Je pensais que tu aurais su que cette source était un peu trop partisane pour la considérer comme une source de choix.
Rappelons par ailleurs les conséquences de l’accident nucléaire qui s’est produit à Fukushima en mars 2011 : 2 300 morts dans la foulée de l’évacuation des populations pour leur éviter de rester dans les zones radioactives ; des territoires restant contaminés et inhabitables dix ans après l’accident ; un coût de celui-ci compris entre 200 et 660 milliards de dollars, selon différentes estimations. Un « problème local », ça n’est pas rien...
Les mots ont un sens, un problème local ne veut pas dire que c'est sans dommage. Cela veut dire qu'un problème au Japon n'affecte pas Washington ou Paris. Même si ça tue potentiellement des milliers de personnes sur place. Comme une inondation, un séisme ou autre catastrophe à dimension locale.
Cela est à opposer aux catastrophes mondiaux, comme celui du réchauffement climatique où aucune zone sur Terre n'est épargnée.
Cela commence mal de travestir les définitions.
En cas d’accident à Zaporijia, « en France, il se passera rien ». Eh bien si, même si la conséquence prévisible, du fait de l’éloignement du site de nos frontières, paraît très petite : « Dans le pire des scénarios, où toute la radioactivité d’un réacteur de la centrale la plus à l’ouest de l’Ukraine est rejetée à l’extérieur, nous avons trouvé, sur mille séquences météorologiques étudiées issues des dix dernières années, un cas où une partie du territoire français pourrait potentiellement être concernée par des niveaux de radioactivité qui justifieraient une prise de comprimés d’iode », indique Philippe Dubiau, de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).
Donc en fait Jancovici a globalement raison... Même une hypothèse extrême n'aurait pas un impact très significatif en France.
On pourrait certes lui reprocher de manquer un peu de nuance ou de précaution dans le propos, mais fondamentalement l'IRSN lui donne raison.
La catastrophe de Banqiao n’est donc pas liée à un danger inhérent des barrages, mais au fait que le refus de prendre en compte la gravité d’un accident possible a conduit à l’accident. Exactement ce qu’essayent de faire les critiques du nucléaire face aux ingénieurs infatués qui prétendent que les accidents radioactifs sont négligeables.
Le risque 0 n'existe pas, pour toute installation chimique ou ouvrage de cette envergure. Même en prenant toutes les précautions possibles. C'est en ce sens qu'il faut prendre sa remarque. Il serait justement dangereux de croire que parce qu'on a suivi toutes les recommandations, rien ne peut arriver, que ce soit pour une centrale nucléaire comme un barrage ou une usine de toute sorte.
C'est comme un avion, un accident où l'avion tue l'ensemble des passagers ça peut arriver malgré les précautions du secteur. Mais c'est un événement rare au regard du trafic aérien, et c'est ça qui compte. Les gens continuent de prendre l'avion malgré ce risque.
Eh bien oui ! Bhopal (en Inde) et AZF (à Toulouse) ont causé en 1984 et 2001 des accidents aux conséquences ravageuses, notamment Bhopal avec plusieurs milliers de morts et des dommages encore sensibles trente ans après. Ces drames industriels ont suscité un renforcement drastique des normes sur les usines chimiques.
Mais le risque zéro lié à ces usines n'existe pas pour autant. Et on ne peut pas toutes les fermer (sans usine chimique il faudrait renoncer à pas mal de choses).
Un argument qui laisse entendre que l’ampleur du nombre de morts par obésité dans le monde (2,8 millions par an, selon l’Organisation mondiale de la santé) rendrait inutile de prévenir tout danger pouvant provoquer un nombre de morts inférieur. Ainsi, puisque les guerres n’ont causé (en 2019) « que » 63 000 morts, il ne serait pas indispensable de tenter de les éviter. L’absurdité du sophisme tient à ce que les sociétés ne cherchent pas à se protéger d’une nuisance OU d’une autre, comme s’il fallait choisir entre les deux, mais tentent, malaisément, de les modérer simultanément.
Ils travestissent les propos de Jancovici. Ce dernier n'est pas contre les précautions dans le nucléaire, mais il critique le fait (à juste titre) qu'on se focalise sur le danger du nucléaire dans les médias au détriment d'autres choses bien plus néfastes pour la population finalement. Il faut remettre les choses à leurs places, c'est douteux d'avoir des débats sans fin sur le risque nucléaire pendant que la TV fait la pub pour des voitures ou de la malbouffe et que ce sujet est trop rarement abordé en plateau.
Si on souhaite se préoccuper des morts ou du risque réel, on parlerait davantage de ces sujets et on arrêterait de diffuser des pubs pour des objets du quotidien mais finalement plus dangereux dans le même média.
Le but n'est pas de ne pas parler du risque nucléaire à la TV, mais cela ne doit pas être l'activité humaine qu'on devrait le plus couvrir sous cet angle.
Cet organisme a en particulier constamment cherché à minorer les conséquences de Tchernobyl, sans éteindre pour autant la controverse scientifique à ce propos. Le bilan lénifiant diffusé par l’Unscear a été vigoureusement contesté par maints groupes de recherche, et n’est même pas repris par les institutions des Nations unies : selon l’Organisation mondiale de la santé, « il pourrait y avoir jusqu’à 9 000 décès par cancer supplémentaires dus à l’accident de Tchernobyl chez les gens ayant travaillé aux opérations de décontamination, chez les personnes évacuées et chez les résidents des régions hautement et modérément contaminées du Bélarus, de la Fédération de Russie et de l’Ukraine ». Pour le directeur même de l’AIEA, « des milliers de personnes mourront de cancers causés par le relâchement de la radioactivité ».
Admettons que l'Unscear se trompe d'en effet 9000 cancers. C'est évidemment grave et triste pour les personnes impactées, mais au regard des bilans mondiaux des cancers ou des risques liées aux activités humaines, c'est finalement assez faible pour sans doute la pire catastrophe nucléaire de l'Histoire à ce jour. Cela confirme malgré tout que le nucléaire utilisé pour remplacer du gaz, charbon ou pétrole sauverait bien plus de vies que de fermer ou de ne pas ouvrir de telles centrales.
Avec évidemment les précautions nécessaires pour leur exploitation et la possibilité de reconsidérer la question le jour où la société ne dépendra plus des énergies fossiles, si à ce moment là on sait remplacer le nucléaire par autre chose il faudra sauter le pas. Mais nous n'y sommes pas encore malheureusement.
Bref, j'ai lu l'article et j'ai moinsé. Je trouve l'article assez dogmatique et inutile. Cela ressemble à une lutte personnelle du journal ce que je trouve assez bizarre pour un média.
[^] # Re: Les moinseurs ont-il lu ?
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au lien J.M. Jancovici sur «C Pol»: les erreurs et raisonnements fallacieux. Évalué à 10.
Je pensais que tu aurais su que cette source était un peu trop partisane pour la considérer comme une source de choix.
Les mots ont un sens, un problème local ne veut pas dire que c'est sans dommage. Cela veut dire qu'un problème au Japon n'affecte pas Washington ou Paris. Même si ça tue potentiellement des milliers de personnes sur place. Comme une inondation, un séisme ou autre catastrophe à dimension locale.
Cela est à opposer aux catastrophes mondiaux, comme celui du réchauffement climatique où aucune zone sur Terre n'est épargnée.
Cela commence mal de travestir les définitions.
Donc en fait Jancovici a globalement raison... Même une hypothèse extrême n'aurait pas un impact très significatif en France.
On pourrait certes lui reprocher de manquer un peu de nuance ou de précaution dans le propos, mais fondamentalement l'IRSN lui donne raison.
Le risque 0 n'existe pas, pour toute installation chimique ou ouvrage de cette envergure. Même en prenant toutes les précautions possibles. C'est en ce sens qu'il faut prendre sa remarque. Il serait justement dangereux de croire que parce qu'on a suivi toutes les recommandations, rien ne peut arriver, que ce soit pour une centrale nucléaire comme un barrage ou une usine de toute sorte.
C'est comme un avion, un accident où l'avion tue l'ensemble des passagers ça peut arriver malgré les précautions du secteur. Mais c'est un événement rare au regard du trafic aérien, et c'est ça qui compte. Les gens continuent de prendre l'avion malgré ce risque.
Mais le risque zéro lié à ces usines n'existe pas pour autant. Et on ne peut pas toutes les fermer (sans usine chimique il faudrait renoncer à pas mal de choses).
Ils travestissent les propos de Jancovici. Ce dernier n'est pas contre les précautions dans le nucléaire, mais il critique le fait (à juste titre) qu'on se focalise sur le danger du nucléaire dans les médias au détriment d'autres choses bien plus néfastes pour la population finalement. Il faut remettre les choses à leurs places, c'est douteux d'avoir des débats sans fin sur le risque nucléaire pendant que la TV fait la pub pour des voitures ou de la malbouffe et que ce sujet est trop rarement abordé en plateau.
Si on souhaite se préoccuper des morts ou du risque réel, on parlerait davantage de ces sujets et on arrêterait de diffuser des pubs pour des objets du quotidien mais finalement plus dangereux dans le même média.
Le but n'est pas de ne pas parler du risque nucléaire à la TV, mais cela ne doit pas être l'activité humaine qu'on devrait le plus couvrir sous cet angle.
Admettons que l'Unscear se trompe d'en effet 9000 cancers. C'est évidemment grave et triste pour les personnes impactées, mais au regard des bilans mondiaux des cancers ou des risques liées aux activités humaines, c'est finalement assez faible pour sans doute la pire catastrophe nucléaire de l'Histoire à ce jour. Cela confirme malgré tout que le nucléaire utilisé pour remplacer du gaz, charbon ou pétrole sauverait bien plus de vies que de fermer ou de ne pas ouvrir de telles centrales.
Avec évidemment les précautions nécessaires pour leur exploitation et la possibilité de reconsidérer la question le jour où la société ne dépendra plus des énergies fossiles, si à ce moment là on sait remplacer le nucléaire par autre chose il faudra sauter le pas. Mais nous n'y sommes pas encore malheureusement.
Bref, j'ai lu l'article et j'ai moinsé. Je trouve l'article assez dogmatique et inutile. Cela ressemble à une lutte personnelle du journal ce que je trouve assez bizarre pour un média.