• [^] # Re: La part réelle du nucléaire dans le bouquin

    Posté par . En réponse au lien Erratum pour «Le monde sans fin» : Dargaud piégé par des activistes. Évalué à 4.

    Merci beaucoup pour ta réponse à la fois pertinente et très argumentée. C'est toujours intéressant d'avoir le point de vue de quelqu'un de l'intérieur.

    Sur les points où nos opinions semble diverger, il y a quand même un point de convergence. Sur Jancovici, je suis le personnage depuis une vingtaine d'année, et j'avoue que je suis assez d'accord avec certaines de tes remarques à son sujet.

    J'apprécie quand même Jancovici sur 2 points, l'un concerne son travail de vulgarisation au sujet du changement climatique et de l'énergie. Même si ce travail est surement contestable sur certains point, il fait parti des gens qui se sont mobilisé très tôt sur cette question, et qui ont fourni un important travail de vulgarisation. Au debut des années 2000, le sujet n'occupait pas la place assez centrale qu'il occupe actuellement, du moins sur internet et les médias grand public, et le site de Jancovici et ses conférences était quasi incontournable quand on cherchait de la vulgarisation sur la question. Sinon, il fallait se coltiner les rapport du GIEC ou essayer de suivre et de démêler les COP, ce qui était loin d'être évident.

    L'autre point, tiens sur la forme. Mais ça, c'est très contestable. J'ai un coté punk refoulé. Et Jancovici, avec sa façon complétement pétée d'aborder ces problématiques est truculente. Il faut le voir pour le croire. Par exemple, récemment dans une conférence devant un parterre de financier : Jean-Marc Jancovici : «Il n’y a pas d’alternative à une récession dure» vers 25:00 il se fout littéralement de leur gueule en leur demandant si ils sont allé a la COP en kayak de mer.

    J'avoue, le sale garnement, amateur de provoc, qui sommeille au fond de moi se réjouit du spectacle. Et il est coutumier du fait. Par exemple aussi avec l'histoire du Kinder Bueno qui a défrayé la chronique récemment. Ce n'est pas du tout de la bonne communication, c'est largement contre-productif, et comme tu le relève, ça finit par se retourner contre lui. Mais il n'en a cure. Il est comme ça, et dans ce monde de la communication contrôlée ou on manipule des éléments de langage, dans les couloirs feutrés des ministères, des institutions financières, et des grandes entreprises, ce genre d'electron libre qui dit franco ce qu'il pense, même si ce n'est pas toujours très rigoureux, voir quelque fois complétement pété, ben, j'avoue, j'en retire un certain plaisir coupable. (mais je comprend très bien que ça peut agacer, hein)

    Pour en revenir au fond, le plus productif serait de développer non pas une critique du discours de Jancovici, ça finirait simplement par en rajouter dans ce cirque médiatique en focalisant le problème sur sa personne, ce qui a au final assez peu d'intérêt. Il faudrait plutôt de le faire vis a vis des rapports que son think tank produit.

    Je sais qu'ici les gens ont été très critique, par exemple, vis à vis du rapport que le shift avait sorti sur l'impact énergétique du numérique, et cette critique là est salutaire. Si le travail que le shift fait est à mon avis important, la critique de celui-ci l'est tout autant, si elle fondée et constructive.

    Si on s'intéresse quand même au personnage, j'ai le souvenir d'une interview intéressante sur un podcast où il revient sur son parcours et sa "philosophie" : Présages #1 - Jean Marc Jancovici : énergie et effondrement.

    ça permet de relativiser un peu et de comprendre que son attitude de communication quelque fois contre-productive est surtout là pour répondre à un problème : dans l'enfer médiatique dans lequel on baigne en permanence, il faut défrayer la chronique et faire un peu de provoc si on veut avoir la moindre chance d'être entendu. C'est tragique, mais les discours intelligent, nuancés et posés, sont systématiquement (et j'insiste bien sur le caractère systémique du phénomène) ignorés.

    Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.