, plus on met de solaire sur les toits, moins on doit construire de centrale solaire qu'on doit construire de toute façon si on veut aider le climat.
On commence à gratter le fond du panier pour trouver des puces aux panneaux solaires. Si on va par là, on pourrait aussi dire que la pompe à chaleur que tu vas installer (et qui est selon toi plus prioritaire) a aussi des problèmes de ce type (j'en ai vu des tonnes, de ces pompes à chaleur qui, pour une raison ou une autre, tournent à plein régime toute la nuit). En réalité, mon boulot consiste, entre autres, à analyser des données récoltées de centaines de maisons où on a installé des pompes à chaleur et des panneaux solaires. Les pannes sont plus fréquentes avec les pompes à chaleur. Donc, en fait, si c'est un bon argument, alors, tu devrais aussi l'appliquer aux pompes à chaleur.
Euh ? Non. Mes experts (et moi-même) sommes régulièrement confrontés à ça. Cela ne change pas le fait que sans les panneaux solaires, on a un gros problème de demande lorsqu'on convertit le chauffage en électricité. Et que par conséquent, il faut installer du solaire. Et que par conséquent, si le solaire peut être installé maintenant, il faut le faire, et surtout pas dire comme Jancovici que "ça sert à rien, ça remplace le nucléaire": c'est faux, ça remplace le fossile qu'il faudra utiliser pour couvrir l'augmentation de production si on ne le déploie pas.
J'ai participé à la création de tel calendrier, et ce que tu dis est faux. Par exemple, pour une compagnie qui gère des milliers d'habitations, les travaux pour les panneaux solaires sont répartis uniformément de "maintenant" à "2045", avec des installations de solaire en 2023 tandis que des travaux d'isolation pour des habitations d'efficacité énergétique identique ont lieu jusqu'en 2039. Le calendrier est au cas par cas, ton expérience anecdotique (et celle de tes voisins) ne permet pas de généraliser.
Déjà, dans une même compagnie, j'ai participé à plusieurs rapports, et si on compare la liste d'auteurs (parfois juste moi et un collaborateur), on trouve immédiatement le nom qui revient. Ensuite, j'ai travaillé dans plusieurs compagnies, et là, c'est encore plus facile de me trouver en comparant la liste des employés sur certaines pages publiques. Finalement, il y a d'autres éléments auxquels tu n'as pas pensé (exemple: si le rapport est international, les auteurs n'ont pas tous un nom francophone, ce qui est quand même un gros indice).
Pour plus de détails: j'ai travaillé avec des chercheurs universitaires (UCL Energy Institute, TU Berlin, ...), des compagnies productrices d'électricité, des compagnies distributrices d'électricité, des personnes travaillant sur la modélisation de la chaleur dans les bâtiments, des personnes travaillant sur la modélisation des réseaux électriques, des auditeurs et des spécialistes de l'efficacité énergétique domestique, et des organes gouvernementaux qui ont commandé des études et des mises à l'essai expérimentales.
Mais ... n'est-ce pas ce que tu fais à la puissance dix ? Non seulement tu prétends que c'est "la réalité du terrain", mais en plus, contrairement à moi, tu n'expliques même pas comment tu es placé pour connaitre cette réalité du terrain, et tes seuls exemples sont "un auditeur une fois m'a dit" ou "mes voisins", ce qui est loin de te donner une quelconque légitimité.
Oui, donc, il y a une forte probabilité que quand je dis "c'est bizarre, j'ai vu le discours inverse autour de moi de la part de personnes qui bossent sur ce sujet depuis des années", la réalité est qu'effectivement, c'est le cas et le discours de Jancovici est effectivement opposé au consensus scientifique.
C'est une blague ? TOUTES TES AFFIRMATIONS se basent sur ça. Au mieux, tu me montres des documents que je connais déjà et dont j'ai discuté avec des experts qui sont tellement qualifiés qu'ils ont écrit des rapports similaires et qui m'ont dit l'inverse de ce que tu dis (et dont le contenu du document ne prouve pas ce que tu dis non plus).
Tu ne peux à la fois me reprocher de ne pas avoir de légitimité pour avoir dit "je fais partie du secteur" sans plus de détails et en même temps de ton côté expliquer que tu as zéro légitimité mais que c'est pas un problème et que ton avis vaut le mien.
Si ton avis est pertinent alors qu'il a très peu de légitimité, pourquoi remets-tu en cause mon avis ? Au pire, je suis juste comme toi: j'ai lu des trucs, j'ai regardé autour de moi, et mon avis est tout aussi pertinent que le tien. Sauf que ce n'est pas le cas, et qu'entre mon avis sur l'opinion des gens dont c'est le métier et ton avis, le mien est quand même plus fiable.
Le présent immédiat est qu'il faut augmenter la capacité du solaire. Il n'y a aucun scénario qui dit "on va devoir multiplier le solaire par sept, mais attendons 2047 pour commencer, c'est bien connu qu'installer sept fois plus de capacité que ce qu'on a été capable d'installer les dix dernières années, ça se fait les doigts dans le nez en 3 ans".
Si on dit "aujourd'hui le solaire n'est pas une bonne chose pour le climat" ou même "n'est pas la meilleure chose à faire pour le climat", cela implique qu'on est en retard pour le déploiement du solaire. Cela ne veut pas dire que TOI, dans TA maison, tu dois payer le solaire MAINTENANT (tu dois faire ce qui est le mieux pour ton cas spécifique). Par contre, cela veut dire que CERTAINS doivent installer du solaire maintenant, et c'est pour ça que quand Jancovici dit publiquement qu'installer du solaire n'aide pas le climat, c'est une contre-vérité dangereuse: il envoie le mauvais message à ceux qui peuvent installer maintenant (et il dit ça à quelqu'un sans même connaître son pathway énergétique).
Donc, si tu n'imagines pas, que fais tu ? Tu n'as toujours pas répondu à ma question: comment connais-tu la réalité du terrain ? Quels sont les professionnels du secteurs, en nombre suffisant pour avoir une idée représentative, que tu as côtoyés correctement ?
Les installations solaires ne couvrent pas tout le toit, et personne n'a prétendu le contraire. Ce que j'ai dit, c'est que lorsqu'on considère une installation solaire pour diminuer l'impact carbone, la règle, c'est: on commence par considérer le maximum installable (qui ne couvre jamais tout le toit, il faut respecter les normes et distance d'installation) et on diminue en fonction de ce que le client veut + des autres circonstances financières (mais pas climatique: pour le climat, mieux vaut installer plus).
Les onduleurs se coupent parfois, et personne n'a prétendu le contraire. Ce que j'ai dit, c'est que le solaire domestique, bien que les onduleurs se coupent parfois, reste malgré ça une bonne chose pour le climat (tout comme les pompes à chaleur).
Le solaire ne doit pas être fait systèmatiquement maintenant et l'isolation après, et personne n'a prétendu le contraire. Ce que j'ai dit, c'est que le solaire reste un gain pour le climat même s'il est fait après, et que le calendrier dépend au cas par cas, et que dans certains cas, le solaire est installé immédiatement, et parfois pas (l'ordre a de l'importance, mais ne signifie pas que le dernier est moins important pour le climat).
D'où le fait que les affirmations de Jancovici sont surprenantes: il ne dit pas que le solaire doit être fait en dernier, ou même fait plus tard quand le réseau a changé (ce qui est déjà incorrect: les installations doivent démarrer maintenant), il dit "le solaire ne fait que remplacer le nucléaire qui est décarboné", sans même savoir si cette personne a une maison déjà isolée, sans même considérer que si on ne déploie pas à partir de maintenant, on n'arrivera jamais à maintenir la production sans soit ouvrir de nouvelle centrales fossiles soit freiner l'électrification d'autres filières.
Il répète toutes les thèses d'une théorie qui a été abandonnée sur le lien entre PIB et pétrole.
Il dit explicitement, page 98, "l'agence internationale de l'énergie nous a dit qu'en 2008 la production mondiale a passé son pic, il ne nous reste plus que le shale" qu'il a décrit comme incapable de tenir la longueur. Cela est soit malhonnête, soit vraiment de l'incompétence crasse au niveau pédagogique. C'est clairement difficile pour le lecteur (moi compris, bien sûr) de lire ça et de ne pas en conclure qu'on a déjà commencer à tourner en roue libre. Il aurait pu dire clairement vérité: "la position du pic du pétrole est controversée et pourrait même ne pas avoir lieu avant des décennies, ne pas avoir lieu du tout avant qu'on soit tous crâmé (comme pour le charbon voir plus loin), mais l'agence internationale de l'énergie nous a dit qu'en 2008 ...".
Après, peut-être que TOI tu ne vois pas le problème, mais tu n'es pas le grand gardien qui décide quels sont les critiques fondées ou non fondées. Il faut grandir un peu et accepter que s'il y a autant de réactions sur ce bouquin, y compris la première partie (que tu trouves ces critiques fondées ou non n'y change rien), c'est bien qu'il y a des choses mal foutues dedans.
La théorie qui n'est pas fiable est la corrélation du PIB et de la consommation de pétrole. J'ai dit à plusieurs reprises que personne ne disait qu'il n'y avait pas de pic pétrolier, et tu le sais car j'insiste dessus. Mais bon manifestement tu t'en fous.