Tu ne crois pas que la décroissance puisse marcher parce que tu es bien dans l’idée dominante que c’est la seule voie possible.
Tu as probablement écrit le contraire de ce que tu voulais dire, mais tu m'a mal compris. Je pense qu'il est possible que la décroissance rationnelle soit la voie la plus efficace pour limiter le réchauffement climatique. Mais je pense aussi que cette décroissance est mortifère; et que la seule raison qui pourrait me faire croire que c'est la voie à prendre serait de me convaincre que si on le faisait pas, on irait vers une récession dont les conséquences seraient pires que la décroissance contrôlée.
La dernière partie du raisonnement ne me semble pas acquise. L'humanité a déja été de nombreuses fois dans une spirale autodestructrice, mais ça n'a pas toujours mené à la disparition d'une civilisation. Par exemple, le défrichage des surfaces boisées aurait pu mener à une catastrophe humanitaire et écologique en France (plus d'arbre = plus de bois, plus de chauffage, plus de construction), mais ça n'a pas été le cas: l'augmentation des rendements de l'agriculture a permis de replanter des arbres et d'avoir à la fois du bois et de quoi manger. On a su gérer collectivement la catastrophe annoncée du trou dans la couche d'ozone. Plus récemment, depuis le XIXe siècle, de nombreuses ressources ont connu d'immenses crises avec une demande démesurée par rapport à l'offre, et on a toujours réussi à trouver des produits de substitution. Je n'arrive pas à trouver un seul exemple d'un produit ou d'un bien de consommation qu'on aimerait tous avoir et dont on doive se passer parce que les matières premières n'existent plus. On a également pu se débarrasser de matières premières dangereuses de la même manière (mercure, plomb). Bien sûr, le fait que ça n'est jamais arrivé ne garantit pas que ça n'arrivera jamais, mais de la même manière, le fait que ça n'est jamais arrivé ouvre la possibilité que ça puisse ne pas arriver.
Quoi qu'il en soit, le PIB peut très bien continuer à augmenter sans pour autant qu'on doive extraire toujours plus de matières premières et brûler plus de CO2. Évidemment, ça serait plus clair si on avait construit assez de centrales nucléaires ces 30 dernières années pour avoir de l'énergie électrique pas chère à gogo...
[^] # Re: Je m'en fiche de plus en plus.
Posté par arnaudus . En réponse au journal Hypocrisie d'énergie. Évalué à 1.
Tu as probablement écrit le contraire de ce que tu voulais dire, mais tu m'a mal compris. Je pense qu'il est possible que la décroissance rationnelle soit la voie la plus efficace pour limiter le réchauffement climatique. Mais je pense aussi que cette décroissance est mortifère; et que la seule raison qui pourrait me faire croire que c'est la voie à prendre serait de me convaincre que si on le faisait pas, on irait vers une récession dont les conséquences seraient pires que la décroissance contrôlée.
La dernière partie du raisonnement ne me semble pas acquise. L'humanité a déja été de nombreuses fois dans une spirale autodestructrice, mais ça n'a pas toujours mené à la disparition d'une civilisation. Par exemple, le défrichage des surfaces boisées aurait pu mener à une catastrophe humanitaire et écologique en France (plus d'arbre = plus de bois, plus de chauffage, plus de construction), mais ça n'a pas été le cas: l'augmentation des rendements de l'agriculture a permis de replanter des arbres et d'avoir à la fois du bois et de quoi manger. On a su gérer collectivement la catastrophe annoncée du trou dans la couche d'ozone. Plus récemment, depuis le XIXe siècle, de nombreuses ressources ont connu d'immenses crises avec une demande démesurée par rapport à l'offre, et on a toujours réussi à trouver des produits de substitution. Je n'arrive pas à trouver un seul exemple d'un produit ou d'un bien de consommation qu'on aimerait tous avoir et dont on doive se passer parce que les matières premières n'existent plus. On a également pu se débarrasser de matières premières dangereuses de la même manière (mercure, plomb). Bien sûr, le fait que ça n'est jamais arrivé ne garantit pas que ça n'arrivera jamais, mais de la même manière, le fait que ça n'est jamais arrivé ouvre la possibilité que ça puisse ne pas arriver.
Quoi qu'il en soit, le PIB peut très bien continuer à augmenter sans pour autant qu'on doive extraire toujours plus de matières premières et brûler plus de CO2. Évidemment, ça serait plus clair si on avait construit assez de centrales nucléaires ces 30 dernières années pour avoir de l'énergie électrique pas chère à gogo...