• [^] # Re: Linux n'est pas un produit

    Posté par . En réponse à la dépêche Linux n'est pas un produit. Évalué à 2.

    > Je préfèrerait "Linux n'est pas qu'un produit".
    >Un produit c'est utile (ou ça sert à rien mais ça fait
    > plaisir). Puis il faut bien avoir une vision produit
    > de Linux pour en faire quelque chose d'utile.

    Le terme «produit» a une forte connotation commerciale. Ian Murdock a voulu interpeller et c'est réussi.

    Voir aussi le commentaire de jz_ tout en bas : il a tout à fait raison, on doit considérer un logiciel comme un service plutôt que comme un produit.

    > Un bon exemple c'est Gnome ou Kde, où les
    > développeurs ont compris qu'ils devaient faire
    > un produit pour tout le monde (qui marche et
    > accessible). Faire un bon produit, c'est répondre
    > aux attentes du clients.

    Attention : il n'y a pas de relations directe client / vendeur entre les développeurs de ces logiciels et leurs utilisateurs.

    > Si les développeurs n'ont pas une vision
    > produit (c-à-d ignore les clients)

    Tu devrais plutôt parler d'utilisateurs, ça serait plus proche de la réalité.

    > en vas retomber sur les travers de programme
    > fait par des développeurs pour des développeurs
    > qui n'intéressent presque personne.

    Je ne suis pas d'accord. Un logiciel, et logiciel libre est la quintessence de cet esprit, c'est une (ou plusieurs) personne confrontée à un problème et qui le résoud de la manière qui lui semble la plus efficase, la plus propre et la plus élégante qui soit. Ensuite, si d'autres personnes veulent utiliser cet outil, il leur faut comprendre son fonctionnement.

    C'est /ça/ la base de l'Informatique. Les IMH très conviviales que tu cites montre cependant que l'utilisateur final n'est nullement négligé dans le monde du Logiciel Libre.

    > Le but du logiciel libre c'est d'être largement
    > utilisé et non uniquement par les développeurs.

    Un logiciel libre répond à un besoin non satisfait de son créateur, qui choisit ensuite d'en faire profiter le reste du monde. C'est un point de départ à ne pas perdre de vue.

    > Puis "détourner une infrastructure technologique
    > en une infrastructure propriétaire"... Perso, j'ai
    > rien remarqué. Si quelqu'un a des exemples a
    > donner pour que je comprenne mieux, je suis preneur.

    SuSE et Yast, Lindows, Xandros, RedHat et gcc, RedHat et KDE...
    On peut chercher à relativiser mais c'est un fait.

    > Car pour les serveurs il ne faut pas uniquement
    > fournir une bonne distribution, il faut
    > l'infrastructure pour le support,

    Ou alors prendre une distribution sans support commercial (Debian au hasard :-) et signer avec une SSII. C'est très commun. Mais si la distrubion est commerciale, et n'a pas envie de voir des SSII marcher sur ses plate-bandes en cassant les prix par exemple, on arrive à la situation que décrit Ian Murdock. Le distributeur va chercher à capturer son client.

    C'est pour cela qu'il ne faut pas considérer Linux comme un produit, ou cette logique commerciale finira par casser ce qui fait sa force : le fait qu'il soit libre, que tout le monde puisse le modifier, le corriger, bref l'améliorer.

    Ian Murdock a pris un excellent exemple : Internet. Considères-tu Internet comme un produit ? Moi, non. Ce que je payes, c'est un service chez un fournisseur d'accès. Pour Linux, il faut que ça soit pareil.

    Aurélien.