• [^] # Re: Il faut arrêter ces gens

    Posté par . En réponse au journal Les IA des GAFAM sont-elles sentientes ?. Évalué à 10. Dernière modification le 17 juin 2022 à 18:16.

    Je me réponds parce qu'à la relecture, mon post manquait de bienveillance par rapport à l'intervention de Joris Dedieu. Je n'ai pas changé d'avis, je trouve que le PO est caricaturalement manichéen, et que cette caricature est au-delà du ridicule.

    Mais pour essayer d'être un petit peu plus constructif:

    • "Ils", c'est nous. Les pollueurs, c'est les 10% les plus riches du monde, c'est à dire nous. Rejeter la faute sur les ultra-riches, c'est pour fuir nos responsabilités. Si on ne gardait que les millionnaires sur Terre (21M de personnes), on défoncerait les objectifs de l'accord de Paris, et les problèmes climatiques disparaitraient immédiatement. Bien sûr, les riches et les ultra-riches polluent plus par personne que les autres, personne ne le nie. Mais en valeur absolue, cette pollution est très faible, les blâmer pour l'exemple, OK, les blâmer pour rejeter la faute sur eux, foutaises.

    • Nous sommes TRÈS largement complices dans la société de consommation. Les grands industriels font semblant de nous dire qu'on peut consommer sans limite, et nous faisons semblant de le croire. On peut éventuellement condamner le greenwashing par exemple, parce que c'est une forme de tromperie.

    • Jusqu'à preuve du contraire, l'argent, l'influence, le lobbying, ont des effets indirects sur les décisions collectives. Parce qu'au final, c'est quand même les citoyens qui votent, un bulletin par personne. Et la majorité ne vote pas pour changer leur mode de vie pour sauver le climat, bien au contraire. Je trouve même assez cynique la récupération des mouvements populaires pour le pouvoir d'achat (style gilets jaunes) par une partie de la gauche écologiste. Ces mouvements de protestation viennent en réalité d'une partie de la population défavorisée sur le plan socio-économique, et qui veut retourner la table pour accéder à la grande consommation de la classe moyenne. Bref, tout ça pour dire que la consommation et la destruction de la planète, c'est plutôt populaire comme point de vue.

    • "Ils sont coupables parce qu'ils incitent nos plus bas instincts": altermondialistes et Talibans, même combat? Je ne trouve aucune excuse à ce type d'argument d'inversion de la culpabilité. Les industriels ne sont pas plus coupables de nous inciter à acheter des 4x4 polluants, encombrants, et inutiles, que les femmes ne sont coupables d'inciter les hommes à les violer en portant des jupes. "Je suis faible, je ne sais pas résister à la tentation" n'a jamais dédouané personne. Si on n'a aucun courage, on n'arrivera jamais à lutter contre le réchauffement.

    • Un petit mot sur les solutions technophiles aux problèmes climatiques : il semble aussi caricatural de compter dessus sans rien regarder d'autre, que de les exclure sans les regarder. Les solutions techniques rendent la transition énergétique possible (humainement, socialement, et économiquement). Les autres solutions semblent assez impossibles (ne serait-ce parce qu'elles sont socialement inacceptables). Il ne faut quand même pas oublier que la décroissance contrôlée n'est pas la seule solution : on peut aussi ne pas arriver à contrôler le climat, monter la température de 4°C, et tous crever. Rendre la décroissance plus acceptable grâce à des moyens techniques, c'est une option très intéressante, c'est absurde de la rejeter par idéologie.