• [^] # Re: Vive les tempêtes solaires...

    Posté par . En réponse au lien 40 satellites ont été détruits par une tempête solaire . Évalué à 0.

    Mouais. C'est un combat perdu d'avance, et j'ai du mal à le trouver particulièrement pertinent.

    • La qualité du ciel nocturne est déja largement dégradée par la pollution lumineuse. Pour l'astronomie amateur, c'est déja foutu.
    • Pour la photographie amateur, il est trivial d'éliminer les trames avec des objets mobiles. C'est un ouinouin inaudible : le développement logiciel nécessaire semble très facile (si on compare avec la complexité des traitements nécessaires à l'astrophoto), et en plus la perte de qualité est probablement négligeable (il n'est pas nécessaire d'éliminer toute la trame, juste les quelques pixels allumés). Évidemment, pour l'argentique, ça ne marche pas (mais bon, l'astrophoto argentique amateur, c'est quand même pas un hobby très fréquent).
    • Pour l'astrophysique professionnelle, le problème semble un peu plus compliqué. Il semble que certaines observations sont tellement difficiles que les algos d'analyse d'image sont très sensibles, et qu'ils doivent être repensés pour gérer l'intrusion d'objets lumineux (notamment à cause du bruit CCD).

    Globalement, les conséquences ne semblent pas si catastrophiques que ça. Les algorithmes d'analyse d'image devront être repensés pour gérer cette nouvelle source de bruit, mais ils gèrent déja de très nombreuses sources de bruit. Les observations affectés sont très spécifiques, puisque que par exemple sur un gros grossissement le passage d'un satellite sera très improbable. Les effets ne sont pas complètement nouveaux, puisque le passage d'objets lumineux n'est pas exceptionnel (satellites existants, débris spatiaux, rentrées dans l'atmosphère d'objets naturels ou artificiels, etc), et les astrophysiciens savent déja éliminer les artefacts dans leurs observations. Les conséquences pour les amateurs seront aussi réduites : les astrophotographes utiliseront des algorithmes pour retirer les objets mobiles, les observations directes ne seront pas affectées (de temps en temps un satellite traversera le champ, et c'est tout). À l'oeil nu, on ne verra pas grand chose : sous la plupart des ciels les satellites Starlink sont invisibles à cause de la pollution lumineuse (à moins d'être sur leur orbite de transfert, mais ça ne dure que quelques heures); les satellites en orbite basse ne sont brillants que quand ils sont éclairés par le soleil (donc le soir et le matin, pas quand le ciel est bien noir), leur magnitude n'est pas très élevée (ils ne sont pas éblouissants).

    Bref, dans toutes ces jérémiades, il y a beaucoup de "ouinouin", mais ça ne me semble pas très sérieux. Les seuls qui vont devoir faire quelque chose sont les astronomes professionnels, et en effet il y aura des coûts induits avec le développement de nouveaux algorithmes de traitement d'image, mais la nuisance semble gérable quand on compare avec tout ce qui nuit aux observations : la météo, les perturbations atmosphériques, la pollution lumineuse, ou la lune.

    La pollution électromagnétique sur certaines longueurs d'onde semble bien plus problématique, d'ailleurs. Mais je ne vois pas comment l'humanité peut envisager de se priver d'exploiter le spectre électromagnétique pour des raisons d'observation de l'univers. J'imagine d'ailleurs qu'il serait envisageable d'éteindre automatiquement les satellites au-dessus de certaines zones.