J’avoue que je ne comprends pas le focus sur le temps passé devant les écrans. Comme le signale judicieusement l’article mentionné, c’est un sujet qui revient régulièrement et pas toujours avec nuance.
Je veux dire, n’étant ni chercheur ni neurologue, de toute évidence je n’ai aucune expertise qui me permette de penser qu’un écran ait un effet quelconque (pire ou meilleurs) sur un cerveau en formation. Ce n’est pas ça. Non, ce que je ne pige pas c’est bien plus bêtement l’inquiétude que sous-entend la question « du temps passé devant les écrans » : pourquoi devant les écrans et pas ailleurs ?
Pour moi, la question à poser, quel que soit le support : du temps, OK, mais pour en faire quoi ?
Enfant (adulte aussi, notez) je passais mon temps dans les livres. Je sais aujourd’hui à quel point ces milliers d’heures passées loin de ma famille et du monde réel/quotidien, dans un tête-à-tête intense avec les mots et l’imagination d’autres auteurs, ont été formatrices et essentielles. Est-ce qu’elles l’auraient moins été si j’avais passé tout ce temps le nez plongé dans des livres numériques, c’est-à-dire devant un écran, au lieu de livres imprimés ?
Plus que l'écran, qui n'est que le support d'affichage, j’aimerais voire publier des études sur l’omniprésence des images et leur impact (ou absence d'impact) sur des enfants en plein développement. Après tout, c'est pas dur de réaliser qu’on baigne dans une société où tout ou presque est visuel — même un livre, pour avoir une chance de succès, se doit d'avoir une jolie couverture, on est vachement loin du « ne jugez pas un livre sur sa couverture » ;) — et où se sont les mêmes images qui sont utilisés presque partout.
Comment, donc, face à cette montagne d’images qui leur sont distribuées partout par tout le monde, sans vraiment de répit, les enfants parviennent à développer leur propre imaginaire, un monde qui leur soit propre et qui ne soit pas, heu, déjà imaginé et mis en scène par des adultes, pour eux ?
Je n’ai aucun doute qu’ils le font (ces enfants ne sont pas plus bêtes que nous à leur âge). Je me demande juste comment ils font car, personnellement, quand j’observe toutes ces images (et le culte quasi-religieux qui entoure certaines images, genre les blockbusters ou les vedettes qui incarnent des personnages à succès) je ne pense pas que je trouverais la force de me construire mon propre petit univers personnel, et de revendiquer sa différence. Avec tant d’images constamment déversées sur moi qui me répètent à quoi doivent ressembler mes héros/méchants/vedettes/rêves/vous avez l’idée, je pense que je laisserais tomber et me laisserait emporter par ce torrent... mais c’est moi.
Je serais vraiment ravi d’en savoir plus sur la façon dont les nouvelles générations travaillent et créent leur propres mondes à eux ‘entre’/malgré ces imaginaires tout faits et, de mon point de vue, vraiment très prescripteurs.
# Pourquoi les écrans ?
Posté par yal (Mastodon) . En réponse au lien Le temps passé par les enfants devant les écrans n'entraîne guère de problèmes de comportement. Évalué à 2.
J’avoue que je ne comprends pas le focus sur le temps passé devant les écrans. Comme le signale judicieusement l’article mentionné, c’est un sujet qui revient régulièrement et pas toujours avec nuance.
Je veux dire, n’étant ni chercheur ni neurologue, de toute évidence je n’ai aucune expertise qui me permette de penser qu’un écran ait un effet quelconque (pire ou meilleurs) sur un cerveau en formation. Ce n’est pas ça. Non, ce que je ne pige pas c’est bien plus bêtement l’inquiétude que sous-entend la question « du temps passé devant les écrans » : pourquoi devant les écrans et pas ailleurs ?
Pour moi, la question à poser, quel que soit le support : du temps, OK, mais pour en faire quoi ?
Enfant (adulte aussi, notez) je passais mon temps dans les livres. Je sais aujourd’hui à quel point ces milliers d’heures passées loin de ma famille et du monde réel/quotidien, dans un tête-à-tête intense avec les mots et l’imagination d’autres auteurs, ont été formatrices et essentielles. Est-ce qu’elles l’auraient moins été si j’avais passé tout ce temps le nez plongé dans des livres numériques, c’est-à-dire devant un écran, au lieu de livres imprimés ?
Plus que l'écran, qui n'est que le support d'affichage, j’aimerais voire publier des études sur l’omniprésence des images et leur impact (ou absence d'impact) sur des enfants en plein développement. Après tout, c'est pas dur de réaliser qu’on baigne dans une société où tout ou presque est visuel — même un livre, pour avoir une chance de succès, se doit d'avoir une jolie couverture, on est vachement loin du « ne jugez pas un livre sur sa couverture » ;) — et où se sont les mêmes images qui sont utilisés presque partout.
Comment, donc, face à cette montagne d’images qui leur sont distribuées partout par tout le monde, sans vraiment de répit, les enfants parviennent à développer leur propre imaginaire, un monde qui leur soit propre et qui ne soit pas, heu, déjà imaginé et mis en scène par des adultes, pour eux ?
Je n’ai aucun doute qu’ils le font (ces enfants ne sont pas plus bêtes que nous à leur âge). Je me demande juste comment ils font car, personnellement, quand j’observe toutes ces images (et le culte quasi-religieux qui entoure certaines images, genre les blockbusters ou les vedettes qui incarnent des personnages à succès) je ne pense pas que je trouverais la force de me construire mon propre petit univers personnel, et de revendiquer sa différence. Avec tant d’images constamment déversées sur moi qui me répètent à quoi doivent ressembler mes héros/méchants/vedettes/rêves/vous avez l’idée, je pense que je laisserais tomber et me laisserait emporter par ce torrent... mais c’est moi.
Je serais vraiment ravi d’en savoir plus sur la façon dont les nouvelles générations travaillent et créent leur propres mondes à eux ‘entre’/malgré ces imaginaires tout faits et, de mon point de vue, vraiment très prescripteurs.