• [^] # Re: Quelqu'un saurait m'expliquer ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Fin du support logiciel sur le Fairphone 2 (mars 2023). Évalué à 5.

    mais la seule conclusion logique qui semble s'en dégager est que seule une gestion autoritaire ou monopolistique permettrait de gérer efficacement le problème.

    Pas du tout. Typiquement j'ai pointé des exemples concrets de ce qui peut être fait pour simplifier cela.
    Il faut faire en sorte de faciliter les montés de version. Par la collaboration aux projets en amont, genre Qualcomm qui essaye de pousser un max dans le noyau Linux officiel. Les industriels qui essayent d'avoir une bonne pratique de collaboration pour notamment maintenir certaines bibliothèques ou pièces maitresses pendant une certaine durée, etc.

    De toute façon même dans le cas de Microsoft la situation n'est pas triviale non plus. Il y a un écosystème autour de Windows, que ce soit matériel ou logiciel, la compatibilité ascendante à maintenir, etc. Ce n'est pas une solution miracle, mais ça demande des actions et un minimum de concertation et de collaboration.

    Et à la fin les produits seront plus chers. C'est inévitable. Le téléphone bas de gamme n'a pas beaucoup d'avenir pour un suivi à long terme de qualité. Ou il faut passer à un modèle de mises à jour payantes.

    Pas besoin de gérer les anciennes versions, pas besoin de patcher, la montée des versions se fait de manière synchronisée avec l'OS, et de toutes manières à quoi bon boucher les trous des vieilles versions des logiciels quand ces versions tournent sur un OS obsolète et troué?

    Windows a une bonne compatibilité ascendante dans l'ensemble. En particulier depuis Vista.
    Certaines applications devaient s'adapter, en particulier les pilotes, mais ce n'était pas nécessaire pour tout le monde. Cela dépendait parfois aussi du lien avec le système, plus tu en étais indépendant, moins c'était nécessaire.

    Bah du coup on ne contrôle même plus les mises à jour des zillions de dépendances de chaque logiciel. C'est comme considérer que l'amputation est une solution à un problème de cor au pied : en effet, le problème a disparu.

    Pas forcément.

    Cela permet en effet de garder une application non maintenue en vie, ce qui est parfois utile pour certains utilisateurs le temps de trouver une alternative.

    Mais cela permet aussi de réduire le couplage entre eux avec les soucis associés. Faire en sorte que des milliers de logiciels utilisent la même version de OpenSSL en même temps est une tâche difficile, car les développeurs de ces logiciels ont rarement testé la même version durant leur développement. Et parfois il y a des régressions ou incompatibilités. Du coup la distro passe derrière pour patcher tout ce beau monde mais c'est beaucoup d'efforts et temps consacré à une tâche finalement ingrate et imparfaite.

    En autorisant le fait que ce soit chacun sa version, on garde en commun ce qui est possible (en tout cas avec les runtimes de Flatpak), on peut les mettre dans un bac à sable pour réduire l'impact d'un soucis de sécurité, et on laisse au développeur principal de garantir la compatibilité avec une version plus récente. En gros tu permets de déléguer la tâche dévolue partiellement aux distro aux développeurs eux mêmes. Et tu peux faciliter la coopération. Demain ma Fedora elle peut exécuter un Flatpak un programme tiers testé et validé sous Ubuntu. Et je l'importe tel quel. Tu peux en gros créer un super dépôt commun des applications hauts niveaux ce qui évite que chacun fasse et refasse le même travail dans son coin. Un peu comme systemd a permis de nettoyé un peu les jungle des scripts init à son époque et de standardiser certains comportements du système.

    Ce n'est donc pas une solution technique qui consiste à cacher le problème sous le tapis, cela répond réellement à ce genre de difficultés. Car il n'y a pas 20 000 solutions, et aucune d'elle n'est parfaite.