• # L'état d'esprit pour être son propre patron

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Les différentes formes de rémunération d'un travail individuel en France. Évalué à 10.

    Merci beaucoup pour ce résumé synthétique.

    Pour le portage salarial, ça me semble être une bonne solution quand on ne sais pas trop où on va : va-t-on trouver assez de clients ? Arriver à gérer son affaire correctement ? On délègue (et on paie) une partie des formalités administratives pour se concentrer sur son activité, tout en se gardant la porte de sortie "chômage" si on s'est vraiment planté. Ceci dit assez vite, la question de basculer vers un autre statut se pose. Mais je trouve le statut vraiment intéressant pour tester sa capacité à être indépendant.

    À côté de ça, j'ai accompagné (amicalement) quelques personnes en reconversion professionnelle, qui avaient fait ce genre de calcul et pensaient qu'en théorie, être indépendant serait mieux qu'être salarié. La proportion qui devient réellement indépendant, et le reste, est vraiment très basse, ce qui m'a un temps surpris : ils semblent tous si motivés à faire leur boîtes ! Je me rends compte que finalement "être son propre patron" est vraiment difficile pour plein de gens : la prise de risque, de responsabilité, établir ses propres objectifs sans contrainte externe (en dehors de celle d'arriver à payer ses factures), gérer des problématiques en dehors de son cœur de métier (relations aux clients, fournisseurs, comprendre l'administratif, un minimum de compta même si on délègue), gérer la temporalité des contrats etc... Il y a des gens qui ont l'état d'esprit pour le faire et à qui ça ne posera aucune question, d'autres qui vont se faire submerger par ça et ne pourront pas y arriver, peu importe leurs efforts. C'est tout un aspect qui n'est probablement pas assez précisé lors des formations Pole Emploi/Chambre des métiers qui vantent le bonheur de devenir créateur d'entreprise. Et je crois que même comme ça, les gens sous-estiment beaucoup ce que ça demande avant de se retrouver au pied du mur. J'aimerais dire qu'après une tentative avortée, ils sont plus conciliants avec leurs patrons suivants (puisqu'ils retournent au salariat), mais, bon... ce serait un peu optimiste ;)