1) Pour la question du choix : je comprends, et j'approuve, mais je doute de sa pertinence en ce qui concerne les utilisateurs lambda. J'aime bien avoir le choix aussi (et manifestement, j'ai choisi systemd), mais je n'ai pas besoin d'avoir le choix du système d'init au sein de ma distribution. Celle-ci m'impose d'ailleurs d'utiliser le noyau Linux, qui est monolithique. Si je ne veux pas utiliser systemd, je n'utilise pas Arch Linux (c'est d'ailleurs ce que vous avez fait), mais ça n'a rien à voir avec systemd. Si je ne veux pas utiliser de noyau monolithique, j'utilise Hurd ou Helios (et je m'amuse bien...). Je comprends que les développeurs d'Arch Linux ne passent pas des mois à offrir le support pour plusieurs systèmes d'init (ou noyaux).
2) La question de la « philosophie Unix »
historiquement c'est Windows le gros truc monolithique, avec l'affichage qui est prioritaire sur le multi-tâches.
Le noyau Linux aussi est « monolithique » (certes, c'est très différent de l'exemple que tu donnes mais cela montre que l'argument est à géométrie variable, du moins c'est ce qu'il me semble).
3) La question du contrôle du développement par une grosse entreprise
Économiquement, c'est développé par une grosse boîte, rachetée par IBM. C'est pas un truc que "la communauté du libre" (j'entends par là : la communauté bénévole) va pouvoir reprendre et maintenir si IBM l'abandonne.
Peut-être que si :) Et si ce n'est pas le cas, on passera à autre chose, comme on l'a fait dix fois par le passé :) Que ça soit développé par une grosse boîte ne change à mon sens pas grand chose - ou alors quelque chose m'échappe. C'est un logiciel libre, on en fait ce qu'on veut. Si on n'y arrive pas, on fait autre chose, comme pour n'importe quel logiciel libre.
Pour le cas de Firefox, il existe, comme tu le sais, des forks ôtant les fonctionnalités qui gênent ou sont imposées. Pour moi aussi, utiliser des logiciels libre relève de la résistance au capitalisme de surveillance, mais j'ai du mal à voir le rapport avec systemd (ou même les grosses boîtes). La beauté et l'efficacité du libre résident justement dans sa neutralité axiologique. Ce qui compte, c'est la licence du code, pas d'où il vient. L'émancipation qu'il permet est mécanique, elle ne repose ni sur un jugement, ni sur des valeurs.
4) Sur la question du fait que la configuration soit plus aisée avec de petits programmes, mon intuition me fait pencher de ton côté (et souvent, c'est un usage que je préfère d'ailleurs). Mais je suis pas certain qu'un débutant ait besoin de configurer son système d'init tous les quatre matins. Moi-même, alors que je sais écrire un script d'init, recompiler un noyau, écrire des patches (alors que je ne suis pas programmeur, comme un utilisateur lambda), je n'ai quasiment jamais besoin de le faire.
[^] # Re: mises à jour
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse au journal 2 ans d'Artix Linux dans un GUL de province (GEBULL.org). Évalué à 3.
Merci beaucoup pour ta réponse.
1) Pour la question du choix : je comprends, et j'approuve, mais je doute de sa pertinence en ce qui concerne les utilisateurs lambda. J'aime bien avoir le choix aussi (et manifestement, j'ai choisi systemd), mais je n'ai pas besoin d'avoir le choix du système d'init au sein de ma distribution. Celle-ci m'impose d'ailleurs d'utiliser le noyau Linux, qui est monolithique. Si je ne veux pas utiliser systemd, je n'utilise pas Arch Linux (c'est d'ailleurs ce que vous avez fait), mais ça n'a rien à voir avec systemd. Si je ne veux pas utiliser de noyau monolithique, j'utilise Hurd ou Helios (et je m'amuse bien...). Je comprends que les développeurs d'Arch Linux ne passent pas des mois à offrir le support pour plusieurs systèmes d'init (ou noyaux).
2) La question de la « philosophie Unix »
Le noyau Linux aussi est « monolithique » (certes, c'est très différent de l'exemple que tu donnes mais cela montre que l'argument est à géométrie variable, du moins c'est ce qu'il me semble).
3) La question du contrôle du développement par une grosse entreprise
Peut-être que si :) Et si ce n'est pas le cas, on passera à autre chose, comme on l'a fait dix fois par le passé :) Que ça soit développé par une grosse boîte ne change à mon sens pas grand chose - ou alors quelque chose m'échappe. C'est un logiciel libre, on en fait ce qu'on veut. Si on n'y arrive pas, on fait autre chose, comme pour n'importe quel logiciel libre.
Pour le cas de Firefox, il existe, comme tu le sais, des forks ôtant les fonctionnalités qui gênent ou sont imposées. Pour moi aussi, utiliser des logiciels libre relève de la résistance au capitalisme de surveillance, mais j'ai du mal à voir le rapport avec systemd (ou même les grosses boîtes). La beauté et l'efficacité du libre résident justement dans sa neutralité axiologique. Ce qui compte, c'est la licence du code, pas d'où il vient. L'émancipation qu'il permet est mécanique, elle ne repose ni sur un jugement, ni sur des valeurs.
4) Sur la question du fait que la configuration soit plus aisée avec de petits programmes, mon intuition me fait pencher de ton côté (et souvent, c'est un usage que je préfère d'ailleurs). Mais je suis pas certain qu'un débutant ait besoin de configurer son système d'init tous les quatre matins. Moi-même, alors que je sais écrire un script d'init, recompiler un noyau, écrire des patches (alors que je ne suis pas programmeur, comme un utilisateur lambda), je n'ai quasiment jamais besoin de le faire.