Sans avoir encore lu les documents de l'étude, si on en croit la Gendarmerie, la clé est la gestion de la migration des logiciels applicatifs. Il faut donc mettre le paquet sur la conduite du changement et que celui-ci apporte quelque chose (nouvelle fonctionnalité, meilleure ergonomie, meilleures performances). Si ça n'apporte rien à l'usager final, c'est perdu d'avance.
Si le poste de travail tend à devenir un client léger, c'est grandement facilité.
Si l'accessibilité pêche, alors une amélioration de celle-ci pourrait tout naturellement être financée par l'argent public.
Avec le régime juridique des licences libres, on ne dépense pas moins à court terme mais on contrôle les coûts du fait de la mutualisation des efforts de développement et de la possible mise en concurrence des prestataires. Ce critère de la grille de sélection doit avoir une forte pondération.
En terme de politique industrielle et économique, c'est de l'argent qui irrigue le tissu local de compétences plutôt que de financer des dev à Seattle et des tâches à moindre valeur ajoutée ici. Ce critère me semble avoir pris plus de poids ces derniers temps. Il gagnerait à avoir aussi une forte pondération.
Il semble aussi que l'autonomie stratégique ait également gagné en importance dernièrement. La mise en concurrence possible des sous-traitants et la sécurité juridique fournies par ce régime juridique gagnent à être pris sérieusement en considération.
Quelle est la suite prévue à cette étude ?
La DGFiP gagnerait à montrer l'exemple et à appliquer les conclusions auxquelles elle a abouti. Ça tombe bien, elle a un effectif de 95 000 personnes, d'après wikipedia, similaires à ceux de la Gendarmerie.
Une attention particulière pourrait être portée au Ministère de l'intérieur car l'expérience de la réussité de la Gendarmerie a amené son SI à phagocyter celui de la Police nationale (+120 000 postes, de mémoire, pour un total Gendarmerie PN de 210 000 postes gérés par 3 personnes, je crois :) )
Les polices municipales pourraient suivre, logiquement. Ce ministère gagnerait à être le premier à passer à 90% à une distribution Linux pour les postes de travail.
La technique informatique ou de conduit de projet est connue et maîtrisée. La rationnalité de la migration est établie. La vraie question est la prise de décision. Les experts techniques sont souvent dédits par les politiques (par exemple au MinDef sur le sujet Open Bar avec microsoft, je crois). Un temps où la Gendarmerie faisait pourtant partie dudit ministère. Chacun doit agir à son niveau et ne pas attendre que l'injonction vienne d'en haut car il semble que l'inertie y soit maximum.
Un service dédié à la migration du poste de travail vers une distribution sous licence libre gagnerait à être créé (et existe peut-être, déjà) pour accumuler et capitaliser l'expérience et être à disposition des administrations souhaitant contrôler leurs dépenses. L'expertise technique sur ces sujets gagnerait à être internalisée ou être sous forme d'une scic avec les pouvoirs publics au sociétariat vu l'ampleur de la tâche et les tendances de fond.
D'après la Gendarmerie, encore, des pressions avaient été prises en compte et ainsi le migration n'avait pas fait l'objet de communication extérieure le temps qu'elle se passe bien.
Ce qui est triste, c'est que quelque chose démarré en 2008 et fini en 2013 (je crois) avec succès n'ait pas été reproduit par quiconque pendant les dix ans qui ont suivi. Le régime juridique des licences libres a triomphé partout (bdd, os serveurs, applicatifs autre que métier, infra, téléphones, protocoles de communication). Aujourd'hui, les enjeux sont la mobilité, le shadow IT d'un point de vue des usages, l'empreinte carbone, la réutilisabilité d'un point de vue social, le contrôle des coûts d'un point de vue économique, l'autonomie stratégique d'un point de vue politique. L'importance du poste de travail a donc diminué ce qui devrait dépassionner certaines décisions. La marche me semble pas particulièrement haute et l'intérêt manifeste. Si ce sujet devait rester bloqué pendant encore une génération, cela en dirait long sur le fonctionnement de l'État et sur sa capture par les intérêts privés si tant est qu'il y est encore quelque à prouver à ce propos.
Peut-être vaut mieux essayer de faire changer les choses dans le privé qui est bien plus rationnel, parfois. La Société générale, elle, a fait le choix du tout licences libres, depuis 2017 (30 000 informaticiens, tout de même). Bon, à 2 milliards l'aide à la migration, ça fait cher pour le coup.
Il me semble que le modèle des licences libres ne peut pas être uniquement compris sous l'aspect juridique, économique et ou encore politique. Quand une organisation comprend l'intérêt d'être co-éditrice et non plus uniquement consommatrice, l'intérêt du régime des licences libres devient tout simplement évident. À ce niveau, l'État français est dit être adepte des dév spécifiques. C'est une avantage culturel important.
Finalement, il me semble que la République française est très Top-Down et que le jour où ça va changer, naturellement les logiciels de qualité professionnelle sous licence libre vont être adoptés. Peut-être que ce serait plus simple de commencer par les collectivités territoriales ou encore les hôpitaux.
Bonne chance à ceux qui travaillent sur ces sujets !
# Faut voir
Posté par lagou . En réponse à la dépêche Le poste de travail Linux : un objectif gouvernemental ?. Évalué à 10.
Sans avoir encore lu les documents de l'étude, si on en croit la Gendarmerie, la clé est la gestion de la migration des logiciels applicatifs. Il faut donc mettre le paquet sur la conduite du changement et que celui-ci apporte quelque chose (nouvelle fonctionnalité, meilleure ergonomie, meilleures performances). Si ça n'apporte rien à l'usager final, c'est perdu d'avance.
Si le poste de travail tend à devenir un client léger, c'est grandement facilité.
Si l'accessibilité pêche, alors une amélioration de celle-ci pourrait tout naturellement être financée par l'argent public.
Avec le régime juridique des licences libres, on ne dépense pas moins à court terme mais on contrôle les coûts du fait de la mutualisation des efforts de développement et de la possible mise en concurrence des prestataires. Ce critère de la grille de sélection doit avoir une forte pondération.
En terme de politique industrielle et économique, c'est de l'argent qui irrigue le tissu local de compétences plutôt que de financer des dev à Seattle et des tâches à moindre valeur ajoutée ici. Ce critère me semble avoir pris plus de poids ces derniers temps. Il gagnerait à avoir aussi une forte pondération.
Il semble aussi que l'autonomie stratégique ait également gagné en importance dernièrement. La mise en concurrence possible des sous-traitants et la sécurité juridique fournies par ce régime juridique gagnent à être pris sérieusement en considération.
Quelle est la suite prévue à cette étude ?
La DGFiP gagnerait à montrer l'exemple et à appliquer les conclusions auxquelles elle a abouti. Ça tombe bien, elle a un effectif de 95 000 personnes, d'après wikipedia, similaires à ceux de la Gendarmerie.
Une attention particulière pourrait être portée au Ministère de l'intérieur car l'expérience de la réussité de la Gendarmerie a amené son SI à phagocyter celui de la Police nationale (+120 000 postes, de mémoire, pour un total Gendarmerie PN de 210 000 postes gérés par 3 personnes, je crois :) )
Les polices municipales pourraient suivre, logiquement. Ce ministère gagnerait à être le premier à passer à 90% à une distribution Linux pour les postes de travail.
La technique informatique ou de conduit de projet est connue et maîtrisée. La rationnalité de la migration est établie. La vraie question est la prise de décision. Les experts techniques sont souvent dédits par les politiques (par exemple au MinDef sur le sujet Open Bar avec microsoft, je crois). Un temps où la Gendarmerie faisait pourtant partie dudit ministère. Chacun doit agir à son niveau et ne pas attendre que l'injonction vienne d'en haut car il semble que l'inertie y soit maximum.
Un service dédié à la migration du poste de travail vers une distribution sous licence libre gagnerait à être créé (et existe peut-être, déjà) pour accumuler et capitaliser l'expérience et être à disposition des administrations souhaitant contrôler leurs dépenses. L'expertise technique sur ces sujets gagnerait à être internalisée ou être sous forme d'une scic avec les pouvoirs publics au sociétariat vu l'ampleur de la tâche et les tendances de fond.
D'après la Gendarmerie, encore, des pressions avaient été prises en compte et ainsi le migration n'avait pas fait l'objet de communication extérieure le temps qu'elle se passe bien.
Ce qui est triste, c'est que quelque chose démarré en 2008 et fini en 2013 (je crois) avec succès n'ait pas été reproduit par quiconque pendant les dix ans qui ont suivi. Le régime juridique des licences libres a triomphé partout (bdd, os serveurs, applicatifs autre que métier, infra, téléphones, protocoles de communication). Aujourd'hui, les enjeux sont la mobilité, le shadow IT d'un point de vue des usages, l'empreinte carbone, la réutilisabilité d'un point de vue social, le contrôle des coûts d'un point de vue économique, l'autonomie stratégique d'un point de vue politique. L'importance du poste de travail a donc diminué ce qui devrait dépassionner certaines décisions. La marche me semble pas particulièrement haute et l'intérêt manifeste. Si ce sujet devait rester bloqué pendant encore une génération, cela en dirait long sur le fonctionnement de l'État et sur sa capture par les intérêts privés si tant est qu'il y est encore quelque à prouver à ce propos.
Peut-être vaut mieux essayer de faire changer les choses dans le privé qui est bien plus rationnel, parfois. La Société générale, elle, a fait le choix du tout licences libres, depuis 2017 (30 000 informaticiens, tout de même). Bon, à 2 milliards l'aide à la migration, ça fait cher pour le coup.
Il me semble que le modèle des licences libres ne peut pas être uniquement compris sous l'aspect juridique, économique et ou encore politique. Quand une organisation comprend l'intérêt d'être co-éditrice et non plus uniquement consommatrice, l'intérêt du régime des licences libres devient tout simplement évident. À ce niveau, l'État français est dit être adepte des dév spécifiques. C'est une avantage culturel important.
Finalement, il me semble que la République française est très Top-Down et que le jour où ça va changer, naturellement les logiciels de qualité professionnelle sous licence libre vont être adoptés. Peut-être que ce serait plus simple de commencer par les collectivités territoriales ou encore les hôpitaux.
Bonne chance à ceux qui travaillent sur ces sujets !