Reste que j'ai un gros problème avec cette BD: c'est malhonnête dans une publication grand public de tirer des conclusions, sur un sujet de société, en évacuant des polémiques ou en passant des objections sous silence. Ça, franchement, ça me fait mal.
Bon, je vais me répéter mais c'est une BD !
Qui est déjà assez riche en information dont le but principal est de parler de l'énergie et du climat et de rappeler que la transition énergétique sera dure car l'énergie d'origine problématique est majoritaire et difficile à remplacer. Le nucléaire est un aspect bien secondaire, certes présenté comme une solution (mais pas la seule) et qui n'a en effet pas les défauts vis à vis du climat ou de faible disponibilité (on a à priori des réserve suffisante pour plusieurs siècles à usage actuel).
Si déjà le lecteur moyen (qui ne connaît donc pas le sujet au préalable, ou très mal) a retenu l'essentiel de son propos là dessus, franchement c'est bien. S'il veut en savoir plus sur le nucléaire il peut s'informer dessus par après, voir ses confs éventuellement, etc.
Je comprend ton point de vue qu'il pourrait en dire plus sur ce point, mais bon de là à dire que c'est totalement scandaleux et qu'il faut se focaliser dessus cela me paraît excessif.
En gros : ils ont mesuré de leur côté, et ont relevé que la radioactivité du fleuve en aval du réacteur est plus élevé qu'en amont. Ok, très bien.
Pas de valeurs, aucune valeur qui sort des normes d'exploitation ou des normes sanitaires (en gros tu peux boire des litres ou te baigner dans la Garonne que le risque sanitaire est quasi nul, il est probable que d'autres composés dans ce fleuve soient plus dangereux). Mais ils cherchent à faire peur car il y a de la radioactivité quand même, tu comprends.
Ce n'est pas crédible, ils devraient expliquer en quoi c'est dangereux par des mesures. Car si ça s'accumule comme ils disent à des niveaux dangereux, ça doit se mesurer. Où sont ces mesures ? C'est leur job pourtant ! Les normes sanitaires ont été conçu pour que justement en dessous de ces seuils tu n'as à priori rien à craindre, mais ils émettent des doutes gratuitement sans preuve comme ça ?
Bref, je suis entièrement convaincu qu'une association indépendante type CRIIAD doit exister. Pour la transparence et l'indépendance des mesures dans ce domaine. Cela me semble sain. Par contre leur orientation anti nucléaire de base et leur communication qui distille des inquiétudes à la population sans démonstration c'est néfaste. S'ils ont des preuves réels de dangers dans ce cas là, qu'ils le montrent et qu'ils en fassent un scandale d'État, mais il faut des preuves et pas des hypothèses car "comme la radioactivité c'est mal, la moindre élévation de radioactivité c'est mal".
J'ai besoin de me documenter plus pour mieux te répondre, ça marche, mais sur cette phrase, qui effectivement me fait penser à la BD: on a un gros risque de comparer des torchons et des serviettes, non ?
Hum, pourquoi ?
Le réchauffement climatique est un phénomène global, toute la Terre est affectée. Les conséquences sur l'agriculture seront énormes, les catastrophes naturelles plus nombreuses et intenses vont faire des dégâts considérables qu'on ne pourra pas éviter, des gens meurent littéralement de chaud, la faible disponibilité en eau dans de nombreuses régions sera une question de vie ou de mort. La faible disponibilité de l'énergie bon marché risque de rendre le fonctionnement des institutions publiques (comme des hôpitaux) plus précaire encore ce qui va alourdir les bilans humains.
Bref, des morts, des malades, des dégâts matériels et ce globalement partout dans le monde.
Un accident nucléaire a au pire des conséquences locales. Fukushima et Tchernobyl, les cas les plus graves, ce sont des dizaines / centaines de kilomètres carrés condamnés pour longtemps, des morts mais en nombre quand même réduits que ce soit directement ou indirectement (type cancers). On parle de milliers de personnes décédés aux alentours de la centrale. Les pays américains par exemple n'ont eu aucune conséquence négative de ces deux accidents. La plupart des pays du monde et de la population mondiale non plus par ailleurs.
Et c'est plus facile de protéger une centrale nucléaire pour qu'elle ne merde pas que de protéger une population contre des inondations qui peuvent survenir plus souvent à cause du réchauffement climatique.
Donc si le nucléaire peut aider à lutter contre le réchauffement climatique, même avec des accidents de ce type qui se reproduisent, le bilan final serait bénéfique pour l'Humanité. Globalement ça c'est la thèse de Jancovici et je la partage.
Après on peut argumenter qu'on se débarrasse du nucléaire en même temps qu'on lutte contre le pétrole, gaz et charbon. Je l'entends, c'est une position qui joue sur les deux tableaux et qui est en théorie sympa.
Cependant ça s'annonce compliqué. On l'a vu que la hausse du coût du pétrole qui a accouché des gilets jaunes à l'époque. Un mouvement social d'ampleur pour un impact sur le pouvoir d'achat raisonnablement faible. Cela annonce la couleur : le moindre pourcent de confort, le moindre euro sur la facture d'énergie peut influer l'acceptabilité. Sans nucléaire, l'effort à faire financièrement et socialement sera plus important.
On a aussi un problème de timing, on a 30 ans pour sauver le monde si je puis dire, c'est peu. Cela semble délicat de faire une transition majeure en si peu de temps sans utiliser tous les outils à disposition. La plupart des scénarios du GIEC pour respecter les accords de Paris par exemple misent sur le nucléaire, très peu n'en ont pas ou moins qu'aujourd'hui. Cela montre que de s'en passer ce n'est pas une sinécure.
La crise de l'énergie depuis fin 2021 a redonné de l'intérêt eu nucléaire car on a vu en pleine face l'impact de notre dépendance au fossile, que ce soit vis à vis du climat ou de notre mode de vie. Et que d'en sortir prendra du temps et coûtera cher. Des pays qui voulaient sortir du nucléaire veulent prolonger les réacteurs un petit peu (Allemagne, Belgique), des pays qui veulent sortir du charbon misent partiellement dessus (Pologne, République Tchèque), des pays touchés par des catastrophes veulent maintenir et élargir leur parc nucléaire (Ukraine, Japon), des pays pétroliers veulent s'y mettre aussi pour des raisons de coûts (c'est mieux de vendre le pétrole que de le brûler sur place pour faire de l'électricité) comme aux ÉAU.
Je pense que le désaccord principal est là : croire qu'on peut faire la transition énergétique sans nucléaire à temps ou croire qu'on peut ne pas le faire sans. Cela se discute, car tout est possible, mais les impacts seront forcément différents pour tout le monde.
D'ailleurs si on mise son raisonnement sur le contenu de la BD, alors forcément on tombe sur cette conclusion.
Jancovici ne fait pas mystère de son point de vu sur le sujet. Et je pense que c'est ce que tu peux lui reprocher sans problème. Il présente sa vision de la solution, d'autres sont possibles mais pas sans conséquences (de même que sa solution n'est pas sans conséquences non plus). Il a réfléchi et choisi un compromis acceptable à ses yeux. Son but reste de vendre que tout n'est pas fichu non plus, que des solutions sont possibles sans revenir à l'âge de pierre.
Mais le corpus principal de sa BD et de ses conférences n'est pas tellement dans le nucléaire. Son point principal est surtout de rappeler les problèmes et le défi devant nous :
Société qui dépend de l'énergie dense et pas chère ;
Disponibilité de cette énergie fossile qui va décliner prochainement, et que les pays riches n'ont pas sur leur sol en quantité suffisante ;
Énergie fossile qui a un impact sur le climat avec un effet dévastateur global ;
Absence de technologie miracle qui permettra de vivre comme avant sans efforts : il faut isoler les maisons, utiliser moins la voiture, consommer moins d'objets ou de services, et il faudra payer le tout plus cher ;
Que tout cela s'est construit en deux siècles, bien que majoritairement en 70 ans (après la 2e GM), on a 30 ans devant nous seulement...
Le nucléaire n'est qu'une portion insignifiante de son discours et de sa BD. De même que le nouveau renouvelable, il parle majoritairement des énergies fossiles et de notre consommation d'énergie actuelle voire du climat. Il ne faut pas se focaliser sur ce point. C'est d'ailleurs un peu le problème médiatique en France, quand on parle d'énergie on parle d'électricité et de nucléaire tout le temps. Cette année enfin on aborde un peu plus la question des voitures, du pétrole ou du gaz. Cela devrait pourtant être le sujet majeur depuis 10-20 ans.
[^] # Re: Efficacité énergétique réelle?
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au journal WikiHouse: les plans de pièces de maison sous licence CC BY-SA. Évalué à 6.
Bon, je vais me répéter mais c'est une BD !
Qui est déjà assez riche en information dont le but principal est de parler de l'énergie et du climat et de rappeler que la transition énergétique sera dure car l'énergie d'origine problématique est majoritaire et difficile à remplacer. Le nucléaire est un aspect bien secondaire, certes présenté comme une solution (mais pas la seule) et qui n'a en effet pas les défauts vis à vis du climat ou de faible disponibilité (on a à priori des réserve suffisante pour plusieurs siècles à usage actuel).
Si déjà le lecteur moyen (qui ne connaît donc pas le sujet au préalable, ou très mal) a retenu l'essentiel de son propos là dessus, franchement c'est bien. S'il veut en savoir plus sur le nucléaire il peut s'informer dessus par après, voir ses confs éventuellement, etc.
Je comprend ton point de vue qu'il pourrait en dire plus sur ce point, mais bon de là à dire que c'est totalement scandaleux et qu'il faut se focaliser dessus cela me paraît excessif.
Je vais justifier par un exemple typique de la CRIIAD : https://www.20minutes.fr/planete/2955935-20210119-tarn-garonne-rapport-epingle-banalisation-rejets-radioactifs-garonne-centrale-golfech
En gros : ils ont mesuré de leur côté, et ont relevé que la radioactivité du fleuve en aval du réacteur est plus élevé qu'en amont. Ok, très bien.
Pas de valeurs, aucune valeur qui sort des normes d'exploitation ou des normes sanitaires (en gros tu peux boire des litres ou te baigner dans la Garonne que le risque sanitaire est quasi nul, il est probable que d'autres composés dans ce fleuve soient plus dangereux). Mais ils cherchent à faire peur car il y a de la radioactivité quand même, tu comprends.
Ce n'est pas crédible, ils devraient expliquer en quoi c'est dangereux par des mesures. Car si ça s'accumule comme ils disent à des niveaux dangereux, ça doit se mesurer. Où sont ces mesures ? C'est leur job pourtant ! Les normes sanitaires ont été conçu pour que justement en dessous de ces seuils tu n'as à priori rien à craindre, mais ils émettent des doutes gratuitement sans preuve comme ça ?
Bref, je suis entièrement convaincu qu'une association indépendante type CRIIAD doit exister. Pour la transparence et l'indépendance des mesures dans ce domaine. Cela me semble sain. Par contre leur orientation anti nucléaire de base et leur communication qui distille des inquiétudes à la population sans démonstration c'est néfaste. S'ils ont des preuves réels de dangers dans ce cas là, qu'ils le montrent et qu'ils en fassent un scandale d'État, mais il faut des preuves et pas des hypothèses car "comme la radioactivité c'est mal, la moindre élévation de radioactivité c'est mal".
Hum, pourquoi ?
Le réchauffement climatique est un phénomène global, toute la Terre est affectée. Les conséquences sur l'agriculture seront énormes, les catastrophes naturelles plus nombreuses et intenses vont faire des dégâts considérables qu'on ne pourra pas éviter, des gens meurent littéralement de chaud, la faible disponibilité en eau dans de nombreuses régions sera une question de vie ou de mort. La faible disponibilité de l'énergie bon marché risque de rendre le fonctionnement des institutions publiques (comme des hôpitaux) plus précaire encore ce qui va alourdir les bilans humains.
Bref, des morts, des malades, des dégâts matériels et ce globalement partout dans le monde.
Un accident nucléaire a au pire des conséquences locales. Fukushima et Tchernobyl, les cas les plus graves, ce sont des dizaines / centaines de kilomètres carrés condamnés pour longtemps, des morts mais en nombre quand même réduits que ce soit directement ou indirectement (type cancers). On parle de milliers de personnes décédés aux alentours de la centrale. Les pays américains par exemple n'ont eu aucune conséquence négative de ces deux accidents. La plupart des pays du monde et de la population mondiale non plus par ailleurs.
Et c'est plus facile de protéger une centrale nucléaire pour qu'elle ne merde pas que de protéger une population contre des inondations qui peuvent survenir plus souvent à cause du réchauffement climatique.
Donc si le nucléaire peut aider à lutter contre le réchauffement climatique, même avec des accidents de ce type qui se reproduisent, le bilan final serait bénéfique pour l'Humanité. Globalement ça c'est la thèse de Jancovici et je la partage.
Après on peut argumenter qu'on se débarrasse du nucléaire en même temps qu'on lutte contre le pétrole, gaz et charbon. Je l'entends, c'est une position qui joue sur les deux tableaux et qui est en théorie sympa.
Cependant ça s'annonce compliqué. On l'a vu que la hausse du coût du pétrole qui a accouché des gilets jaunes à l'époque. Un mouvement social d'ampleur pour un impact sur le pouvoir d'achat raisonnablement faible. Cela annonce la couleur : le moindre pourcent de confort, le moindre euro sur la facture d'énergie peut influer l'acceptabilité. Sans nucléaire, l'effort à faire financièrement et socialement sera plus important.
On a aussi un problème de timing, on a 30 ans pour sauver le monde si je puis dire, c'est peu. Cela semble délicat de faire une transition majeure en si peu de temps sans utiliser tous les outils à disposition. La plupart des scénarios du GIEC pour respecter les accords de Paris par exemple misent sur le nucléaire, très peu n'en ont pas ou moins qu'aujourd'hui. Cela montre que de s'en passer ce n'est pas une sinécure.
La crise de l'énergie depuis fin 2021 a redonné de l'intérêt eu nucléaire car on a vu en pleine face l'impact de notre dépendance au fossile, que ce soit vis à vis du climat ou de notre mode de vie. Et que d'en sortir prendra du temps et coûtera cher. Des pays qui voulaient sortir du nucléaire veulent prolonger les réacteurs un petit peu (Allemagne, Belgique), des pays qui veulent sortir du charbon misent partiellement dessus (Pologne, République Tchèque), des pays touchés par des catastrophes veulent maintenir et élargir leur parc nucléaire (Ukraine, Japon), des pays pétroliers veulent s'y mettre aussi pour des raisons de coûts (c'est mieux de vendre le pétrole que de le brûler sur place pour faire de l'électricité) comme aux ÉAU.
Je pense que le désaccord principal est là : croire qu'on peut faire la transition énergétique sans nucléaire à temps ou croire qu'on peut ne pas le faire sans. Cela se discute, car tout est possible, mais les impacts seront forcément différents pour tout le monde.
Jancovici ne fait pas mystère de son point de vu sur le sujet. Et je pense que c'est ce que tu peux lui reprocher sans problème. Il présente sa vision de la solution, d'autres sont possibles mais pas sans conséquences (de même que sa solution n'est pas sans conséquences non plus). Il a réfléchi et choisi un compromis acceptable à ses yeux. Son but reste de vendre que tout n'est pas fichu non plus, que des solutions sont possibles sans revenir à l'âge de pierre.
Mais le corpus principal de sa BD et de ses conférences n'est pas tellement dans le nucléaire. Son point principal est surtout de rappeler les problèmes et le défi devant nous :
Le nucléaire n'est qu'une portion insignifiante de son discours et de sa BD. De même que le nouveau renouvelable, il parle majoritairement des énergies fossiles et de notre consommation d'énergie actuelle voire du climat. Il ne faut pas se focaliser sur ce point. C'est d'ailleurs un peu le problème médiatique en France, quand on parle d'énergie on parle d'électricité et de nucléaire tout le temps. Cette année enfin on aborde un peu plus la question des voitures, du pétrole ou du gaz. Cela devrait pourtant être le sujet majeur depuis 10-20 ans.