J'aime penser (peut-être à tort) que les ministères ont deux niveaux: un niveau "com", qui gère les relations avec la presse et le public, et qui réagit aux idées débiles des communiquants du gouvernement, destinées à détourner l'attention ou à flatter une partie spécifique de l'électorat, et un niveau sérieux, où des professionnels gèrent les affaires courantes du mieux qu'ils le peuvent, en filtrant les bêtises.
En tout état de cause, très peu de ces idioties ne se traduisent dans les instructions données aux agents. Pour prendre l'exemple de l'enseignement sup & Recherche, la ministre a été raconter ses trucs sur le Wokisme à la télé, et en particulier a missionné le CNRS pour enquêter sur les dérives de l'université. Deux jours après, le PDG du CNRS (à qui on peut reprocher beaucoup de choses par ailleurs) a mis les choses au point en interne, sur le mode "RAS on laisse pisser dans 3 jours ils ont oublié", et à ma connaissance ç'en est resté là.
Ça marche plus ou moins bien en fonction des ministères, mais l'intertie du système permet aussi d'avoir une action cohérente et de tamponner les alternances politiques. De là à dire que les ministres n'ont pas beaucoup d'autorité sur leurs propres services... c'est peut-être pas faux. En fait, ils peuvent désorganiser leurs services s'ils veulent (ça n'est vu), mais pas forcer les services existants à faire quelque chose de nuisible. C'est d'ailleurs pour ça que les politiques sont tellement fans de la création de nouvelles agences.
[^] # Re: Hésitations
Posté par arnaudus . En réponse au lien Jean-Michel Blanquer, lauréat du Prix d’Alembert 2022 de la SMF. Évalué à 3.
J'aime penser (peut-être à tort) que les ministères ont deux niveaux: un niveau "com", qui gère les relations avec la presse et le public, et qui réagit aux idées débiles des communiquants du gouvernement, destinées à détourner l'attention ou à flatter une partie spécifique de l'électorat, et un niveau sérieux, où des professionnels gèrent les affaires courantes du mieux qu'ils le peuvent, en filtrant les bêtises.
En tout état de cause, très peu de ces idioties ne se traduisent dans les instructions données aux agents. Pour prendre l'exemple de l'enseignement sup & Recherche, la ministre a été raconter ses trucs sur le Wokisme à la télé, et en particulier a missionné le CNRS pour enquêter sur les dérives de l'université. Deux jours après, le PDG du CNRS (à qui on peut reprocher beaucoup de choses par ailleurs) a mis les choses au point en interne, sur le mode "RAS on laisse pisser dans 3 jours ils ont oublié", et à ma connaissance ç'en est resté là.
Ça marche plus ou moins bien en fonction des ministères, mais l'intertie du système permet aussi d'avoir une action cohérente et de tamponner les alternances politiques. De là à dire que les ministres n'ont pas beaucoup d'autorité sur leurs propres services... c'est peut-être pas faux. En fait, ils peuvent désorganiser leurs services s'ils veulent (ça n'est vu), mais pas forcer les services existants à faire quelque chose de nuisible. C'est d'ailleurs pour ça que les politiques sont tellement fans de la création de nouvelles agences.