• [^] # Re: La part réelle du nucléaire dans le bouquin

    Posté par . En réponse au lien Erratum pour «Le monde sans fin» : Dargaud piégé par des activistes. Évalué à 10.

    Oui, c'est ça qui est très étonnant. Lorsqu'on évoque le problème de l'énergie, en particulier dans notre pays, on le ramène souvent a la question de l'électricité et en particulier de la part du nucléaire dans sa production. Et c'est la malédiction de Jancovici. Depuis le début, son propos, celui du think tank qu'il dirige, le Shift Project, et son entreprise Carbone 4 sont dirigé contre l'utilisation des énergies fossiles, son impact sur le cycle du carbone et le changement climatique et pas seulement dans la production d'électricité, et le nucléaire n'y est qu'une question plutôt accessoire.

    Le shift produit des rapports passionnants sur le pétrole et le gaz par exemple, dont personne ne parle :

    « Gaz naturel : quels risques d'approvisionnement pour l'Union européenne ? »

    Pétrole : l'Union européenne va t-elle en manquer ? - 25/06/2020

    Pour en revenir a cette histoire de lobbying, c'est aussi très étonnant de mettre en avant le lobby pro nucléaire. Je ne met pas en doute l'existence de groupe d'intérêt associé au secteur nucléaire en France, mais par contre, je met en doute son efficacité.

    Si il est si puissant, comment est-ce possible d'assister à un tel démantèlement de l'industrie nucléaire dans notre pays ?

    Si on creuse un peu, on s'aperçoit que les raisons sous jacente a l'abandon du nucléaire sont plutôt lié a libéralisation du marché de l'électricité. L'industrie nucléaire, nécessitant une forte implication de l'état et une planification sur le long terme n'est pas vraiment compatible avec la vision d'un marché de l'électricité où règne la sainte concurrence libre et non faussée aux mains d'acteurs privés.

    Et si on creuse encore plus, on trouve que les investissements dans les énergies renouvelables pour la production électrique sont en partie pilotés par les acteurs historique des énergies fossiles, pétrole et gaz, comme Total ou Engie.

    Et si on conçoit assez bien l'existence de groupe de pression pro-nucléaire au niveau des instances politiques de l'état français ou de l'Europe, on imagine aussi assez bien qu'il puisse y avoir aussi des acteurs provenant du secteur fossile. Et du coup, en terme d'efficacité de ce lobbying fossile, là, on ne peut pas vraiment mettre en doute leur efficacité, vu la libéralisation du marché qui fait plutôt leur affaire que celle du secteur nucléaire.

    D'ailleurs, la dernière affaire en date au parlement européen où des parlementaires se sont retrouvé pris la main dans le sac (de billet) en provenance vraisemblablement du Qatar qui est un des plus importants fournisseurs de gaz fossile dans le monde aurait tendance à appuyer là où ça fait mal. Sur la liste des pays fournisseurs d'énergie fossile à l'Europe, on retrouve des gens fort sympathique, comme Vladimir Poutine ou Mohamed Ben Salmane. Un monde merveilleux, qu'on ne saurait soupçonnée de corruption, de lobbying et autre manipulation et coup tordus aux services de leurs intérêts.

    Note que le plus étonnant dans cette affaire, c'est qu'on peut analyser l'évolution du marché de l'énergie en mettant de coté toute considération réellement écologique, en prenant en compte uniquement la question géopolitique, industrielle et économique. De ce point de vue, la dimension écolo sert juste de paravent à des manoeuvres dont l'objectif n'a finalement peu à voir avec l'écologie.

    Il s'agit essentiellement de permettre a une industrie des energies fossiles de se reconvertir en perdant le moins d'argent possible, voire même en gagnant de nouveau marché, face a une double menace, l'apparition de régulation "carbone" du fait de la dérive climatique qu'il devient de moins en moins possible de nier et la raréfaction des ressources fossiles.

    Au passage, on hésitera pas à vendre des armes à nos amis et partenaires Qatari et Saoudiens, et célébrer avec eux les vertus morales du sport de haut niveau tout en fermant les yeux sur leur conception quelque peu rétrograde des droits humains.

    Mais, oublions tout ça, le vrai problème, c'est évidement celui posé par l'énergie nucléaire. (sic).

    Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.