Comme c'est souvent le cas dans les démarches militantes, j'ai peur que ces arguments ne font pas l'hypothèse que les gens qui développement l'argument de la fortune virtuelle sont dotés d'un minimum d'intelligence.
L'argument de la fortune virtuelle, c'est plutôt (à ma connaissance) l'idée qu'il est impossible de Bezos d'acheter pour 100 milliards de trucs réels s'il en avait envie. Les problèmes de liquidité et de volatilité sont des problèmes concrets; celui de la légalité de la liquidation d'une telle fortune également (posséder une entreprise ça n'est pas comme posséder une boite de petits pois), mais ce sont des problèmes techniques, qui doivent être solubles en partie (moyennant avocats et un taux de perte substantiel). J'ai plutôt l'impression que cette fortune est virtuelle dans la mesure où il est physiquement impossible de la dépenser sans acheter d'autres trucs virtuels. Musk aurait pu acheter des actions de Twitter, mais il aurait juste échangé des trucs virtuels contre d'autres trucs virtuels. Mais il n'aurait pas pu acheter la Joconde, ni 1000 tonnes d'or, ni pour 10 milliards de boites de salsifis; ni même probablement récupérer 100 milliards en billets (ça ferait environ 10% des billets existants). Pour satisfaire de telles lubies, il faudrait des années.
Après, oui, il pourrait donner cet argent, et confier à des milliers d'acteurs le soin de le dépenser.
La partie finale de l'argument ("et même si la liquidation était difficile et coûtait 90% de sa fortune il serait encore super-riche") est un enfonçage de portes ouvertes, car c'est exactement l'argument de la monnaie virtuelle : ces gens sont ultra-riches, mais les 150 milliards qu'ils possèdent ne sont pas comparables à 150 milliards sur un compte en banque.
[^] # Re: Super rich, super bullshit
Posté par arnaudus . En réponse au journal La richesse des ultra-riches, à raison de 1000 USD par pixel. Évalué à 5.
Comme c'est souvent le cas dans les démarches militantes, j'ai peur que ces arguments ne font pas l'hypothèse que les gens qui développement l'argument de la fortune virtuelle sont dotés d'un minimum d'intelligence.
L'argument de la fortune virtuelle, c'est plutôt (à ma connaissance) l'idée qu'il est impossible de Bezos d'acheter pour 100 milliards de trucs réels s'il en avait envie. Les problèmes de liquidité et de volatilité sont des problèmes concrets; celui de la légalité de la liquidation d'une telle fortune également (posséder une entreprise ça n'est pas comme posséder une boite de petits pois), mais ce sont des problèmes techniques, qui doivent être solubles en partie (moyennant avocats et un taux de perte substantiel). J'ai plutôt l'impression que cette fortune est virtuelle dans la mesure où il est physiquement impossible de la dépenser sans acheter d'autres trucs virtuels. Musk aurait pu acheter des actions de Twitter, mais il aurait juste échangé des trucs virtuels contre d'autres trucs virtuels. Mais il n'aurait pas pu acheter la Joconde, ni 1000 tonnes d'or, ni pour 10 milliards de boites de salsifis; ni même probablement récupérer 100 milliards en billets (ça ferait environ 10% des billets existants). Pour satisfaire de telles lubies, il faudrait des années.
Après, oui, il pourrait donner cet argent, et confier à des milliers d'acteurs le soin de le dépenser.
La partie finale de l'argument ("et même si la liquidation était difficile et coûtait 90% de sa fortune il serait encore super-riche") est un enfonçage de portes ouvertes, car c'est exactement l'argument de la monnaie virtuelle : ces gens sont ultra-riches, mais les 150 milliards qu'ils possèdent ne sont pas comparables à 150 milliards sur un compte en banque.