• [^] # Re: Je m'en fiche de plus en plus.

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Hypocrisie d'énergie. Évalué à 10.

    Le problème, c'est que depuis des décennies, l'écologie – en particulier l'écologie politique – a été la chasse gardée d'associations et de partis qui sont dans le dogme et pas dans le consensus scientifique. Pire, ces gens là ont tellement réussi à prendre l'ascendant sur le mot « écologie » que toute proposition, fusse-t-elle étayée, qui sort de leur dogme, est considérée comme hérétique et dénoncée comme telle en place publique – même si la voix de l'écologie à base scientifique se fait de plus en plus entendre. On parle ici de gens qui sont prêts à raconter absolument tout et n'importe quoi dans le but de soutenir leur lutte, et ce même si ça va à la fois contre le consensus scientifique et toute forme d'acceptabilité sociale. On parle ici de gens qui n'imaginent pas que l'on puisse penser comme eux, et qui ne sont pas dans une démarche positive, qui ne cherchent pas à convaincre et à montrer les aspects positifs des actions qu'ils préconisent ; non : pour eux, toute parole qui ne suit pas leur dogme doit être tue1 , et si on pense différemment c'est obligatoirement qu'on a tord. Le fait de convaincre du bien-fondé des opinions, celui de rassurer sur le fait que certaines mesures n'auront pas les conséquences délétères que l'on pourrait imaginer surtout si on s'y mets tôt avec assez de moyens, rien de tout ça n'entre en ligne de compte, et pour cause : on est censés être déjà convaincu du bien-fondé de toutes ces mesures – ou être idiot.

    Dans le cadre de l'écologie politique, c'est encore pire : à ces dogmes se superposent le dogme de l'opposition : « Puisque les écologistes proposent X et qu'on est dans l'opposition, alors on va proposer l'inverse de X » – et ce sans la moindre considération pour ce qui serait intéressant pour la population et les écosystèmes. C'est comme ça qu'on arrive à des « débats » dans lesquels, par exemple, certains soutiennent qu'il faut impérativement se débarrasser des centrales électriques nucléaires, d'autres qu'il faudrait arrêter d'investir dans les énergies renouvelables et construire massivement des centrales nucléaires... sans jamais que personne ne se rappelle que le vrai problème, c'est d'abord et avant tout de se débarrasser des énergies fossiles, l'électricité nucléaire ou les énergies renouvelables n'état qu'un moyen pour atteindre ce but.

    Et donc on en arrive en effet à une situation extrêmement frustrante, une lutte complètement hypocrite, à base de dogmes sans trop de rapports avec le consensus scientifique, où chacun défend son bout de gras parce que c'est son_ bout de gras, et pas parce que c'est une solution pour le bien commun.

    Heureusement on entends de plus en plus – mais toujours pas assez – des partisans d'une écologie scientifique, beaucoup moins dogmatique2 dans son approche du sujet. Certains ont fait une image pour présenter la différence :

    L'une des différences majeures, c'est que l'écologie scientifique ne propose quasiment jamais une solution miracle, mais très souvent un ensemble de chemins possibles avec leurs avantages et inconvénients ; à la chose politique de choisir lequel de ces chemins emprunter à partir de ces données. Comme exemple, on pourrait donner les différents de production électrique en 2050 par RTE.

    À titre personnel, autant je trouve l'écologie politique « traditionnelle » absolument insupportable, autant l'écologie scientifique me passionne. Si je devais donner un point d'entrée dans le sujet, ça serait sans doute l'excellente chaine Le Réveilleur.


    1. Par exemple, en faisant en sorte que les réunions d'information du public ne puissent pas se tenir parce que les militants empêchent les différents orateurs de prendre la parole – c'est doublement pratique, parce que non seulement aucune voix discordante ne peut être tenue, mais en plus ça permet de râler sur le fait qu'aucune réunion d'information publique n'a été faite.

    2. Mais pas toujours dépourvue de dogmes. Par contre, je ne parle ici que d'une véritable écologie scientifique. Ceci, en particulier, en exclut les scientistes, des dogmatiques qui sont persuadés qu'on peut faire un peu n'importe quoi parce que « la science » apportera des solutions. Notez d'ailleurs que certains points de dogmes écologistes sont aussi scientistes, par exemple quand certaines solutions proposées impliquent la mise en service massive et rapide de technologies qui sont à peine à l'état du démonstrateur aujourd'hui – je pense par exemple au stockage massif de l'électricité.

    La connaissance libre : https://zestedesavoir.com