Je n'ai pas tout à fait eu la même expérience que l'auteure lorsque j'ai supprimé mes comptes les uns après les autres au début du premier confinement. Deux ans plus tard, voilà quelques remarques que je peux faire en vrac :
je continue à consulter quelques subreddits (principalement de memes stupides, j'adore ça) et deux-trois comptes Twitter via des interfaces non-officielles (Slide et Nitter) qui me permettent de rester non-logué. Je ne ressens plus l'envie d'interagir à tout crin, qui avait été une des raisons de mon départ ; je ne voulais plus nourrir la bête, et aussi entre nous, je ne produisais pas du contenu de grande qualité).
je ne sais plus du tout ce que deviennent mes connaissances, au sens large du terme. Comme j'ai tendance à rechigner à demander des nouvelles par texto (je le ressens comme une intrusion), je m'aperçois que "loin des yeux, loin du cœur" n'est pas qu'un dicton. Mon cercle social s'est fortement resserré autour des gens que je peux physiquement rencontrer.
par corollaire, je revois très rarement les gens qu'il m'arrive de rencontrer fortuitement ; ceux-ci me demandent si j'ai WhatsApp ou "un Insta" et n'insistent pas quand je leur dis que non. Dans l'autre sens, je me retrouve avec des numéros dans ma liste de contacts associés à des noms qui ne me disent plus rien du tout.
de manière générale, mes petites créations (j'ai un blog ainsi qu'une galerie de photos) sont devenues totalement invisibles. Là aussi, ce n'est plus dans les mœurs d'ajouter un site web à ses favoris pour aller le consulter régulièrement (je pense même que ça ne l'a jamais vraiment été, sauf peut-être à l'âge d'or des flux RSS). Cela ne me dérange pas, n'ayant pas de rêves de gloire, mais je peux clairement percevoir la différence.
le FOMO et l'addiction à l'actualité ne m'ont jamais totalement quitté, même si je parviens à les garder hors de moi le plus souvent. J'ai dû désinstaller Tusky de mon téléphone (sans toutefois supprimer mon compte Mastodon, car y'a vraiment des contenus sympa dessus) pour me retenir d'aller m'offusquer sur les contenus pseudo-tankies qui se sont mis à pulluler avec la guerre en Ukraine. Le doomscrolling aussi, ce n'est pas qu'une légende.
En bref : je ne regrette pas ma décision, car j'ai toujours les réseaux centralisés en horreur, mais il faut bien reconnaître que sans eux, on n'est plus dans le coup ; et je conçois que cela peut être un prix trop élevé à payer pour une relative tranquillité d'esprit. L'auteure du billet n'a pas supprimé son LinkedIn par exemple : moi si, mais je redoute le jour où je voudrais retrouver du travail sans (c'est entièrement via ce réseau que j'ai trouvé mon emploi actuel). Et les réseaux décentralisés ont encore du retard à combler : pas plus tard que l'autre jour, je me suis arraché les cheveux pour ajouter un contact sous iOS à une conversation XMPP en OMEMO, sans y parvenir vraiment (on a prévu d'essayer Matrix une autre fois, mais vous voyez la galère).
# Deux ans sans réseaux sociaux
Posté par Laurent Pointecouteau (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien Six mois hors réseaux sociaux, six mois dans ma vie. Évalué à 10.
Je n'ai pas tout à fait eu la même expérience que l'auteure lorsque j'ai supprimé mes comptes les uns après les autres au début du premier confinement. Deux ans plus tard, voilà quelques remarques que je peux faire en vrac :
En bref : je ne regrette pas ma décision, car j'ai toujours les réseaux centralisés en horreur, mais il faut bien reconnaître que sans eux, on n'est plus dans le coup ; et je conçois que cela peut être un prix trop élevé à payer pour une relative tranquillité d'esprit. L'auteure du billet n'a pas supprimé son LinkedIn par exemple : moi si, mais je redoute le jour où je voudrais retrouver du travail sans (c'est entièrement via ce réseau que j'ai trouvé mon emploi actuel). Et les réseaux décentralisés ont encore du retard à combler : pas plus tard que l'autre jour, je me suis arraché les cheveux pour ajouter un contact sous iOS à une conversation XMPP en OMEMO, sans y parvenir vraiment (on a prévu d'essayer Matrix une autre fois, mais vous voyez la galère).