On touche à un problème d'extraterritorialité particulièrement
velu. La solution n'est pas simple.
Le problème général est velu, mais on peut pas dire que le problème particulier d'aujourd'hui le soit.
Elon Musk a pris le contrôle de Twitter, il a réduit de 90% son staff. Il est capable de faire passer des changements rapidement parce qu'il a viré tout le monde, mais ça implique aussi que tout les gens qui savent que c'était une mauvaise idée ne sont plus la.
Du coup, il passe pour un gamin capricieux parce que Twitter n'est pas Tesla, ses caprices peuvent être mis en œuvre dans la journée.
Le problème devient qu'une entreprise de taille conséquente est soudainement redevenu une startup, avec un gamin à sa tête, tout en gardant sa base de clients/utilisateurs, un truc quand même assez rare pour une boite de la taille de Twitter (parce que sinon, Reworld Media ou Crossover, ça existe). Personne ne se dit "c'est réaliste de virer 90% du staff" car ça serait une catastrophe pour la boite sur le long terme, et sans doute illégal dans plusieurs pays.
Et pourtant, c'est arrivé, ce qui montre aussi la limite des lois et du bon sens.
Maintenant, je pense que la direction que va prendre la solution générale, c'est effectivement de déclarer qu'au delà d'une certaine taille, soit tu as une "fédération" (cad une pluralité d'acteur qui peuvent se remplacer les uns et les autres et interagir), soit tu es considéré comme un service public, avec des obligations plus strictes qu'une boite privée.
Par exemple, les banques. C'est des entités privées, mais tu peux passer d'une banque à une autre avec plus ou moins de soucis. Les opérateurs téléphoniques, c'est pareil.
Ou Thales, qui est une entreprise privée en situation favorable vis à vis de certains marchés, mais qui peut pas exactement dire merde ou vendre ce qu'elle veut ou elle veut.
Le DSA n'est pas parfait (et encore, je prends les critiques du monde diplo avec un peu de recul vu leur avis sur la guerre en Ukraine), mais l'interopérabilité en fait parti, sans doute parce que c'est le compromis acceptable en "on nationalise autant que possible" et "on doit privatiser tout". L'équilibre entre le bénéfices des membres (nationaliser, car chaque pays garde le contrôle) et celui du groupe (eg, privatiser, c'est aussi permettre l’émergence d'acteur transnationaux et c'est aussi ce qu'on veut via l'UE).
[^] # Re: déjà vu
Posté par Misc (site web personnel) . En réponse au lien Twitter bloque les liens des instances du fediverse. Évalué à 6.
Le problème général est velu, mais on peut pas dire que le problème particulier d'aujourd'hui le soit.
Elon Musk a pris le contrôle de Twitter, il a réduit de 90% son staff. Il est capable de faire passer des changements rapidement parce qu'il a viré tout le monde, mais ça implique aussi que tout les gens qui savent que c'était une mauvaise idée ne sont plus la.
Du coup, il passe pour un gamin capricieux parce que Twitter n'est pas Tesla, ses caprices peuvent être mis en œuvre dans la journée.
Le problème devient qu'une entreprise de taille conséquente est soudainement redevenu une startup, avec un gamin à sa tête, tout en gardant sa base de clients/utilisateurs, un truc quand même assez rare pour une boite de la taille de Twitter (parce que sinon, Reworld Media ou Crossover, ça existe). Personne ne se dit "c'est réaliste de virer 90% du staff" car ça serait une catastrophe pour la boite sur le long terme, et sans doute illégal dans plusieurs pays.
Et pourtant, c'est arrivé, ce qui montre aussi la limite des lois et du bon sens.
Maintenant, je pense que la direction que va prendre la solution générale, c'est effectivement de déclarer qu'au delà d'une certaine taille, soit tu as une "fédération" (cad une pluralité d'acteur qui peuvent se remplacer les uns et les autres et interagir), soit tu es considéré comme un service public, avec des obligations plus strictes qu'une boite privée.
Par exemple, les banques. C'est des entités privées, mais tu peux passer d'une banque à une autre avec plus ou moins de soucis. Les opérateurs téléphoniques, c'est pareil.
Ou Thales, qui est une entreprise privée en situation favorable vis à vis de certains marchés, mais qui peut pas exactement dire merde ou vendre ce qu'elle veut ou elle veut.
Le DSA n'est pas parfait (et encore, je prends les critiques du monde diplo avec un peu de recul vu leur avis sur la guerre en Ukraine), mais l'interopérabilité en fait parti, sans doute parce que c'est le compromis acceptable en "on nationalise autant que possible" et "on doit privatiser tout". L'équilibre entre le bénéfices des membres (nationaliser, car chaque pays garde le contrôle) et celui du groupe (eg, privatiser, c'est aussi permettre l’émergence d'acteur transnationaux et c'est aussi ce qu'on veut via l'UE).