• [^] # Re: Comme dirait l'autre, "c'est légal"

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal [ Données personnelles ] C'est quoi ce bordel ?. Évalué à 4.

    Non mais ça c'est la théorie. En pratique ça ne marche pas : regarde le prix du pétrole qui explose au moment où les chars Russes arrivent en Ukraine (qui n'est pas du tout, mais alors là pas du tout producteur de pétrole).

    Sans dire que le système économique et la fixation des prix des matières premières est parfaite, il semble évident qu'un conflit Russie-Ukraine a un impact en dehors des dégâts que la Russie va causer à l'Ukraine sur le plan économique et humain.

    D'ailleurs on l'a vu très rapidement : beaucoup de pays ont sorti des sanctions économiques contre la Russie à cause de cet acte de guerre. Le pétrole est d'ailleurs en ce moment sous la loupe de l'UE à ce sujet. Cet acte de guerre génère aussi beaucoup d'instabilités géopolitiques : conflit localisé en Ukraine ? Conflit plus ouvert avec d'autres contrées ? C'est assez incertain, surtout fin février quand la Russie a débuté son offensive. Et beaucoup d'entreprises impliquées dans la prospection, la production et l'acheminement du pétrole ont réduit leurs activités en Russie ce qui a un impact sur les livraisons.

    Donc oui, peut être que économiquement l'Ukraine est la seule qui va perdre directement et durablement des outils de production et des infrastructures. L'Ukraine ne produit certes pas beaucoup de pétrole mais l'impact d'une telle action de la part de la Russie rayonne bien au delà de ça. Et comme la Russie qui est belligérante est un producteur majeur, c'est normal que le cours flambe.

    Les fournisseurs sont nombreux, les intermédiaires aussi, pourtant la fameuse loi du marché n'y a rien fait: tout le monde s'est grassement payé au passage avec TON pognon.

    Les grands gagnants sont surtout les entreprises qui maitrisent la chaîne de production (donc les grands pétroliers) et les États producteurs via les royalties (quand ils ne produisent pas eux même le pétrole via une compagnie nationale). Les intermédiaires ne sont pas gagnants : ils achètent et revendent souvent à marge fixe. Les clients eux trinquent.

    Et c'est normal que le cours grimpe, on ignore les volumes qui seront disponibles sur le marché, certains achètent en anticipant une pénurie, d'autres veulent couvrir le cas où leur marchandise qui vient de Russie serait finalement refusée dans un port européen, le tout alors que les volumes de production n'augmentent pas (ou pas assez). Donc finalement les acheteurs s'arrachent le pétrole à prix d'or (noir) auprès des producteurs pour avoir avec certitude le volume dont ils auront besoin. Malgré les sanctions économiques, malgré le risque d'embargo, malgré le risque d'une production russe plus faible, etc. Ce n'est pas un effet de pure spéculation.

    Et ce n'est pas pour rien que l'UE comme les USA envisagent une taxe touchant les grands groupes pétroliers : ils ont tiré beaucoup de bénéfice durant cette crise qui pourrait être utilisé pour baisser l'effet de l'inflation auprès des consommateurs.