Je ne ne trouve pas terrible cet article. Chevènement, sous couvert de "neutralisme", donne une légitimité à des mensonges d'État. C'est vraiment une sorte d'adoubement de la rhétorique Trumpiste : il y a autant de vérités que de points de vue. "Selon l'occident, Poutine est un autocrate. Selon Moscou, c'est un président tellement populaire que l'opposition n'a même pas eu le courage de présenter un candidat."
Ça frôle d'ailleurs le ridicule par moments. Si on le croit, Poutine n'aurait même pas fait exprès d'envahir la Crimée. Genre, il était en train de clore les jeux Olympiques, il a eu un coup de fil d'un haut militaire, il a répondu "Da, da" en croyant qu'on lui demandait s'il voulait des pâtes au caviar? Un peu plus haut, il suggère aussi que la propagande a essayé de rendre Saddam Hussein plus méchant qu'il ne l'était, mais on se demande s'il n'est pas en train de nous expliquer qu'il n'était pas si méchant que ça... Il n'est pas loin du "Pourquoi ne pas espérer, un jour, une réconciliation entre juifs et nazis ?".
Bon, question de contexte, cet article a 7 ans. Les déclarations récentes de JPC sont beaucoup plus nuancées (voire hypocrites, puisqu'il s'est déclaré en faveur de la réélection d'Emmanuel Macron, on le voit mal critiquer sa politique extérieure...).
Du coup, c'est à se demander si la pratique de la diplomatie à haute dose ne finit par par faire perdre le contact avec la réalité. La diplomatie exige de transiger, parce que c'est son essence. On discute avec des gens infréquentables, on trouve des accords injustes mais mieux que rien, on ment, on manipule, on relativise, on excuse. Pour de bonnes raisons : un mauvais accord est toujours préférable à une guerre. Mais ça ne veut pas dire qu'il faut croire ce qu'on raconte. C'est un jeu de rôles. Mais dans cet article, il semble que Jean-Pierre Chevènement soit encore dedans. Est-ce qu'il le fait consciemment ou non?
[^] # Re: avec des pincettes
Posté par arnaudus . En réponse au journal Cyber guerre ou pas finalement. Évalué à 3.
Je ne ne trouve pas terrible cet article. Chevènement, sous couvert de "neutralisme", donne une légitimité à des mensonges d'État. C'est vraiment une sorte d'adoubement de la rhétorique Trumpiste : il y a autant de vérités que de points de vue. "Selon l'occident, Poutine est un autocrate. Selon Moscou, c'est un président tellement populaire que l'opposition n'a même pas eu le courage de présenter un candidat."
Ça frôle d'ailleurs le ridicule par moments. Si on le croit, Poutine n'aurait même pas fait exprès d'envahir la Crimée. Genre, il était en train de clore les jeux Olympiques, il a eu un coup de fil d'un haut militaire, il a répondu "Da, da" en croyant qu'on lui demandait s'il voulait des pâtes au caviar? Un peu plus haut, il suggère aussi que la propagande a essayé de rendre Saddam Hussein plus méchant qu'il ne l'était, mais on se demande s'il n'est pas en train de nous expliquer qu'il n'était pas si méchant que ça... Il n'est pas loin du "Pourquoi ne pas espérer, un jour, une réconciliation entre juifs et nazis ?".
Bon, question de contexte, cet article a 7 ans. Les déclarations récentes de JPC sont beaucoup plus nuancées (voire hypocrites, puisqu'il s'est déclaré en faveur de la réélection d'Emmanuel Macron, on le voit mal critiquer sa politique extérieure...).
Du coup, c'est à se demander si la pratique de la diplomatie à haute dose ne finit par par faire perdre le contact avec la réalité. La diplomatie exige de transiger, parce que c'est son essence. On discute avec des gens infréquentables, on trouve des accords injustes mais mieux que rien, on ment, on manipule, on relativise, on excuse. Pour de bonnes raisons : un mauvais accord est toujours préférable à une guerre. Mais ça ne veut pas dire qu'il faut croire ce qu'on raconte. C'est un jeu de rôles. Mais dans cet article, il semble que Jean-Pierre Chevènement soit encore dedans. Est-ce qu'il le fait consciemment ou non?