Le problème n’est pas la maison individuelle (j’y vis sans presque dépendre d’une voiture), le problème c’est de construire ex nihilo de grandes quantités de maisons sans les services de bases qui vont avec à proximité.
En résumé, on a construit des dortoirs, pas des villages.
C’est un problème d’urbanisme.
Le modèle du pavillon a été rendu possible par la voiture, c'est un fait. On aurait pas pu avoir un tel urbanisme sans la voiture individuelle
C'est faux : la myriade de villages qui existent en France ne sont pas le fait de la voiture. Ce qui est le fait de la voiture, c’est « la banlieulisation », la création de lieux non-vivants.
C’est pour ça que j’insiste sur le caractère éminemment social de l’habitat. On ne peut pas « condamner » l’humanité à vivre dans des placards à balai (n’en déplaise à certain, c’est tout de même le ressenti majoritaire de l’expérience appartement, sinon, pourquoi y aurait-il eu l’essor des pavillons ?).
Je maintiens qu’il est essentiel pour un humain d’avoir accès à la terre et au ciel.
Un exemple que je reprends souvent est le cas d’Amiens (j’y ai vécu un bout de temps). Les quartiers dit difficiles sont ceux les plus denses (barres d’immeubles du quartier nord). Il est très intéressant de les comparer aux autres quartiers pourtant constitués d’amiénoises (maisons quasi-identiques placés les unes à côtés des autres MAIS avec quasiment toutes un jardin). C’est très remarquablement homogène (je n’ai vu ça quasiment nul par ailleurs : en vivant dans une amiénoise, vous connaissez le plan de maison de 75 % des autres habitants). Ces autres quartiers sont quasiment exempts des soucis des quartiers nord. Et je pense que c’est dû à l’habitat : sans jardin, une jeunes est « condamné » à « zoner » dans les communs, et les mauvaises idées ayant tendances à fleurir en groupe, engendre des comportements incivils.
Un autre est celui du 19 ème arrondissement de Paris : pourquoi pas d’émeute en 95 ? Alors que c’est le quartier le plus dense en tours et barres d’habitation ? Avec le même profil d’habitant (c’est l’arrondissement avec le plus de logements sociaux) ? Parce que c’est l’exception qui confirme la règle : contrairement à la barre de banlieue, celle du 19ème dispose de services et de loisirs (parc de la Villette, des Buttes Chaumont, Bassin de la Villette) à ses pieds et d’un très bon réseau de transport.
Bref, c’est un lieu vivant (ce qui est tout de même à mille lieues de la vie à campagne).
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
[^] # Re: Petits gestes et grand vide
Posté par PhRæD . En réponse au journal Hypocrisie d'énergie. Évalué à 8.
Le problème n’est pas la maison individuelle (j’y vis sans presque dépendre d’une voiture), le problème c’est de construire ex nihilo de grandes quantités de maisons sans les services de bases qui vont avec à proximité.
En résumé, on a construit des dortoirs, pas des villages.
C’est un problème d’urbanisme.
C'est faux : la myriade de villages qui existent en France ne sont pas le fait de la voiture. Ce qui est le fait de la voiture, c’est « la banlieulisation », la création de lieux non-vivants.
C’est pour ça que j’insiste sur le caractère éminemment social de l’habitat. On ne peut pas « condamner » l’humanité à vivre dans des placards à balai (n’en déplaise à certain, c’est tout de même le ressenti majoritaire de l’expérience appartement, sinon, pourquoi y aurait-il eu l’essor des pavillons ?).
Je maintiens qu’il est essentiel pour un humain d’avoir accès à la terre et au ciel.
Un exemple que je reprends souvent est le cas d’Amiens (j’y ai vécu un bout de temps). Les quartiers dit difficiles sont ceux les plus denses (barres d’immeubles du quartier nord). Il est très intéressant de les comparer aux autres quartiers pourtant constitués d’amiénoises (maisons quasi-identiques placés les unes à côtés des autres MAIS avec quasiment toutes un jardin). C’est très remarquablement homogène (je n’ai vu ça quasiment nul par ailleurs : en vivant dans une amiénoise, vous connaissez le plan de maison de 75 % des autres habitants). Ces autres quartiers sont quasiment exempts des soucis des quartiers nord. Et je pense que c’est dû à l’habitat : sans jardin, une jeunes est « condamné » à « zoner » dans les communs, et les mauvaises idées ayant tendances à fleurir en groupe, engendre des comportements incivils.
Un autre est celui du 19 ème arrondissement de Paris : pourquoi pas d’émeute en 95 ? Alors que c’est le quartier le plus dense en tours et barres d’habitation ? Avec le même profil d’habitant (c’est l’arrondissement avec le plus de logements sociaux) ? Parce que c’est l’exception qui confirme la règle : contrairement à la barre de banlieue, celle du 19ème dispose de services et de loisirs (parc de la Villette, des Buttes Chaumont, Bassin de la Villette) à ses pieds et d’un très bon réseau de transport.
Bref, c’est un lieu vivant (ce qui est tout de même à mille lieues de la vie à campagne).
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »