Pour avoir échangé avec des personnes vivant tout cela de l'intérieur, leur sentiment est effectivement celui d'une grosse usine à gaz parfaitement inutile, voire d'un énorme gâchis. En ce sens ils se permettent d'affirmer que la planification vaut mieux que le marché, et ils ont des arguments très convaincants pour le soutenir. L'arbitrage entre les moyens de production de base, de demi-pointe et de pointe se pratiquait très bien du temps de l'EDF-GDF intégré, et d'autant mieux d'ailleurs que par exemple les appels de puissance sur les centrales à gaz pouvaient être mieux anticipées côté réseaux de gaz. On est de plus sur des actifs nécessitant des investissements à long terme. Dans le système actuel basé sur un semblant de marché, l'Etat, en plus d'accompagner la mise en place de ces marchés voulus concurrentiels, doit apporter des garanties aux acteurs privés pour sécuriser leurs risques afin qu'ils acceptent d'investir. Problème que l'Etat lui-même n'a pas de son côté, n'ayant pas (en théorie) les mêmes impératifs de rentabilité à court terme que les acteurs capitalistes (capitalistes au sens littéral du terme : investissements pilotés en fonction des rendements financiers des capitaux investis). Tout cela a un coût que le système intégré et planifié n'a pas. Sans même parler des coûts de marketing, de publicité etc... qui sont bien supérieurs dans un système avec concurrence, sans apporter directement de valeur au système (ex: système de santé US).
Pour ce qui est de la main invisible qui transforme magiquement les égoïsmes individuels en optimum collectif, cela tient du pur mythe, l'état devant intervenir à tout bout de champ pour garantir la propriété du capital (par la violence si nécessaire), le respect des contrats et de la loi, (en théorie) le non-abus de position dominante, le respect de normes de qualité, de sécurité, environnementales, d'interopérabilité etc... Les marchés et la concurrence n'existent pas sans l'Etat, il est donc paradoxal de louer les premiers et de fustiger le dernier. D'autant que des que les marchés se cassent la figure, tout le monde appelle l'Etat à l'aide. L'argument de la rémunération de la prise de risque des acteurs privés est donc nul et non avenu, puisque si les gains sont bien enregistrés, les pertes le sont beaucoup moins, le tout aux frais du contribuable (ex parmi de nombreux autres: la crise de la dette grecque, qui est d'abord une crise de la dette privée, que la population grecque a dû prendre à sa charge au prix de nombreuses privations et privatisations, tout ça pour éviter aux banques allemandes, françaises et italiennes d'enregistrer les pertes liées à leurs prêts pourris que personne ne les avait obligées à accorder, et partant de leurs prises de risques inconsidérées dont elles devraient être seules responsables).
[^] # Re: Comme dirait l'autre, "c'est légal"
Posté par Papey . En réponse au journal [ Données personnelles ] C'est quoi ce bordel ?. Évalué à 10.
Pour avoir échangé avec des personnes vivant tout cela de l'intérieur, leur sentiment est effectivement celui d'une grosse usine à gaz parfaitement inutile, voire d'un énorme gâchis. En ce sens ils se permettent d'affirmer que la planification vaut mieux que le marché, et ils ont des arguments très convaincants pour le soutenir. L'arbitrage entre les moyens de production de base, de demi-pointe et de pointe se pratiquait très bien du temps de l'EDF-GDF intégré, et d'autant mieux d'ailleurs que par exemple les appels de puissance sur les centrales à gaz pouvaient être mieux anticipées côté réseaux de gaz. On est de plus sur des actifs nécessitant des investissements à long terme. Dans le système actuel basé sur un semblant de marché, l'Etat, en plus d'accompagner la mise en place de ces marchés voulus concurrentiels, doit apporter des garanties aux acteurs privés pour sécuriser leurs risques afin qu'ils acceptent d'investir. Problème que l'Etat lui-même n'a pas de son côté, n'ayant pas (en théorie) les mêmes impératifs de rentabilité à court terme que les acteurs capitalistes (capitalistes au sens littéral du terme : investissements pilotés en fonction des rendements financiers des capitaux investis). Tout cela a un coût que le système intégré et planifié n'a pas. Sans même parler des coûts de marketing, de publicité etc... qui sont bien supérieurs dans un système avec concurrence, sans apporter directement de valeur au système (ex: système de santé US).
Pour ce qui est de la main invisible qui transforme magiquement les égoïsmes individuels en optimum collectif, cela tient du pur mythe, l'état devant intervenir à tout bout de champ pour garantir la propriété du capital (par la violence si nécessaire), le respect des contrats et de la loi, (en théorie) le non-abus de position dominante, le respect de normes de qualité, de sécurité, environnementales, d'interopérabilité etc... Les marchés et la concurrence n'existent pas sans l'Etat, il est donc paradoxal de louer les premiers et de fustiger le dernier. D'autant que des que les marchés se cassent la figure, tout le monde appelle l'Etat à l'aide. L'argument de la rémunération de la prise de risque des acteurs privés est donc nul et non avenu, puisque si les gains sont bien enregistrés, les pertes le sont beaucoup moins, le tout aux frais du contribuable (ex parmi de nombreux autres: la crise de la dette grecque, qui est d'abord une crise de la dette privée, que la population grecque a dû prendre à sa charge au prix de nombreuses privations et privatisations, tout ça pour éviter aux banques allemandes, françaises et italiennes d'enregistrer les pertes liées à leurs prêts pourris que personne ne les avait obligées à accorder, et partant de leurs prises de risques inconsidérées dont elles devraient être seules responsables).