Je trouve que ce commentaire mérite beaucoup de nuances.
Premièrement, le commentaire auquel tu réponds parle évidemment dans le contexte Français, et il faut évidemment entendre "aucun démantèlement de centrale française n'a été effectué". Ce qui est vrai. Et répondre en sous-entendant que ton interlocuteur ignore les réponses précédentes ou dit des choses incorrectes (ce qui est faux dans les deux cas) ne permet pas une discussion sereine.
Deuxièmement, je trouve qu'il est extrêmement difficile de nier que les coûts des démantèlements sont accompagnés de très grandes incertitudes (ce qui, en Français, est habituellement exprimé par "on en sait rien", même si, évidemment, une fourchette existe (au pire: entre 0 et 1042 euros)). Cette incertitude est démontrée par le nombre d'études et rapports sur le sujet, qui donnent tous des incertitudes très larges et arrivent parfois à des conclusions assez différentes. Ce n'est pas surprenant, le démantèlement d'une centrale nucléaire est totalement différent d'un démantèlement traditionnel.
Finalement, oui, on va bénéficier des leçons tirées d'autres démantèlement, aux USA par exemple. Mais il faut aussi souligner que 1) seuls certains éléments sont publiques, une partie du processus et de ses détails fait partie du savoir-faire des acteurs qui ont participé au démantèlement et qui ne souhaitent pas les partager avec leurs potentiels concurrents, 2) certains coûts sont liés à des caractéristiques des différents secteurs aux USA, et il n'est pas évident de savoir comment ces coûts se traduisent en France, 3) les contraintes sont également différentes, vu que les législations sont différentes. Bref, ça aide, mais ce n'est pas non plus suffisant pour empêcher les grosses incertitudes.
J'ai vraiment l'impression qu'en France, le climat de discussion sur le nucléaire est très malsain. Quand on regarde ce que disent les professionnels du secteurs, par exemple ceux en charge du démantèlement, ils sont beaucoup plus mesurés et honnêtes: ils n'ignorent pas ces difficultés et reconnaissent qu'il n'y a pas de solution miracle parfaite. Par contre, dans le débat public, la situation est beaucoup plus polarisée, avec, d'un côté comme de l'autre, des amateurs pro- ou anti-nucléaire qui sont hypocrites et qui acceptent des approximations ou des estimations optimistes quand ça les arrangent alors qu'ils considèrent que si le camp adverse fait de même, cela prouve que le camp adverse est malhonnête intellectuellement.
[^] # Re: Ordres de grandeur
Posté par j-c_32 . En réponse au lien Nucléaire - Six mois de retard supplémentaire pour l'EPR de Flamanville. Évalué à 3.
Je trouve que ce commentaire mérite beaucoup de nuances.
Premièrement, le commentaire auquel tu réponds parle évidemment dans le contexte Français, et il faut évidemment entendre "aucun démantèlement de centrale française n'a été effectué". Ce qui est vrai. Et répondre en sous-entendant que ton interlocuteur ignore les réponses précédentes ou dit des choses incorrectes (ce qui est faux dans les deux cas) ne permet pas une discussion sereine.
Deuxièmement, je trouve qu'il est extrêmement difficile de nier que les coûts des démantèlements sont accompagnés de très grandes incertitudes (ce qui, en Français, est habituellement exprimé par "on en sait rien", même si, évidemment, une fourchette existe (au pire: entre 0 et 1042 euros)). Cette incertitude est démontrée par le nombre d'études et rapports sur le sujet, qui donnent tous des incertitudes très larges et arrivent parfois à des conclusions assez différentes. Ce n'est pas surprenant, le démantèlement d'une centrale nucléaire est totalement différent d'un démantèlement traditionnel.
Finalement, oui, on va bénéficier des leçons tirées d'autres démantèlement, aux USA par exemple. Mais il faut aussi souligner que 1) seuls certains éléments sont publiques, une partie du processus et de ses détails fait partie du savoir-faire des acteurs qui ont participé au démantèlement et qui ne souhaitent pas les partager avec leurs potentiels concurrents, 2) certains coûts sont liés à des caractéristiques des différents secteurs aux USA, et il n'est pas évident de savoir comment ces coûts se traduisent en France, 3) les contraintes sont également différentes, vu que les législations sont différentes. Bref, ça aide, mais ce n'est pas non plus suffisant pour empêcher les grosses incertitudes.
J'ai vraiment l'impression qu'en France, le climat de discussion sur le nucléaire est très malsain. Quand on regarde ce que disent les professionnels du secteurs, par exemple ceux en charge du démantèlement, ils sont beaucoup plus mesurés et honnêtes: ils n'ignorent pas ces difficultés et reconnaissent qu'il n'y a pas de solution miracle parfaite. Par contre, dans le débat public, la situation est beaucoup plus polarisée, avec, d'un côté comme de l'autre, des amateurs pro- ou anti-nucléaire qui sont hypocrites et qui acceptent des approximations ou des estimations optimistes quand ça les arrangent alors qu'ils considèrent que si le camp adverse fait de même, cela prouve que le camp adverse est malhonnête intellectuellement.