• [^] # Re: Le contexte...

    Posté par . En réponse au lien La justice interdit à Reflets de publier des informations sur Altice. Évalué à 0.

    C'est une blague ?
    Altice est régulièrement remis en cause par des tas de média.
    Une simple recherche juste chez le Monde et je trouve rapidement:
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/08/les-bonnes-affaires-immobilieres-de-patrick-drahi_6042132_3234.html
    https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2018/08/31/altice-limoge-le-patron-de-l-express_5348488_3236.html
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/04/06/altice-sfr-une-prime-de-depart-qui-passe-mal_5281599_3234.html
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/04/09/armando-pereira-le-secret-numero-deux-d-altice_5282934_3234.html
    ...
    Aucune de ces publications n'ont impliqué de souscrire à des pratiques moralement douteuses.

    Tu parlais des Panama Papers: cette affaire prouve ce que je dis. Tu sais que leur publication a été faite plus d'une année après que les journalistes aient reçu les documents ? C'est le temps qu'il a fallu aux journalistes pour analyser ces documents, et les documents sélectionnés pour publication et la date de publication ont été soigneusement triés sur le volet par les journalistes pour éviter des conséquences moralement difficilement défendables.
    Donc, oui, l'éthique en journalisme n'est FACTUELLEMENT pas incompatible avec la publication de documents leakés, les Panama Papers sont un exemple de ça.

    J'imagine que tu ne me demandes pas de spécifiquement donner des articles qui ont diffusés des informations obtenues par les maîtres chanteurs, vu que ce serait extraordinairement stupide: le fait de ne pas avoir publié immédiatement sans se soucier des conséquences est justement un exemple d'un traitement de l'affaire avec éthique. Ils auraient publié correctement plus tard, après avoir pris leur précautions. Publication qui n'existera pas aujourd'hui, rendue inutile par les publications bâclées de Reflets.
    Mais les faits sont là: Altice n'a JAMAIS forcé Reflets à ne pas publier "il y a des informations, rendues publiques par des maîtres chanteurs qui veulent mettre la pression sur Altice en les menaçant de publier plus, mais comme nous ne voulons pas jouer le jeu des maîtres chanteurs, nous nous contenterons de dire que ce dont il transparaît est suffisant pour justifier une enquête judiciaire".
    Je dis "Will Smith n'avait pas besoin de gifler Chris Rock pour exprimer son profond désaccord, il aurait pu faire ça sans avoir recours à la violence"
    Tu me réponds "Ah ouais ? Donne moi le nom d'autres personnes qui ont stoppé Chris Rock lors de son speech sans avoir recours à la violence. Il n'y en pas eu, donc c'est la preuve que si on condamne le recours à la violence, cela implique qu'on rend impossible le fait d'exprimer son profond désaccord"

    Pour le reste, tu fais me fait dire des trucs que je n'ai pas dit - ou que tu as compris de travers (mais dont tu t'es persuadé que je les pense certainement) et il en résulte un texte tellement à coté de la plaque que je ne saurais même pas par quoi commencer s'il me prenait l'envie de vouloir répondre.

    Fair enough.
    J'aimerais quand même que tu précises sur ce que tu as dit par ailleurs.
    Tu as dit:

    Quoiqu'il en soit, ce qui se joue ici, ce n'est pas la qualité journalistique de Reflets, c'est le droit de la presse à publier des informations disponibles quand bien même elles résulteraient d'un piratage crapuleux. Ce qui se joue ici, c'est la possibilité qu'on donne (ou pas) à un acteur puissant de bâillonner la presse alternative simplement en lui collant des procès (à répétition si nécessaire), quitte à les perdre, afin de la dissuader de recommencer (les frais d'avocat sont rarement chiffrés à leur coût réel par le juge).

    Ceci est FACTUELLEMENT FAUX, et j'ai les preuves de cela.
    Il suffit de lire les conclusions du jugement qui disent explicitement que:
    1) Reflets ne peut pas être tenu coupable du caractère illégal de l'obtention des informations et qu'un media a le droit de publier des informations disponibles quand bien même elles résulteraient d'un piratage crapuleux (exactement le contraire que ce que tu affirmes, sans aucune preuve),
    2) ce jugement n'a de sens que dans des cas extrêmement particuliers, tel que quand le chantage a encore cours, et que celui-ci n'a donc aucune portée pour favoriser le bâillonnage de la presse, surtout pas en cas de lanceurs d'alerte.
    3) le jugement dit explicitement qu'il ne se prononce pas sur l'aspect à caractère d'utilité publique, et explique que l'interdiction existe le temps de trancher sur ces questions, et que cela n'empêche pas les publications futures si effectivement celles-ci sont jugées d'utilité publique,
    4) le jugement s'oppose (et fera sans doute jurisprudence (dans le sens large du terme)) aux arguments de Altice sur le fait qu'ils peuvent empêcher les médias de parler de telles informations.

    Donc, je ne suis pas très inquiet sur "les trucs compris de travers": de toutes évidences, tu as une longueur d'avance sur les trucs compris de travers, et vu ta façon intellectuellement pauvre de dialoguer, ça ne m'étonnerait qu'à moitié que ce ne soit qu'une stratégie pour éviter de devoir répondre à des arguments auxquels tu ne sais pas répondre.