Ça fait beaucoup trop d'années pour être sûr mais je crois me
rappeler que la dragonne en question avait une technique de
drague et d'approche - au moins au départ - essentiellement
basée sur la mise sous pression, le harcèlement et le rapport
de force inégale
J'imagine que le fait que ce soit la femelle qui se comporte
comme ça rendait le truc plus OK pour que quiconque ait
quelque chose à redire, sorte de vengeance sur des milliers
d'années de machisme.
Ou plus prosaïquement, le fait que les violences sexuelles envers les hommes sont passés au tapis pour divers raisons.
D'une part, il y a des groupes masculinistes qui s'en servent afin de placer des fausses égalités (les exemples qui me viennent à l'esprit sont au Quebec, décrit dans ce livre, le chapitre sur la récupération des suicides et celui après, sur le conseil du statut de la femme), ce qui va de facto rendre les discussions plus compliquées, car parmi les groupes progressistes, personne ne veut se retrouver à reprendre des sujets des groupes non progressistes comme les masculinistes.
Il y a aussi le fait qu'une partie des violences sexuelles envers les hommes sont causés par d'autres hommes, donc il y a un tabou à parler de ça car ça reprends les discours de groupes homophobes. Il suffit de voir comment les tentatives d'en parler (exemple en janvier 2021 ) ne semble pas faire de bruit. On peut faire le même constant entre femmes, avec les mêmes causes et les mêmes résultats.
Il y a aussi le fait que ça complique un peu les simplifications de discours sur la base de "les femmes sont fragiles, les hommes sont des agresseurs". Comme un article de Libé sur le sujet le pointe, parler des violences sexuelles sur les hommes est perçu comme un jeu à somme nulle.
Et un discours complexe et nuancé, c'est un discours qui va moins bien être compris, et va moins bien se propager. Plus une idée est simple, plus il est facile de la répéter et de faire changer les esprits.
Il y a donc une opposition entre la réalité complexe et le besoin de simplifier sa représentation pour faire passer un message.
Les violences sexuelles, c'est numériquement plus souvent dans le sens homme vers femme que les autres combinaisons et c'est important d'en parler mais ça veut pas dire que les autres n'existent pas.
Et dans le cas de Shrek, ça s'inscrit aussi dans le fait qu'un homme qui va se retrouver dans ce genre de situation, c'est présenté comme drôle, et c'est une longue tradition.
Par exemple, dans Police Academy, le gag récurrent du Blue Oyster joue sur ça (avec le sous entendu que les officiers font plus que danser avec des bikers en cuir).
J'imagine qu'on peut aussi se poser la question du fait que ça soit Eddie Murphy qui double Donkey en VO, et la relation entre le personnage et la représentation des hommes noirs dans le cinéma US, et que ça interrogerais aussi de facto le personnage d'Elizabeth (la dragonne), qui est présenté comme hypersexuelle, dirigiste et vachement fertile (6 enfants), un peu comme les femmes noires depuis des années.
[^] # Re: Pays interdisant la sortie du film
Posté par Misc (site web personnel) . En réponse au lien Le dernier Pixar « Lightyear » censuré dans 14 pays pour un baiser homosexuel - L'ADN. Évalué à 7.
C'est exactement ça.
Ou plus prosaïquement, le fait que les violences sexuelles envers les hommes sont passés au tapis pour divers raisons.
D'une part, il y a des groupes masculinistes qui s'en servent afin de placer des fausses égalités (les exemples qui me viennent à l'esprit sont au Quebec, décrit dans ce livre, le chapitre sur la récupération des suicides et celui après, sur le conseil du statut de la femme), ce qui va de facto rendre les discussions plus compliquées, car parmi les groupes progressistes, personne ne veut se retrouver à reprendre des sujets des groupes non progressistes comme les masculinistes.
Il y a aussi le fait qu'une partie des violences sexuelles envers les hommes sont causés par d'autres hommes, donc il y a un tabou à parler de ça car ça reprends les discours de groupes homophobes. Il suffit de voir comment les tentatives d'en parler (exemple en janvier 2021 ) ne semble pas faire de bruit. On peut faire le même constant entre femmes, avec les mêmes causes et les mêmes résultats.
Il y a aussi le fait que ça complique un peu les simplifications de discours sur la base de "les femmes sont fragiles, les hommes sont des agresseurs". Comme un article de Libé sur le sujet le pointe, parler des violences sexuelles sur les hommes est perçu comme un jeu à somme nulle.
Et un discours complexe et nuancé, c'est un discours qui va moins bien être compris, et va moins bien se propager. Plus une idée est simple, plus il est facile de la répéter et de faire changer les esprits.
Il y a donc une opposition entre la réalité complexe et le besoin de simplifier sa représentation pour faire passer un message.
Les violences sexuelles, c'est numériquement plus souvent dans le sens homme vers femme que les autres combinaisons et c'est important d'en parler mais ça veut pas dire que les autres n'existent pas.
Et dans le cas de Shrek, ça s'inscrit aussi dans le fait qu'un homme qui va se retrouver dans ce genre de situation, c'est présenté comme drôle, et c'est une longue tradition.
Par exemple, dans Police Academy, le gag récurrent du Blue Oyster joue sur ça (avec le sous entendu que les officiers font plus que danser avec des bikers en cuir).
J'imagine qu'on peut aussi se poser la question du fait que ça soit Eddie Murphy qui double Donkey en VO, et la relation entre le personnage et la représentation des hommes noirs dans le cinéma US, et que ça interrogerais aussi de facto le personnage d'Elizabeth (la dragonne), qui est présenté comme hypersexuelle, dirigiste et vachement fertile (6 enfants), un peu comme les femmes noires depuis des années.