Je ne vois pas ce qu'il y a de productif à systématiquement aboyer ("saloperie de mouvement" et cætera) qu'un "libriste" c'est quelqu'un qui respecte les 4 libertés et c'est tout, et que quiconque prétend le contraire est un escroc.
Ces 4 libertés ne sont pas une fin en soi, ce sont des moyens vers des fins qui diffèrent selon les mouvements qui s'en sont servis. Celui initié par la FSF, le mouvement libriste historique, y a ajouté le copyleft, et des détails sémantiques comme "so you can help your neighbor" qui ne sont pas tombes dans l'oreille d'un sourd. À l'inverse, t'as l'opensource qui renonce à l'appellation "libre", et les utilisateurs de licences permissives qui fustigent le copyleft, le désignent comme un obstacle à leurs propres fins. Je prends comme exemple ici le cas précis du copyleft, mais il en va ainsi de toute restriction qu'on peut décider d'apporter à ces libertés (comme la clause non-commerciale) : elles sont des moyens supplémentaires vers une fin. Et ceux que moi j'appelle des "libristes" (car à part toi, je ne vois jamais le terme revendiqué par des gens qui ne sont pas un minimum proches des idéaux de la FSF) semblent vouloir redéfinir leurs moyens, quitte à remettre en cause la définition historique du logiciel libre.
Et c'est ça qui m'intéresse dans ce billet de blog et dans tout le débat sur le post-opensource. Perso, je ne me sens pas post-quoi que ce soit, je ne lutte pas quotidiennement contre l'envie de passer sur iPhone et de rouvrir un compte Twitter. Mais je dois aussi confronter mes convictions et être attentif à ceux qui les remettent en question. L'informatique change et si il y a un idéal auquel je sais que je tiens, c'est celui de ne pas devenir un vieux croûton à côté de la plaque comme Richard Stallman. Et pour moi, si on ne se pose pas ces questions et qu'on se contente de se boucher les oreilles en chantonnant les quatre libertés, tout en taxant les autres d'inaction et d'extrémisme dans un même souffle (faudrait savoir, les devs libristes font trop de libre ou pas assez ?), on risque de tomber à côté de la plaque.
[^] # Re: Un pavé dans la mare
Posté par Laurent Pointecouteau (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien les drones utilisent linux : le logiciel libre ce n’est pas suffisant. Évalué à 10. Dernière modification le 20 septembre 2022 à 14:00.
Je ne vois pas ce qu'il y a de productif à systématiquement aboyer ("saloperie de mouvement" et cætera) qu'un "libriste" c'est quelqu'un qui respecte les 4 libertés et c'est tout, et que quiconque prétend le contraire est un escroc.
Ces 4 libertés ne sont pas une fin en soi, ce sont des moyens vers des fins qui diffèrent selon les mouvements qui s'en sont servis. Celui initié par la FSF, le mouvement libriste historique, y a ajouté le copyleft, et des détails sémantiques comme "so you can help your neighbor" qui ne sont pas tombes dans l'oreille d'un sourd. À l'inverse, t'as l'opensource qui renonce à l'appellation "libre", et les utilisateurs de licences permissives qui fustigent le copyleft, le désignent comme un obstacle à leurs propres fins. Je prends comme exemple ici le cas précis du copyleft, mais il en va ainsi de toute restriction qu'on peut décider d'apporter à ces libertés (comme la clause non-commerciale) : elles sont des moyens supplémentaires vers une fin. Et ceux que moi j'appelle des "libristes" (car à part toi, je ne vois jamais le terme revendiqué par des gens qui ne sont pas un minimum proches des idéaux de la FSF) semblent vouloir redéfinir leurs moyens, quitte à remettre en cause la définition historique du logiciel libre.
Et c'est ça qui m'intéresse dans ce billet de blog et dans tout le débat sur le post-opensource. Perso, je ne me sens pas post-quoi que ce soit, je ne lutte pas quotidiennement contre l'envie de passer sur iPhone et de rouvrir un compte Twitter. Mais je dois aussi confronter mes convictions et être attentif à ceux qui les remettent en question. L'informatique change et si il y a un idéal auquel je sais que je tiens, c'est celui de ne pas devenir un vieux croûton à côté de la plaque comme Richard Stallman. Et pour moi, si on ne se pose pas ces questions et qu'on se contente de se boucher les oreilles en chantonnant les quatre libertés, tout en taxant les autres d'inaction et d'extrémisme dans un même souffle (faudrait savoir, les devs libristes font trop de libre ou pas assez ?), on risque de tomber à côté de la plaque.