• [^] # Re: Anarchiste, mais...

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal J'ai lu "Comment je suis devenue anarchiste" d'Isabelle Attard. Évalué à 9.

    L'anarchisme et le le libertarianisme n'ont absolument rien à voir !

    Je le sais bien, c'est pour ça que j'ai opposé les deux... Mais il y a des parallèles entre les deux, comme cette croyance que l'individu ne dois pas se soumettre aux règles décidées arbitrairement et auxquelles il n'adhère pas. Je trouve donc toujours étrange qu'une frange des libertariens se réfugie derrière les règles qui protègent leur modèle économique quand ça les arrange tout en vantant les mérites personnels et en refusant l'ingérence étatique par ailleurs. Ceci dit, on a des incohérences similaires chez certains anarchistes (bien que cela s'exprime sur d'autres aspects, pour ce que j'en vois).

    Je suis au courant, je vis de ma plume et je te remercie d'avoir la bonté de me rappeler ce que tout le monde sait et de me rappeler les notions fondamentales sur le circuit du livre.

    Je suis désolée, mon intervention n'avait pas pour but de te viser "toi" en tant qu'auteur et je n'avais aucunement l'intention d'être agressive ; je rebondis seulement sur ce que toi et d'autres avez dit pour replacer les choses dans un contexte. Le public de Linuxfr n'est pas composé uniquement d'auteurs libristes et vu certains autres commentaires (pas forcément de toi !) il me semble que, non, tout le monde ne connaît pas les notions fondamentales sur le circuit du livre et la réalité des métiers du livre. Bref, je te demande pardon si mes propos étaient mal formulés, car ce n'était vraiment pas mon intention de te blesser.

    Quand au modèle économique, je maintiens ce que je dis : il n'y a actuellement aucun modèle viable pour la majorité des auteurs et des gens autour d'eux, qu'il s'agisse du droit d'auteur classique ou des alternatives. Toutes nos bidouilles sont des emplâtres sur des jambes de bois, faisant vivoter les auteurs et l'écosystème autour d'eux dans le meilleur des cas, laissant tout le monde dans des situations plus que précaires. Sauf la petite dizaine de star, bien sûr. Il y a ici et là quelques initiatives qui surnagent mais elles ont un mal fou à pouvoir être répliquées dans d'autres contextes. Mais je serais ravie qu'on me démontre le contraire. Il y a quelques niches où des recettes semblent pouvoir fonctionner en partie, mais je met beaucoup de précautions autour de ça, parce que ça demande tellement de conditions que je doute vraiment qu'on puisse en faire un lieu commun et que ça reste inadapté à une grande partie de la production littéraire.

    Quand à l'auto-édition, je plussoie et j'ajouterais qu'un bon livre est toujours un travail collaboratif... Même les auteurs auto-édités que je connais ont fait relire leur texte par de nombreuses personnes ; et souvent, le manque de professionnalisme de leur entourage nuit à la qualité finale de leur ouvrage. C'est normal, ça demande aussi du métier d'accompagner une œuvre jusqu'à un certain aboutissement. Ce n'est pas donné à tout le monde de voir les faiblesses d'une phrase ou d'une construction, de pister la moindre coquille, de faire de la mise en page, etc. C'est une grande chance en tant qu'auteur quand on trouve une vraie maison d'édition avec qui travailler, pour tout cet aspect-là. Par contre, même chez les géants, je trouve que la qualité du travail d'édition est parfois... médiocre. Trouver les bonnes personnes n'est jamais gagné. Cela reste encore une fois indépendant de la rémunération, même si c'est plus facile de trouver des gens compétents et motivés s'ils sont rémunérés ;)