• [^] # Re: Et hare, alors?

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Ces langages avec lesquels il faut tout réécrire. Évalué à 7. Dernière modification le 27 septembre 2022 à 16:41.

    La license n'implique rien à propos du support technique. Plutôt au contraire, il y a une clause écrite en majuscule sur l'absence de garanties, etc.

    Donc Drew pourrait, par exemple:
    - Refuser de fournir du support aux gens essayant de construire une version Windows,
    - Fermer tous les rapports de bugs concernant des systèmes non-libres,
    - Refuser d'héberger des binaires pour Windows ou d'intégrer le code dans sa version de Hare,
    - Faire exprès de changer l'architecture du code pour rendre la vie plus compliquée aux forks qui tenteraient de le faire sans son aide,
    - Interdire l'utilisation du nom "Hare" pour toute implémentation autre que la sienne,
    - Encourager les gens à écrire du code non portable,
    - Concevoir des APIs difficiles à faire fonctionner sur un système non-UNIX.

    Sans pouvoir strictement l'interdire, il y a quand même tout un tas de moyen de mettre des bâtons dans les roues à quelqu'un qui se lancerait là-dedans. Même si on peut supposer que ce ne sera pas le cas, on peut considérer ça comme un problème si on veut écrire du code qui pourrait fonctionner sur un système non-libre (et personnellement, je pense que chacun devrait avoir le droit d'écrire du code qui fonctionne où il veut, et qu'on devrait essayer de rendre ça le plus facile possible).

    Ça ne serait pas un problème si Drew disait, personellement, "je ne souhaite pas assurer le support pour les systèmes propriétaires". Mais là c'est présenté comme un choix plus global de toute la communauté Hare. Ce qui est surprenant parce que d'un autre côté, un des messages de blog dit qu'ils n'apprécient pas l'évangélisme de la communauté Rust qui veut réécrire et remplacer tout le code C existant. D'une certaine façon, ce choix de ne pas faire fonctionner Hare sur des systèmes non-libres et de s'engager à ne pas le faire ou à empêcher d'autres gens de le faire, relève pourtant un peu de la même attitude qui consiste à imposer ses propres idées là ou ce n'est peut-être pas nécessaire.

    Ça pose aussi la question de savoir si le langage est conçu par une communauté, ou par une seule personne qui a tout pouvoir de décision. Les deux choix se défendent, mais là, la présentation qui est faite se retrouve du coup un peu entre les deux, quelque part entre le "c'est un projet personnel pour mes propres besoins, je fais ce que je veux" et le "on va construire une communauté de développeurs avec des objectifs communs". Ce qui donne une position peut être moins facile: "on va construire une communauté de développeurs qui sont d'accord avec mes objectifs". Cela dit, ça a fonctionné pour d'autres projets (Linux, Python, ...) donc, ce n'est pas forcément un mauvais modèle en soi.

    Autre bizarrerie, Haiku, FreeBSD, OpenBSD et NetBSD ne sont pas totalement libre d'après la FSF, cependant ils sont dans la liste des systèmes que Hare "prévoit" de supporter (et pour FreeBSD c'est même déjà fait). On peut en déduire que la définition de "propriétaire" n'est pas la même que celle de la FSF, mais du coup, quelle est-elle? Est-ce que le support de ReactOS (et par extension de Windows, son clone propriétaire) est prévu? Qui décide quels systèmes sont supportés ou pas? Est-ce que ça peut changer au cours du temps?