L'augmentation du niveau de vie n'est d'ailleurs pas antinomique avec des objectifs écologiques raisonnables.
Peut-être qu'on devrait commencer par repenser comment on évalue sa qualité de vie plutôt que constamment parler d'un "niveau" de vie, qui, aujourd'hui, ne se définit quasiment que par le pouvoir d'achat, et donc la capacité à consommer.
On est tellement bassiné par le "niveau de vie" que c'est exactement ça qu'on regarde: on associe la décroissance avec une réduction du pouvoir d'achat.
On devrait plutôt redéfinir ce qu'on veut comme qualité de vie.
Parce que c'est facile de dire "vous changerez d'iPhone tous les 3 ans au lieu de tous les ans", mais la décroissance, ça n'est pas ça. La décroissance, c'est aussi une baisse des salaires (soit individuelle, associée ou non à un partage du temps de travail, soit globale, avec beaucoup de chômeurs et peu d'employés à plein temps); moins de services publics, etc.
En fait, avec la fin du pétrole, il y a de bonnes chances qu'on soit au plein emploi avec un grand retour aux tâches manuelles! Quant aux salaires, revenons à ce que je disais au-dessus: on devrait revoir tout ça en termes de "qualité de vie". Aujourd'hui le coût des choses est trompeur: on subventionne l'agriculture, nombre d'appareils sont fabriqués dans des pays à faible coût de main d'œuvre.
Entre subventions et relocalisation, le coût relatif des choses devrait être plus représentatif du travail derrière mais aussi du projet de société: on subventionne ce qui est nécessaire à une qualité de vie décente, et le reste est laissé soit au libre marché, soit taxé pour représenter le coût environnemental.
Voyager moins, ça n'est pas que des vacances en France, c'est aussi de voir ses proches moins souvent, de rater les enterrements, de réserver les études à l'étranger à une élite financière, d'avoir des contacts sociaux seulement dans son voisinage.
Ou voyager différemment. Au lieu de partir une semaine par-ci, une semaine par-là au cours de l'année, ce sera un gros voyage tous les X ans, qui permettra de choisir le train et le bateau plutôt que l'avion, par exemple.
D'ailleurs, on peut se demander à quel point notre quotidien et notre environnement immédiat est merdique si on est tellement obsédés par l'idée de se barrer ailleurs pour une petite semaine, trajet compris!
Que pourrait-on faire pour qu'on n'ait pas cette irrésistible envie d'aller ailleurs dès qu'on peut se le permettre?
Et on ne parle pas de supprimer totalement les déplacements aériens, mais sans doute de les réserver aux vraies urgences (un enterrement d'un proche lointain, par exemple).
Quant aux contacts sociaux, euh... ils sont déjà limités géographiquement, à moins d'être multi-millionnaire et d'avoir beaucoup de temps libre, les amis "très loin", c'est tout sur Internet.
[^] # Re: Je m'en fiche de plus en plus.
Posté par Maclag . En réponse au journal Hypocrisie d'énergie. Évalué à 10.
Peut-être qu'on devrait commencer par repenser comment on évalue sa qualité de vie plutôt que constamment parler d'un "niveau" de vie, qui, aujourd'hui, ne se définit quasiment que par le pouvoir d'achat, et donc la capacité à consommer.
On est tellement bassiné par le "niveau de vie" que c'est exactement ça qu'on regarde: on associe la décroissance avec une réduction du pouvoir d'achat.
On devrait plutôt redéfinir ce qu'on veut comme qualité de vie.
En fait, avec la fin du pétrole, il y a de bonnes chances qu'on soit au plein emploi avec un grand retour aux tâches manuelles! Quant aux salaires, revenons à ce que je disais au-dessus: on devrait revoir tout ça en termes de "qualité de vie". Aujourd'hui le coût des choses est trompeur: on subventionne l'agriculture, nombre d'appareils sont fabriqués dans des pays à faible coût de main d'œuvre.
Entre subventions et relocalisation, le coût relatif des choses devrait être plus représentatif du travail derrière mais aussi du projet de société: on subventionne ce qui est nécessaire à une qualité de vie décente, et le reste est laissé soit au libre marché, soit taxé pour représenter le coût environnemental.
Ou voyager différemment. Au lieu de partir une semaine par-ci, une semaine par-là au cours de l'année, ce sera un gros voyage tous les X ans, qui permettra de choisir le train et le bateau plutôt que l'avion, par exemple.
D'ailleurs, on peut se demander à quel point notre quotidien et notre environnement immédiat est merdique si on est tellement obsédés par l'idée de se barrer ailleurs pour une petite semaine, trajet compris!
Que pourrait-on faire pour qu'on n'ait pas cette irrésistible envie d'aller ailleurs dès qu'on peut se le permettre?
Et on ne parle pas de supprimer totalement les déplacements aériens, mais sans doute de les réserver aux vraies urgences (un enterrement d'un proche lointain, par exemple).
Quant aux contacts sociaux, euh... ils sont déjà limités géographiquement, à moins d'être multi-millionnaire et d'avoir beaucoup de temps libre, les amis "très loin", c'est tout sur Internet.