C’est même la raison d’être de la sociologie, que d’expliquer pourquoi et comment les individus font leur choix. On accuse souvent l’école, parce que c’est à l’école que commencent à apparaître la discrimination, le symptôme, mais en réalité ce n’est pas le seul lieu dans lequel ça se joue et ce n’est qu’un avant-goût de que les individus subiront toute leur vie.
En fait, si j’en crois le peu que j’ai lu sur le sujet, au primaire l’appétit pour les sciences et les technologies est présent dans tous les groupes d’élèves (l’étude que j’ai lu travaillait aussi bien sur le genre que la classe et l’origine sociale) et ça change à partir du collège.
Il y a le harcèlement, que subira inévitablement une fille qui choisit une filière très massivement masculine, mais aussi le manque d’appui, l’absence de référent auquel s’identifier (par ex. faire appel à de grandes figures peut être contre-productif, car on l’éloigne ainsi du public ; une référente sera plutôt une tante, une amie de la famille, etc.), les petites vexations constantes. Tout particulièrement s’agissant du genre : l’impossibilité de se faire des relations ou des amitiés aussi et donc de créer des solidarités au sein d’un groupe masculin. Le harcèlement en réalité vient après : il profite de la fragilisation sociale et psychologique de l’individu pour se réaliser (difficultés à le dénoncer, impunité, renversement accusatoire, etc.)
Les adolescent·e·s discriminé·e·s comprennent vite qu’il y aura des obstacles infranchissables, et pour celles et ceux qui persistent viennent effectivement le harcèlement &co d’autant plus violent que les signaux avant-coureurs auront été ignorés...
Par exemple, un exemple parfait en réalité, de ce que peut être un outil de discrimination, c’est le système de karma et la confusion totale qui existe entre modération et hiérarchisation du contenu sur linuxfr. Il favorise aussi bien le conformisme et l’homogénéité que la stabilité du groupe social (avec sa hiérarchie des contributeurs, puisque c’est très formellement ce qu’est le karma). Il agit de manière suffisament "subtile" (gros guillemets parce qu’il faut quand même une certaine dose d’aveuglement...) tout en étant efficace dans le maintien du statu-quo. Bien qu’il n’agisse pas explicitement sur le genre, il participe au maintien d’un statu-quo, c’est-à-dire produit une boucle rétro-active dans laquelle une communauté masculine va mettre en avant des sujets et des compprtements associés à la masculinité et invisibiliser ceux qui ne s’y conforment pas.
Amuse toi à remettre en cause le karma et ses effets par contre... et là tu vas avoir de gros problèmes.
Et parler et dénoncer les discriminations du genre participe elle-même de la domination patriarcale : car ce sera dans des formes et des modalités très spécifiques. Parlons du plus flagrant sur linuxfr.
1/ Toujours attribuer la responsabilité à d’autres, à des causes extérieures sur lesquelles on ne peut agir, voir en rendre responsables les femmes "puisque c’est leur choix de filière" : en parlant de ces situations, le contributteur linuxfr assure sa grandeur morale, en les dénoncant il obtient satisfaction narcissique.
2/ plutôt que de parler du fonctionnement propre du site : par exemple, et c’est ce que je fais en parlant du système du karma, sur lequel pourtant les administrateurs et modérateurs du site (et donc contributeurs en faisant pression) pourraient directement et efficacement agir. De manière générale un homme n’acceptera pas de se remettre en cause et n’agira pas ni ne réajustera son comportement de manière appropriée.
Ainsi dans un double mouvement le contributeur linuxfr assure sa haute valeur morale tout en maintenant le statu-quo. Un texte qui affiche un féminisme de façade, mais un sous-texte proprement patriarcal. J’ai eu l’occasion de constatter ce mécanisme hypocrite à plusieurs reprise sur linuxfr, par l’apparition quasi-simultanée de journaux, l’un bon teint, dans les clous du féminisme "acceptable" (et surtout parfaitement inoffensif) et le suivant qui dépasse légèrement la limite (eg. met en cause les contributeurs directement ou indirectement, et renvoie à leurs responsabilités propre, en tant que contributeur et/ou dans leur activité professionnelles, dans leur vie privée, etc.). Cette limite est fixée très précisément par la communauté, masculine, de linuxfr qui alors se met à ressortir les pires préjugés sexistes (parfois strictement les mêmes contributeurs).
[^] # Re: Passionnant
Posté par PR . En réponse au lien comment détruire son industrie de la tech. Évalué à -1. Dernière modification le 19 juin 2022 à 11:20.
Oui.
C’est même la raison d’être de la sociologie, que d’expliquer pourquoi et comment les individus font leur choix. On accuse souvent l’école, parce que c’est à l’école que commencent à apparaître la discrimination, le symptôme, mais en réalité ce n’est pas le seul lieu dans lequel ça se joue et ce n’est qu’un avant-goût de que les individus subiront toute leur vie.
En fait, si j’en crois le peu que j’ai lu sur le sujet, au primaire l’appétit pour les sciences et les technologies est présent dans tous les groupes d’élèves (l’étude que j’ai lu travaillait aussi bien sur le genre que la classe et l’origine sociale) et ça change à partir du collège.
Il y a le harcèlement, que subira inévitablement une fille qui choisit une filière très massivement masculine, mais aussi le manque d’appui, l’absence de référent auquel s’identifier (par ex. faire appel à de grandes figures peut être contre-productif, car on l’éloigne ainsi du public ; une référente sera plutôt une tante, une amie de la famille, etc.), les petites vexations constantes. Tout particulièrement s’agissant du genre : l’impossibilité de se faire des relations ou des amitiés aussi et donc de créer des solidarités au sein d’un groupe masculin. Le harcèlement en réalité vient après : il profite de la fragilisation sociale et psychologique de l’individu pour se réaliser (difficultés à le dénoncer, impunité, renversement accusatoire, etc.)
Les adolescent·e·s discriminé·e·s comprennent vite qu’il y aura des obstacles infranchissables, et pour celles et ceux qui persistent viennent effectivement le harcèlement &co d’autant plus violent que les signaux avant-coureurs auront été ignorés...
Par exemple, un exemple parfait en réalité, de ce que peut être un outil de discrimination, c’est le système de karma et la confusion totale qui existe entre modération et hiérarchisation du contenu sur linuxfr. Il favorise aussi bien le conformisme et l’homogénéité que la stabilité du groupe social (avec sa hiérarchie des contributeurs, puisque c’est très formellement ce qu’est le karma). Il agit de manière suffisament "subtile" (gros guillemets parce qu’il faut quand même une certaine dose d’aveuglement...) tout en étant efficace dans le maintien du statu-quo. Bien qu’il n’agisse pas explicitement sur le genre, il participe au maintien d’un statu-quo, c’est-à-dire produit une boucle rétro-active dans laquelle une communauté masculine va mettre en avant des sujets et des compprtements associés à la masculinité et invisibiliser ceux qui ne s’y conforment pas.
Amuse toi à remettre en cause le karma et ses effets par contre... et là tu vas avoir de gros problèmes.
Et parler et dénoncer les discriminations du genre participe elle-même de la domination patriarcale : car ce sera dans des formes et des modalités très spécifiques. Parlons du plus flagrant sur linuxfr.
1/ Toujours attribuer la responsabilité à d’autres, à des causes extérieures sur lesquelles on ne peut agir, voir en rendre responsables les femmes "puisque c’est leur choix de filière" : en parlant de ces situations, le contributteur linuxfr assure sa grandeur morale, en les dénoncant il obtient satisfaction narcissique.
2/ plutôt que de parler du fonctionnement propre du site : par exemple, et c’est ce que je fais en parlant du système du karma, sur lequel pourtant les administrateurs et modérateurs du site (et donc contributeurs en faisant pression) pourraient directement et efficacement agir. De manière générale un homme n’acceptera pas de se remettre en cause et n’agira pas ni ne réajustera son comportement de manière appropriée.
Ainsi dans un double mouvement le contributeur linuxfr assure sa haute valeur morale tout en maintenant le statu-quo. Un texte qui affiche un féminisme de façade, mais un sous-texte proprement patriarcal. J’ai eu l’occasion de constatter ce mécanisme hypocrite à plusieurs reprise sur linuxfr, par l’apparition quasi-simultanée de journaux, l’un bon teint, dans les clous du féminisme "acceptable" (et surtout parfaitement inoffensif) et le suivant qui dépasse légèrement la limite (eg. met en cause les contributeurs directement ou indirectement, et renvoie à leurs responsabilités propre, en tant que contributeur et/ou dans leur activité professionnelles, dans leur vie privée, etc.). Cette limite est fixée très précisément par la communauté, masculine, de linuxfr qui alors se met à ressortir les pires préjugés sexistes (parfois strictement les mêmes contributeurs).
Mort aux cons !